LABYRINTHE
est formée par la lame des contours. L'intérieur du limaçon est tapissé d'une membrane fibro-muqueuse qui paraît faire suite au périoste des deux autres cavités labyrinthiques ; quant à la partie membraneuse de la lame spirale, elle peut être considérée comme un prolongement du labyrinthe membraneux. Enfin, on nomme aqueduc du limaçon un canal vasculaire, analogue à celui du vestibule, et qui communique de même avec la •cavité du crâne. La base du limaçon repose sur le fond du conduit auditif interne par où le nerf acoustique pénètre dans l'organe de l'ouïe.
Labyrinthe membraneux. Les parois osseuses du vestibule et des canaux demi- circulaires renferment et pro- . tégent un appareil de même forme, membraneux et séparé d'elles par un intervalle que remplit une humeur limpide, désignée sous les noms àliumeur de Cotugno ou de périhjmphe. Le labyrinthe membraneux est donc inférieur en proportions au labyrinthe osseux, il est moindre environ de moitié. Ses cavités contiennent un liquide analogue à l'humeur de Cotugno et que de Blainville a comparé à l'humeur vitrée de l'œil ; elles renferment aussi des tubes et des sacs membraneux, demifransparents, dont l'aspect a beaucoup d'analogie avec €elui de la rétine. Le vestibule membraneux se compose de deux parties distinctes : \e saccule.ei Vutricule, dans l'intérieur desquels existe une poussière calcaire qui semble représenter, chez l'iiomme et chez les mammifères, les pierres auditives ou otolithes des poissons.
Nerf auditif . Remarquable par la mollesse de sa contexture, le nerf auditif ou acoustique, spécial à l'organe
LE CORPS IIUMAI>\
de Touïe, pénètre dans l'oreille par le conduit auditif interne et se divise en deux branches, dont l'une distribue ses rameaux au vestibule et aux extrémités ampullaîres des canaux demi-circulaires, tandis que l'autre est destinée au limaçon. Celle-ci, que l'on nomme branche limacienne, se divise en ramuscules d'une ténuité extrême qui tapissent la surface de la columelle et s'étalent régulièrement sur la lame spirale, en diminuant de longueur de la base au sommet du limaçon; de sorte que, si l'on supposait la lame spirale redressée et formant un plan triangulaire, ces filets représenteraient les cordes d'une harpe, les plus longs à la base du triangle et les plus courts au sommet. On les nomme fibres de Corti^ du nom de l'anatomiste qui les a décrits le premier. Le microscope a permis d'en compter plus de trois mille, et nous verrons plus loin quel rôle on leur attribue dans l'audition.
Mais avant d'aborder la question physiologique, il faut nous rappeler sommairement quelques-uns des phénomènes dont l'oreille nous révèle l'existence.
Bi'uits et sons. Les physiciens divisent les sons en deux classes : le son musical et le bruit; Vun et l'autre ont la même origine, la vibration d'un corps transmise à l'air. La durée trop courte du bruit et ses vibrations non isochrones ne permettent pas que sa valeur musicale puisse être appréciée, c'est ce qui le distingue du son. Ainsi, l'explosion des gaz ou de la poudre, un coup de fouet, une branche qui se casse font du bruit et ne donnent pas un son musical. La limite du son et du bruit est d'ailleurs insensible et varie suivant les individus. Un bruit, de même qu'un