FONCTIONS DU SYSTÈME NERVEUX
comme d'une gaîne les arlèrcs et pénètrent avec elles dans les organes. Parmi ces nerfs, les uns sont, comme nous l'avons dit, mous et grisâtres, les autres sont blancs et fermes.
Fonctions du système nerveux. Le système nerveux est le siège de 1 intelligence, des facultés sensoriales et de la motricité ; il est le centre d'action de l'organisme et préside à tous les phénomènes dont l'ensemble constitue la vie. Ses parties rachidienne et périphérique, la moelle et les nerfs, ne prennent part qu'aux fonctions de la sensibilité, du mouvement et de la vie organique ; l'encéphale concourt à la fois aux fonctions matérielles et intellectuelles.
On est parvenu à distinguer, dans les nerfs et la moelle, les appareils spéciaux à la sensibilité de ( eux qui président au mouvement. Mais on ne possède encore que des notions très-limitées et, pour la plupart, hypothétiques sur les fonctions spéciales des diverses parties de l'encéphale. La physiologie comparée montre que ces parties sont les unes sensibles et excitables, les autres insensibles et inexcitables par les agents extérieurs. Les premières, bulbe, protubérance, tubercules quadrijumeaux, sont les plus rapprochées de la moelle, et l'anatomie peut y suivre les faisceaux médullaires doués de sensibilité; mais plus loin ces mêmes l'aisceaux deviennent insensibles dans le cerveau, le cervelet, les couches optiques, etc. Il semble qu'après avoir transmis l'impression extérieure, ils changent de nature en devenant partie intégrante de T organe où la sensation est produite et soumise à l'appréciation de l'intelligence. L'embarras n'est pas moindre si l'on
cherche à spécifier les parties de l'encéphale qui président au mouvement. Quant au siège des facultés intellectuelles, on ne peut douter qu'il soit placé dans l'encéphale. On sait que les facultés se développent en même temps que le cerveau, mais la science ne possède aucune donnée précise sur le rôle que jouent dans l'élaboration de la pensée les différents organes contenus dans la cavité crânienne.
Le système nerveux, qui donne à tout le corps le mouvement et la sensibilité, est lui-même sous la dépendance absolue de la circulation. Il détermine et règle sa marche en excitant les mouvements du cœur, mais il faut qu'il soit à son tour excité par Tafflux du sang que lui apportent les artères, et, de même que le cœur ralentit ou cesse ses mouvements sous l'influence de certaines impressions, les fonctions du cerveau, de la moelle et des nerfs sont inévitablement suspendues quand le sang ne vient pas éveiller la force nerveuse. Tout obstacle au cours du sang détermine la paralysie plus ou moins complète des parties situées au delà de l'obstacle, et, dès que le liquide nourricier s'arrête ou se ralentit dans sa marche vers le cerveau, on voit survenir la syncope, c'est-à-dire, l'arrêt ou le ralentissement des fonctions de l'encéphale.
En décrivant sommairement le système nerveux, nous avons cru devoir procéder du centre à la périphérie ; l'ordre inverse nous semble préférable à suivre dans l'exposé des fonctions nerveuses.
Fonctions des. nerfs rachidiens sensitifs et moteurs. La sensibilité peut s'éteindre dans une partie du corps sans que le mouvement y soit aboli et, réciproquement,
fojnctioins des nerfs raciiidiens.
un membre peut perdre la faculté de mouvoir et rester sensible aux agents extérieurs. Cette indépendance du mouvement et du sentiment avait révélé aux physiologistes de l'antiquité Texistence de deux ordres de nerfs, les uns sensitifs, les autres moteurs. Boerhaave et d'autres anatomistes modernes accueillirent cette doctrine, sur laquelle Lamarck émit des vues théoriques très-rapprochées de la vérité. Charles Bell fut conduit, dès 1811, par des expériences sur les animaux, à reconnaître que les racines antérieures et les racines postérieures des nerfs rachidiens avaient des fonctions différentes ; mais il se trompa, dans la déterminaison de ces fonctions, en considérant les racines antérieures comme chargées de Iransmettre à la fois le mouvement et la sensibilité, tandis que les racines postérieures transmettaient une soi-disant inOuence vitale ou organique particulière, suivant Bell, au cervelet. Enfin, Magendie, le premier, en 1822, découvrit et fit voir que les racines antérieures étaient motrices, et les racines postérieures sensibles.
Ainsi, les faisceaux antérieurs de la moelle et les racines antérieures des nerfs qui en procèdent sont insensibles et déterminent la contraction musculaire. Les faisceaux postérieurs de la moelle et les racines postérieures des nerfs sont étrangers au mouvement et sensibles. Chacun des nerfs rachidiens formé par l'union des racines antérieures et postérieures comprend des filets moteurs et des filets sensitifs juxtaposés dans le tronc nerveux et dans ses ramifications. 11 suit de là que ces nerfs ou leur subdivision sont 7mxtes, c'est-à-dire, sensitifs et moteurs à la fois, dans l'ensemble du faisceau qu'ils représentent. Ils sont sensibles à l'irritation
jTiécanique, ils excitent la contraction musculaire sous rinfluence du galvanisme, car l'un et l'autre de ces agents rencontre dans le nerf dos filets soumis à sa puissance. Ces filets, considérés isolément, vont du centre à la périphérie sans se diviser ni n'anastomoser, dans le sens exact du mot ; car ce qu'on nomme anastomose dans les nerfs est une simple juxtaposition, un adossement sans échange de leur substance propre, sans fusion intime.
