‹ Le corps humain [electronic resource]Chapitre 56 sur 265 · CIRCULATION · texte numérisé non relu

CIRCULATION

chyle et la lymphe, puisés par leurs radicules microscopiques à la surface de la muqueuse intestinale ou dans les tissus des organes. Ils accompagnent les vaisseaux sanguins dans leur trajet et notamment les veines ; aussi les trouve-t-on en grand nombre à la surface du corps, dans les régions où abondent les veines sous-cutanées, .comme aux membres, à la face, au cou, etc. Très-nombreux aussi dans le mésentère et autour des intestins, ils aboutissent à deux troncs ou réservoirs principaux, dont l'un est le canal thoraciqiie, qui monte dans la poitrine à gauche du rachis et va s'ouvrir dans la veine sous-clavière gauche ; l'autre, nommé grand vaisseau lymphatique rfroif, marche parallèlement au premier et s'ouvre dans la veine sous-clavière droite.

Mécanisme de la circulation. Galien reconnut le pre- . mier que les artères contenaient du sang et communiquaient avec les veines, mais il n'alla pas plus loin. En 1553, Michel Servet, devinant,, pour ainsi dire, le phénomène de la circulation pulmonaire, indiqua d'une manière précise la marche du sang et son élaboration dans les poumons au contact de l'air. Mais la doctrine de Servct ne s'appuyait sur aucune preuve, sur aucune expérience, elle résultait d'une sorte d'intuition des faits, et son auteur ne connaissait ni la force d'impulsion du cœur, ni Faction de ses valvules.

D'autres physiologistes entrevirent, comme Servet, la vérité et ajoutèrent de nouvelles découvertes à la sienne; enfin, la plupart des phénomènes de la circulation avaient été soupçonnés ou indiqués au commencement du dix-septième siècle, mais c'était un chaos de faits et de raisonnements sans liaison ou contradic-

toires. Il fallait le génie de Harvey pour en faire sortir un système simple et irrévocablement démontré.

Mouvements et bruits du cœur. Le cœur, agent principal de la circulation, est le siège de mouvements qui ne sont pas soumis à la volonté, mais qu'influencent continuellement les impressions morales et les sensations. Ces mouvements consistent dans la contraction et le relâchement alternatif des parois du cœur, c'està-dire dans la dilatation on l'occlusion de ses cavités. Les ventricules se contractent simultanément, puis, à leur contraction succède une période de relâchement, pendant laquelle les oreillettes se contractent à leur tour, pour se relâcher pendant la nouvelle contraction des ventricules. On nomme diastole le mouvement de dilatation et systole celui de contraction ; pendant la diastole le sang afflue dans les cavités du cœur, il en est chassé par la systole; celle des oreillettes le fait passer dans les ventricules, celle des ventricules le lance dans l'aorte et l'artère pulmonaire.

La contraction des ventricules modifie la forme du cœur, dont la circonférence transversale, ellipsoïde pendant la diastole, devient circulaire dans la systole; le diamètre antéro-postérieur étant alors plus grand, la pointe du cœur vient heurter !a paroi antérieure de la poitrine et Toreille, appliquée à cette paroi, perçoit un bruit sourd au moment où le choc a lieu, puis environ une demi-seconde après, un second bruit plus clair et coïncidant avec le relâchement ou la diastole ventriculaire. Le mécanisme de ces bruits a été diversement expliqué ; ils paraissent dus, le premier à l'occlusion brusque des valvuies tricuspide et mitrale, au moment

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