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IMAGES ACCIDENTELLES

produisant ce qu'on nomme les images accidentelles ou consécutives.

On sait que deux couleurs sont complémentaires l'une de l'autre lorsque leur mélange produit le blanc. Or les images accidentelles ont cela de particulier qu'elles se présentent sous la couleur complémentaire de celle des rayons lumineux qui ont excité la rétine ; ainsi lorsque l'on a regardé pendant un certain temps un mur peint en rouge et bien éclairé, l'image accidentelle est verte; si le mur est orangé, l'image sera bleue, etc.

Lorsque, dans une galerie mal éclairée, après avoir fixé les yeux pendant une ou deux minutes sur une fenêtre recevant la lumière diffuse, on les ferme brusquement en les couvrant de manière à les mettre dans une obscurité complète, l'image primitive delà fenêtre persiste quelque temps avec ses carreaux éclairés et son châssis obscur ; mais bientôt apparaît l'image consécutive qui vous présente les carreaux obscurs et le châssis lumineux. On peut même faire naître plus promptement cette dernière image en laissant pénétrer un peu de jour à travers les paupières fermées ; mais dans toutes les expériences de ce genre, il faut tenir les globes oculaires dans une immobilité aussi complète que possible sous le voile dont on les couvre, car le moindre changement dans la direction des axes optiques fait disparaître les images, primitives ou accidentelles.

Un fait des plus importants dans cette partie de l'histoire de l'œil, c'est celui-ci, dont on doit l'observation à M. Plateau. La persistance de l'impression de la rétine dans une intensité constante et jusqu'au moment où elle commence à décroître, est d'autant plus courte

qu'elle est plus violente, c'est-à-dire que la lumière qui l'a produite était plus vive et plus blanche ; ainsi l'impression est de moins en moins durable, dans son intensité première, suivant qu'elle est causée par la vue d'un disque bleu, rouge, jaune ou blanc ; au contraire, si l'on mesure l'impression non plus dans sa période d'intensité constante, mais de son maximum à son minimum, elle est d'autant plus longue que la lumière a été plus vive, c'est-à-dire que le disque était blanc^ jaune, rouge ou bleu.

Plusieurs physiologistes expliquent la formation des images accidentelles par l'excitation persistante de la rétine, avec diminution d'excitabilité, ils pensent que la lumière propre de la rétine joue un rôle dans ce phénomène.

Fig. 42. — Irradia Lion.

Irradiation; auréoles accidentelles. Quand une partie de la rétine est excitée par des rayons lumineux,, l'ébranlement se propage aux parties voisines, et d'autant plus fortement que la lumière est plus blanche ; il en résulte que, de deux objets d'égale dimension^ mais de couleur différente, le plus clair semble plus

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