‹ Le corps humain [electronic resource]Chapitre 68 sur 265 · PIE-MÈRE · texte numérisé non relu

PIE-MÈRE

valles où ne pénètre pas la dure-mère, à l'étendue de laquelle elle est restreinte. On trouve sur ces points une lacune entre la séreuse et le centre nerveux qu'elle n'enveloppe qu'à distance, ce qui est marqué surtout pour la moelle épinière.

Toutes les cavités circonscrites par l'arachnoïde contiennent un liquide séreux, liquide soiis-arachnoidien ou céphalo-rachidien. Les ventricules cérébraux et cérébelleux renferment aussi, nous Tavonsdit, une certaine quantité de sérosité. La destination de ce fluide paraît être surtout de protéger les organes contre le retentissement des chocs et des secousses. Le cerveau et la moelle, suspendus en quelque sorte dans l'arachnoïde, sont contenus le plus doucement possible par le liquide sous-arachnoïdien et par celui des ventricules, qui humectent les surfaces et ne permettent aucun frottement.

Pie-mère, On donne ce nom à celle des méninges qui enveloppe immédiatement le centre nerveux. C'est un réseau vasculaire d'une extrême finesse et qu'on peut regarder comme la membrane nourricière des organes encéphalo-rachidiens. Dans son tissu viennent se diviser à l'infini les artères qui se rendent au cerveau, et se réunir les radicules veineuses qui en partent. Elle suit exactement les circonvolutions cérébrales, pénètre dans les anfractuosités, dans les ventricules et revêt de même les lames du cervelet. Elle devient plus dense et comme fibreuse autour de la moelle, dont elle forme le névrilème ou l'enveloppe, ainsi qu'à l'origine des nerfs.

En résumé, le cerveau, le cervelet et la moelle épi-

nière, enveloppés dans le crâne et le canal rachidien, de trois membranes superposées, sont réunis par un centre commun, l'isthme de l'encéphale.

Le cerveau et la moelle donnent naissance aux nerfs.

Nerfs, On nomme ainsi des cordons blancs ou grisâtres qui tiennent par une de leurs extrémités au centre nerveux encéphalo-rachidien et par l'autre se distribuent dans les organes. Les nerfs se composent de filets très-déliés, réunis, à leur sortie du centre nerveux, en faisceaux qu'on nomme racines des nerfs ; ces racines forment en s'unissant des troncs qui se ramifient et se perdent, pour ainsi dire, dans les tissus de l'organisme. Une gaine de tissu cellulaire, appelée névrilème, périnèvre^ enveloppe les nerfs et pénètre entre les filets constitués par la réunion des tubes nei'veux dont nous avons parlé en étudiant les tissus. Los ramifications des nerfs s'unissent entre elles et semblent se confondre en formant, sur plusieurs points, des lacis très-compliqués qu'on a nommés plexus, mais c'est par leur névrilème seulement qu'elles se soudent ainsi. Un (ilet nerveux proprement dit ne se confond jamais avec un autre, il va sans s'interrompre et toujours distinct, au milieu du réseau le plus inextricable, du centre nerveux à l'organe qu'il dessert. C'est par analogie avec l'anastomose, c'est-à-dire l'abouchement des vaisseaux, qu'on a parlé de l'anastomose des nerfs, et nous verrons plus loin que si la communication des vaisseaux entre eux est une condition essentielle de la circulation, la distinction et l'isolement absolu des nerfs dans leurs ramuscules les plus ténus n'est pas moins nécessaire à l'intégrité des fonctions nerveuses.

NERFS. — NERFS CRANIENS. 175

On peut donc comparer Tunion par adossement des nerfs dans leur trajet à celle de fils électriques réunis en faisceau, mais toujours distincts grâce à leur enveloppe isolante ; renveloppe isolante des nerfs, c'est le névrilème.

Dans ces derniers temps, M. Sappey a décrit, sous le nom de nerfs des nerfs {nervi nervorum), des filets nerveux qui se rendent au névrilème et sont pour les nerfs eux-mêmes ce que les nerfs sont pour l'organisme entier.

On distingue deux ordres de nerfs; les uns, sous l'impulsion de la volonté, transmettent aux organes le mouvement : ce sont les nerfs de la vie animale ou de relation; les autres président aux fonctions qui s'accomplissent dans les viscères sans que nous en ayons conscience et sans qiie la volonté y prenne part : ce sont les nerfs de la vie organique. Les premiers, nerfs crâniens ou rachidiens^ partent directement du centre nerveux, ils sont blancs et d'une texture généralement assez résistante ; les seconds, nerfs ganglionnaires ou viscéraux^ bien que rattachés au centre nerveux par des connexions, forment un système à part que l'on riornme le grand sympathique ; ils sont, pour la plupart, mous et de couleur grisâtre.

Nerfs crâniens et rachidiens. Tous sont disposés deux 5 deux et forment une série de paires au nombre de 40, dont 9 paires crâniennes ou cérébrales, et 31 paires spinales ou rachidiennes.

Les nerfs crâniens sont classés comme il suit : V paire : nerf olfactif, qui se ramifie dans l'organe de l'odorat.

