PARTIE III. — QRGANES DE LA VISION
Marche de la lumière dans l'œil.
Lorsque, après avoir étudié les parties constituantes de l'œil, on cherche à comprendre les fonctions que remplit chacune de ces parties, on voit que la théorie de la vision repose presque entièrement sur celle de la lumière, et qu'elle s'e.xplique par les lois de la réfraction.
Chacun des points de l'étendue d'un corps éclairé envoie à l'œil un cône de rayon lumineux, chaque cône présente un axe et des rayons obliques à cet axe. Supposons que nous choisissions le cône dont l'axe se confond avec l'axe antéropostérieur du globe oculaire, c'est-à-dire avec cette ligne qui est perpendiculaire à toutes les surfaces convexes et concaves que l'on rencontre en procédant de la cornée à la rétine, et examinons ce qui se passe dans chacun de ces milieux.
Les rayons obliques de ce cône sont réfractés, en traversant les différents miheax de l'œil, de manière cependant qu'ils sont réunis autour de leur axe à l'instant où celui-ci parvient à la rétine.
1° En traversant la cornée, qui est convexe et plus dense que l'air extérieur, les rayons se rapprochent de la perpendiculaire élevée au point de contact, et deviennent plus convergents.
2^^ En traversant Vhumeur aqueuse, qui est moins dense que la cornée, ils sont réfractés de nouveau et écartés de la perpendiculaire, mais moins cependant que s'ils repassaient dans l'air ; de sorte qu'ils conservent toujours un peu de la convergence que leur avait imprimée la cornée.
Les rayons qui tombent dans le trou pupillaire sont les seuls qui servent à la vision, tous les autres sont absorbés par l'iris ou réfléchis par lui; ces derniers nous font apercevoir les couleurs diverses de cette membrane.
Les rayons traversent le cristallin, qui joue le rôle d'une lentille bi-convexe à courbures inégales, ils convergent fortement et se rapprochent de l'axe oculaire.
Quelques rayons sont encore réfléchis : les uns sortent de
§2 4 STRUCTURE ET PHYSIOLOGIE DE l'iIOMME.
l'œil et concourent à lui donner de l'éclat, d'autres tombent sur la face postérieure et interne de l'iris^ espèce de diaphragme coloré en noir, qui absorbe les rayons qui pourraient être réfractés et altérer alors l'obscurité de l'appareil. A l'aide de ce diaphragme, l'œil peut admettre une plus grande quantité de lumière avec une moindre aberration de sphéricité.
3° Enfin, en traversant Vhumeur vitrée^ qui a une densité moindre que le cristallin, mais dont la face antérieure est concave, les rayons sont encore réfractés, écartés de la perpendiculaire élevée au point d'incidence, et par conséquent rapprochés de l'axe oculaire.
Il semblerait donc que, pour arriver plus simplement au même but, il suffirait de rendre le cristallin plus réfringent. Mais l'humeur vitrée sert à rendre le champ de la vision plus étendu, en permettant à la rétine de se développer sur sa surface postérieure. Les trois natures de milieux sont combinées de manière à se compenser. Quant au cristallin, sa constitution prévient, soit les aberrations de sphéricité qui dépendent de ce que les bords des lentilles ne concentrent pas les rayons lumineux au même point que le centre; soit les aberrations de réfrangibilité qui tiennent à ce que la môme lentille concentre, plus ou moins loin de son axe, les rayons de réfrangibilités diverses. Le diamètre de cette lentille est d'environ 9 à 10 millimètres, et son épaisseur de 4 et demi à 5.
La rétine est un tableau fixé où les images conservent leur netteté, pour des distances diverses. Cette membrane nerveuse reçoit l'impression et la transmet au cerveau par le moyen du nerf optique, dont elle n'est qu'un épanouissement : la paralysie de cette membrane entraîne toujours la perte totale delà vue. Ce n'est point par un simple contact que la lumière agit sur la rétine ; elle pénètre son tissu demi-transparent et arrive sur la choroïde, qui, par son enduit noirâtre, en absorbe les rayons.
Les cônes lumineux envoyés par tous les points d'un objet se croisent dans l'intérieur de l'œil, de manière à former sur la rétine une image renversée très-petite, très-éclairée, et par conséquent très-nette, des objets éclairés opposés à l'œil. La