‹ Le corps humain [electronic resource]Chapitre 83 sur 265 · ACCOMMODATION · texte numérisé non relu

ACCOMMODATION

jours au foyer. Suivant quelques auteurs, la longueur de l'axe oculaire varie, la rétine se rapprochant ou s'éloignant du cristallin. D 'autres pensent que c'est le cristallin qui se déplace ou que les courbures des milieux réfringents de Tœil peuvent se modifier de manière à faire toujours coïncider le sommet des cônes lumineux avec la rétine immobile. Cette théorie de Vadaptation où de Y accommodation est rejetée par des savants éminents dont quelques-uns s'en rapprochent néanmoins €n attribuant ce phénomène à la contraction et à la dilatation de la pupille; tandis que d'autres ont cherché à démontrer que la distance des objets à l'œil peut varier, dans les limites étendues, sans que l'image subisse des modifications appréciables.

M. Helmholtz admet que la surface antérieure du cristallin augmente de convexité dans la vision de près, et s'aplatit quand le regard se porte au loin ; la pupille contribuerait aussi à l'accommodation en se resserrant, pour la vision d'objets rapprochés, et s'élargissant pour voir à une grande distance. On ne sait rien de positif sur la manière dont se produit le changement de forme du cristallin ; M. Helmholtz incline à penser que la lentille oculaire augmente ou diminue de diamètre et, par conséquent, s'aplatit ou devient plus convexe, suivant que la zone de Zinn, qui s'insère à la capsule cristalline, est tendue ou relâchée par l'action du muscle ciliaire.

Quelques expériences, faciles à faire, prouvent que l'œil ne peut voir nettement, sans un effort d'adaptation, deux objets placés à distance inégale, et que l'image, perçue nettement par la rétine placée au foyer, ne l'est plus quand la distance focale est changée.

1^ Si Ton vise d'un seul œil les extrémités alignées

de deux épingles noires, plantées à distances différentes dans une règle horizontale, on aperçoit nettement Tune et vaguement l'autre ; veut-on voir la plus rapprochée, on la distingue très-bien, tandis que la plus éloignée paraît enveloppée de brouillard ; veut-on voir clairement cette dernière, on y parvient facilement sans changer de position, mais en même temps que son image se précise, celle de l'autre épingle devient confuse.

Fig. 40. — Accommodation de l'œil aux dislances.

2° En visant une épingle à travers un petit trou percé dans une carte, on peut voir nettement l'épingle ou le bord du trou, mais quand l'une des images vous apparaît nette, l'autre est confuse.

3° On perce dans une carte deux trous d'épingles séparés par une distance moindre que le diamètre de la pupille, c'est-à-dire à 2 millimètres au plus l'un de l'autre ; puis on regarde par ces deux ouvertures un petit objet placé sur un fond clair, par exemple un point noir sur une feuille de papier. A une certaine distance, ce point apparaît unique, mais si Ton recule ou si l'on avance la tête, le point vous paraît double.

Dans les deux premiers cas, l'œil est obligé de s'adapter à la distance pour voir distinctement et successivement deux objets inégalement éloignés, et dont

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