‹ Le corps humain [electronic resource]Chapitre 96 sur 265 · BRUITS ET SONS · texte numérisé non relu

BRUITS ET SONS

son, est grave ou aigu, faible ou intense. La différence de durée de la sensation ne permet pas de comparer le bruit au son, mais Toreille saisit les rapports entre deux bruits aussi bien qu'entre deux sons musicaux.

On nomme son musical celui dont la hauteur peut être appréciée d'une manière absolue et relativement à d'autres sons graves ou aigus ; en d'autres termes, celui dont le nombre de vibrations suit une loi constante et peut être évalué.

Quelle que soit, d'ailleurs, à l'oreille la différence d'un bruit ou d'un son musical, l'un n'est qu'une variété ou qu'un degré de l'autre, et tous deux, procédant, comme nous l'avons vu, d'une même origine, peuvent être étudiés sous la dénomination générique de

Le son a quatre propriétés fondamentales : la durée, la hauteur, l'intensité et le timbre. Les trois premières se définissent par les mots qui servent à les exprimer; quant au timbre, c'est cette résonnance particulière à chaque instrument, à chaque voix, qui fait que nous distinguons sans peine les sons d'un violon, d'une clarinette ou d'une flûte, et que nous reconnaissons les personnes en les entendant parler ou chanter.

Un son dure autant de temps que vibre le corps dont il émane, il est d'autant plus éleve\ plus aigu, qu'il compte plus de vibrations, et son intensité se mesure par l'amplitude des vibrations qui le déterminent, amplitude proportionnelle à la force agissant sur le corps sonore.

Le timbre des sons a longtemps été pour les physiciens et les physiologistes une énigme insoluble. J. Mùller avait entrevu son origine en l'attribuant soit à l'isochro-

nisme d'ondes sonores animées d'une vitesse diverse ; soit à des ondes de longueur différente produisant une onde composée, de forme particulière ; soit, enfin, à une vibration longitudinale s'accomplissant dans le corps sonore en même temps que la vibration transversale. Longet dit, avec plus de précision, que le timbre de la voix humaine et celui des instruments à vent résultent de la coexistence de plusieurs ondes sonores d'intensité et de tons différents qui modifient la forme générale de l'onde principale. Enfin, les expériences de M. HelmlioUz ont démontré que le timbre d'un son dépend du nombre des sons harmoniques, qui se produisent en même temps que le son fondamental, et de leur intensité relative.

Lorsqu'on frappe une corde de piano donnant Vut^ par exemple, on entend résonner cette noie; mais avec un peu d'attention, l'oreille distingue d'autres notes qui résonnent simultanément et moins fortement ; elles sont le résultat de vibrations partielles qui se produisent dans la longueur de la corde, suivant certaines lois que nous ne pouvons exposer ici. L'ut donné par le choc imprimé à la corde est le son fondamental, les autres notes, qui se superposent à celles-là, sont les harmoniques. De leur fusion avec le son fondamental résulte pour l'oreille un son complexe, qu'elle décompose instinctivement en sons simples, mais qui ne détermine dans le cerveau qu'une sensation unique, celle d'un ut ayant un timbre particulier. Que le son fondamental soit émis par un autre instrument ou par la voix humaine, les mêmes phénomènes se produiront et le timbre se caractérisera de même à notre oreille. Le timbre est donc le caractère différentiel des corps

Page 1