2"" paire : nerf optique ; c'est le nerf qui préside à la vision ; son expansion terminale forme la rétine.

S"" paire : nerf moteur oculaire commun; il se distribue à la plupart des muscles qui donnent le mouvement au globe de l'œil.

4® paire : nerf pathétique, ainsi nomme parce qu'il donne le mouvemént au muscle grand oblique, dont l'action sur le globe oculaire est un des éléments principaux de l'expression du visage.

5*" paire : nerf trijumeau ou trifacial^ formant de chaque côté les trois nerfs ophthalmique, maxillaire supérieur et maxillaire inférieur ; il se distribue à la face et aux organes qui la constituent.

&^ paire : nerf moteur oculaire externe; il va dans chaque orbite au muscle droit externe de l'œil.

7"" paire, divisée en portion dure ou nerf facial, qui se rend à la face, et portion molle ou nerf auditif, qui dessert l'oreille interne.

8*" paire, divisée en trois branches. : V nerf glossopharyngien; c'est le nerf du goût, il se rend à la langue et au pharynx en fournissant des rameaux à plusieurs muscles du cou, aux amygdales, etc. ; 2'* nei'f pneumogastrique, donnant des rameaux à la région cervicale, au pharynx, au larynx, aux poumons et à l'estomac : Z"" nerf spinal ou accessoire de Willis, qui envoie des rameaux à plusieurs muscles du cou, au pharynx et au larynx.

9"" paire : nerf grand hypoglosse, qui donne le mouvement à la langue.

Les nerfs rachidiens forment 8 paires cervicales, 12 paires dorsales, 5 paires lombaires et 6 paires sacrées. Tous naissent de la moelle par deux faisceaux

NERFS RACIIIDIEPsS.

de racines^ dites les unes antérieures^ les autres postérieures, suivant la partie de la moelle d'où elles émerj gent. Ces racines, enveloppées d'une gaine membra- I neuse, se réunissent pour former le tronc nerveux à une distance plus ou moins grande de leur point d'origine, suivant la région dont elles procèdent. Celles des nerfs lombaires et sacrés constituent, dans la partie inférieure du canal rachidien, un faisceau de cordons indépendants, auquel sa disposition a fait donner le nom de queue de cheval.

Au niveau des trous de conjugaison, par où les nerfs sortent du canal rachidien, les racines postérieures présentent, de chaque côté, un ganglion auquel s'unissent les racines antérieures et d'où le nerf se distribue à l'organisme par trois ordres de brandies spinales^ antérieures^ postérieur es et ganglionnaires^ celles-ci destinées au grand sym[)athique.

Les quatre premières paires de nerfs cervicaux forment par l'adossement de leurs branches le plexus cervical, dont les ramifications se distribuent aux régions superficielle et profonde du cou, à l'extérieur de la tête, à l'épaule et à la partie supérieure du dos.

Les quatre dernières paires cervicales constituent le plexus brachial qui, après avoir fourni de nombreux rameaux à Tépaule et au dos, se distribue au bras par les nerfs brachial cutané^ musculo-cutané., médian^ cubital et radial.

Les douze paires de nerfs dorsaux ou intercostaux, ainsi que les cinq paires lonfibaires, se ramifient dans les parois du thorax et de l'abdomen, et dans les muscles du dos et des lombes. Le plexus lombaire îonrnit^ entre autres branches principales, le nerf crural, qui

forme en se ramifiant le nerf mus ciilo-ciiî an é cmràl^ les nerfs saphènes interne et externe^ etc.

Les six paires de nerfs sacrés se distribuent au bassin et aux membres inférieurs. Les quatre premières forment avec la dernière paire lombaire le plexus sacréy dont la principale branche terminale est le nerf sciatique. Ce nerf, le plus gros du corps, descend à la partie postérieure de la cuisse, aux muscles de laquelle il donne plusieurs rameaux; un peu au-dessus du genou^ il se divise en deux troncs : les 7ierfs poplilés interne ou tibial^ et externe ou péronier, qui se distribuent par de nombreuses ramifications aux muscles de la jambe et du pied.

Grand sympathique. L'appareil nerveux qu'on désigne sous ce nom consiste en un double cordon placé de chaque côté de la colonne vertébrale, le long du cou et à l'intérieur des cavités thoracique et abdominale. C'est, comme nous l'avons dit, le système nerveux de la vie organique, végétative ou nutritive. Étendu de la première vertèbre cervicale à la dernière vertèbre du sacrum, le grand sympathique se renfle au niveau de chaque vertèbre en formant des ganglions nerveux qui communiquent, par des filets externes, avec toutes les paires crâniennes ou rachidiennes et constituent, par leurs filets internes, tous les nerfs viscéraux. Ce chapelet de ganglions a fait donner au grand sympathique le nom de système nerveux ganglionnaire.

Le grand sympathique forme les lAexus pharyngien., cardiaque., solaire ou cœliaque oAhypogastrique. Ce sont les centres nerveux de la vie organique.

Les nerfs émanant du grand sympathique entourent

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