C'est à la continuité des filets nerveux et à leur indépendance qu'est due la netteté des sensations tactiles et la précision des mouvements. On comprend, en effet, que si deux filets sensitifs s'unissaient dans leur substance propre, les impressions perçues par eux au delà du point d'union se confondraient et ne seraient pas rapportées par le cerveau à des points distints. Si, par exemple, deux filets se rendant aux doigts indicateur et médius étaient unis intimement et non pas seulement juxtaposés sur un point quelconque de leur parcours entre l'extrémité des doigts et le centre nerveux, ils apporteraient au cerveau une seule et même sensation de contact pour l'indicateur et pour le médius, d'où l'impossibilité de distinguer sur quel doigt aurait lieu l'impression tactile. Il en serait de même pour deux filets d'un nerf moteur se rendant à ces mêmes doigts et qui, s'ils étaient unis intimement et non isolés dans leur substance propre, transmettraient le mouvement aux deux doigts sans distinction et ne permettraient pas au cerveau de mouvoir expressément l'un ou l 'autre.
Chez les personnes qui ont été amputées, il se prod uit communément un phénomène qui s'explique parl'exis-
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tence dans les nerfs, dès leur origine, de tous les filets qui se rendent à la périphérie. L'homme qui a perdu la jambe ou le bras ressent des douleurs qu'il rapporte non pas au moignon qui lui reste, mais au pied ou à la main qu'il n'a plus. Ce sont les filets nerveux, primitivement destinés à ces parties, qui sont le siège de la douleur et qui la transmettent comme venant de l'organe auquel ils donnaient précédemment la sensibilité. De même, quand un lambeau de la peau du front a été transplanté sur le nez par l'autoplastie, le malade, si l'on touche son nez, ressent au front l'impression tactile.
Nous verrons, en parlant des sens, que les impressions tactiles peuvent être distinctes, à la pulpe des doigts, avec un intervalle d'un demi-millimètre, ce qui suppose deux filets nerveux séparés par cet intervalle et se rendant directement au cerveau ; mais on se tromperait, si Ton appréciait par ce moyen le nombre des subdivisions nerveuses, car chaque point de la peau est sensible au contact. C'est donc par des ramuscules innombrables, mais comprenant tous au moins un filet nerveux, que les nerfs se terminent dans nos organes : ceux du mouvement pour exciter les contractions du tissu musculaire, ceux du sentiment pour recevoir et transmettre les impressions.
Fonctions des nerfs crâniens, Ue même que les nerfs rachidiens, ceux qui naissent dans le! crâne peuvent être distingués en nerfs moteurs et nerfs sensitifs. Parmi ces derniers, les uns sont doués d'une sensibilité spéciale, comme l'olfactif, l'optique, l'auditif, les autres transmettent la sensibilité générale. Plusieurs nerfs crâniens comprennent des filets d'ordres différents et
iSi LE CORPS HUMAIN.
sont formés par la réunion des nerfs affectés à la sensibilité générale, à la sensibilité spéciale ou au mouvement. Comme les nerfs rachidiens, après l'union de leurs racines, ils constituent des cordons mixtes dans leurs fonctions d'ensemble, mais distincts dans celles de leurs filets isolés. L'analogie avec les nerfs rachidiens est complétée parles branches qui vont des nerfs crâniens sensitifs au grand sympathique et par les fibres grises que l'on observe près de l'origine des nerfs crâniens comme aux racines postérieures des nerfs rachidiens. Quant aux nerfs moteurs, ils émergent, dans le crâne, du prolongement des faisceaux antérieurs de la moelle^ origine des nerfs moteurs rachidiens.
Fonctions de la moelle éphiière. Nous avons vu précédemment que les faisceaux antérieurs de la moelle étaient insensibles et transmettaient la motricité aux racines antéiieures des nerfs, tandis que les faisceaux postérieurs étaient affectés à la sensibilité comme le& nerfs qui en émergent. Ces propriétés des faisceaux médullaires, longtemps controversées, ont été démontrées par les expériences de Longet. La moelle transmet aux nerfs du tronc et des membres le principe des mouvements volontaires et respiratoires. Elle agit en outre comme foyer d'innervation dans les mouvements du cœur et dans la circulation, dans les phénomènes de la nutrition et des sécrétions diverses ; enfin, elle paraît n'avoir sur la production et l'entretien de la chaleur animale qu'une influence médiate. Quand une lésion quelconque affecte une des moitiés latérales de la moelle, c'est dans le côté correspondant du corps que le mouvement et la sensibilité sont altérés ou abolis ; la