‹ Le corps humain [electronic resource]Chapitre 57 sur 265 · CIRCULATION ARTÉRIELLE · texte numérisé non relu

CIRCULATION ARTÉRIELLE

OÙ la systole ventriculaire lance le sang dans les artères aorte et pulmonaire ; le second à l'occlusion des valvules sigmoïdes pendant la diastole ventriculaire et sous l'influence de Télasticilé des artères qui tend à faire refluer la colonne sanguine.

L'alternance de la systole et de la diastole constitue donc le rhythme du cœur et les battements régulièrement espacés qu'il fait entendre et sentir à travers les parois de la poitrine. Suivons ces mouvements dans leur évolution et le sang dans sa marche.

Circiilalion artérielle. Le ventricule gauche, en se contractant, pousse le sang rouge qu'il contient dans la direction de Torifice auriculo-venfriculaire et de rorifice de l'aorte; mais, ea vertu de sa disposition, la valvule mitrale se ferme sous l'impulsion même du sang, qui passe ainsi dans l'aorte et, de là, dans toutes les artères, où il coule sous la triple action de la contraction ventriculaire, de l'élasticité et de la contraclilité des parois artérielles. Dans les vaisseaux d'un certain calibre, son mouvement est saccadé et rhythme précisément comme celui du cœur; en effet, si l'on appuie le doigt sur le trajet d'une artère, on perçoit le choc du sang, le pouls^ comme on le dit en un mot excellent qui nous est resté du vieux français. Le pouls et le battement du cœur sont synchroniques, c'est-àdire qu'ils se produisent en même temps ou plutôt avec un intervalle insensible. Mais à mesure que le sang avance dans les ramifications artérielles, les nombreux changements de direction qu'il subit et le frottement du liquide contre les parois des vaisseaux diminuent sa force d'impulsion ; enfin, dans les vaisseaux capil-

laires, il coule par un mouvement continu et sans secousse.

En examinant au microscope une membrane vasculaire .appartenant à un animal vivant, on peut voir circuler le sang dans les vaisseaux capillaires. Les plus larges de ces vaisseaux laissent passer la colonne sanguine avec rapidité ; dans les plus étroits sa marche est lente et les globules sanguins ne peuvent s'avancer qu'un à un ; ils progressent au milieu d'un liquide transparent, et quelquefois, engagés obliquement dans le calibre du vaisseau, ils s'arrêtent jusqu'à ce qu'un autre globule vienne les pousser en avant. Malpighi, le premier, put constater ainsi l'exactitude de la théorie de Harvey, quarante ans après que l'illustre physiologiste anglais l'avait formulée.

Les causes diverses qui peuvent accélérer ou ralentir les contractions du cœur agissent donc sur la marche du sang dans les artères ; de plus, la contractilité de ces vaisseaux peut être influencée par une cause locale, et le mouvement du sang est modifié, suivant que les artères contractées retardent sa marche ou que leur relâchement lui permet une circulation plus rapide. Dans le premier cas, l'afflux sanguin ne suffit plus à l'excitation des organes, qui deviennent insensibles et momentanément paralysés ; dans le second, au contraire, l'activit des fonctions est surexcitée. Enfin, chacun sait que le repos ou l'action des muscles ont pour effet de ralentir ou d'accélérer la circulation générale ou locale, d'où résulte, dans un temps donné, la diminution ou l'augmentation de la force musculaire.

C'est en effet lorsqu'il est parvenu dans les capillaires que le sang artériel transmet aux tissus les prin-

CIRCULATIOIS VEINEUSE.

cipes dont il se compose et qu'il livre à l'assimilation, pour reprendre en échange les molécules désassimilées qui doivent être rejetées de l'organisme ou soumises à une élaboration nouvelle. Fluide vivant et nourricier, il porte dans les organes la vie, la chaleur et les éléments de la nutrition.

Circulation veineuse. Après avoir parcouru les vaisseaux capillaires, le sang passe dans les radicules veineuses. A son entrée dans l'aorte et pendant sa marche dans le système artériel, il était d'un rouge éclatant, maintenant sa couleur est sombre, le sang artériel ou rouge s'est transformé en sang vemeux ou sang noir. Privé d'une grande partie de ses principes constituants, il revient en puiser de nouveaux à leurs sources.

Le sang se meut dans les veines sous l'impulsion qu'il a reçue primitivement du cœur ; cette force d^impulsion est désignée sous le nom de vis a ter go, parce qu'elle agit en arrière de la colonne de liquide. L'élasticité des veines et leur contractilité contribuent aussi à chasser le sang dans son retour vers le cœur, mais ce sont principalement les valvules qui secondent l'impulsion cardiaque, en s'opposantau reflux du sang vers les artères. Lorsqu'on applique autour du bras une ligature modérément serrée, on voit les veines se gonfler par l'afflux du sang qui leur arrive des artères et ne peut ni remonter vers le cœur, à cause de la ligature, ni refluer vers les artères, parce que les valvules s'y opposent. Si l'on passe légèrement le doigt sur le trajet d'une veine, en sens inverse de la circulation, il est facile d'y reconnaître des nodosités qui se dessinent en saillies correspondant aux valvules distendues. Grâce

au jeu de ces soupapes, toute pression sur les veines, résultant de la contraction musculaire ou de toute autre cause, ne peut que ramener le sang vers le cœur, tandis que, sans les valvules, le fluide serait indistinctement poussé dans un sens ou dans l'autre. Aussi les valvules sont-elles plus nombreuses dans les veines en rapport avec les muscles, par exemple dans les veines profondes des membres, que dans celles qui rampent sous la peau.

La pesanteur agit sur le cours du sang veineux, beaucoup moins rapide que celui du sang artériel. Lorsque dans la marche, les mains sont restées longtemps pendantes, elles s'enflent au point que la flexion des doigts est gênée; il en est de même des pieds et des jambes dans la station prolongée ; aussi voit on survenir des varices aux jambes chez les personnes obligées, par leur profession, à rester debout.

En suivant le cours du sang dans son retour au cœur, on remarque un système veineux particulier aux intestins et au foie ; c'est le système de la veine porte, dont nous avons déjà dit quel(|ues mots et qui transmet au foie le sang veineux du canal digestif et de la rate. Cet appareil veineux est remarquable en ce qu'il se ramifie à ses deux extrémités dont les unes, intestinales, sont les radicules, et les autres, hépatiques ou distribuées dans le foie, sont les rameaux. On en a conclu que la bile est sécrétée aux dépens du sang de la veine porte et non du sang de l'artère hépatique; mais des observations et des expériences très-concluantes ont prouvé le contraire.

La veine cave inférieure, après avoir reçu le sang des régions inférieures du corps, se dirige vers le cœur,

Page 1