TIMBRE. — MAIICIIE DU SON
sonores, c'est en quelque sorte la forme des sons.
Le son marche plus rapidement dans l'air chaud que dans Tair froid ; sa vitesse dans l'atmosphère est de 340'", 90 par seconde à 16 degrés, ou 331"\ r2 à 0% d'après les expériences faites par les membres du Bureau des longitudes, en 1822, et de 555"',11 à 0"", d'après celles de Bravais et Martins, en 1844. Cette vitesse n'est pas modifiée par les variations de la pression atmosphérique ; elle est égale dans les directions horizontale, verticale ou oblique. Le vent l'augmente ou la diminue, suivant qu'il souffle dans la direction du son ou en sens contraire; mais il ne la change pas s'il souffle perpendiculairement à cette direction. Le son, ne pouvant se produire dans le vide, est d'autant moins intense que l'air est plus raréfié ; il est moins fort, par exemple, sur les hautes montagnes que dans les couches inférieures de l'atmosphère; toutefois, le profond silence qui règne par instants dans cee régions élevées permet d'entendre des sons, même très-faibles, à de grandes distances. C'est ce que nous avons pu constater avec M. Martins, en 1844. Près de Saint-Chéron (Seineet-Oise) , à une altitude d'environ 140 mètres, un diapason, monté sur une caisse de résonnance, s'entendait, pendant le jour, à 250 mètres, tandis qu'au grand plateau du mont Blanc, à 4,000 mètres d'altitude, le son du même instrument se transmettait jusqu'à 337 mètres. Sur la cime du mont Blanc, nous distinguions les voix de nos guides causant à 400 mètres de nous, et ils nous entendaient aussi parler.
De Humboldt a observé que le son est plus intense et se propage plus loin la nuit que le jour, malgré les
bruits et le vent, qui, dans les pays tropicaux, augmentent après le coucher du soleil. Cet al'faiblissement du son pendant le jour est attribué par l illustre observateur à réchauffement inégal des couches de l'atmosphère, sous l'influence du soleil et du rayonnement du sol.
Le son marche beaucoup plus vite dans l'eau et dans les corps solides que dans l'air. Colladon et Sturm ont trouvé que sa vitesse était de 1 ,435 mètres par seconde dans l'eau du lac de Genève, à 8^ ; elle est, d'après les expériences de Biot, de 3,250 mètres, en moyenne, dans des tuyaux en fonte. C'est environ cinq fois plus de vitesse dans l'eau, et neuf fois plus dans la fonte que dans l'air.
De Humboldt rapporte que les détonations volcaniques ont été quelquefois transmises par le sol à des distances de 810 et de 1,200 kilomètres.
On admet que le son le plus grave qui puisse être perçu par l'oreille est de 32 vibrations par seconde (16 vibrations suivant Savart), et le plus aigu, suivant Despretz, de 73,700 vibrations. Un son de 60,000 vibrations, dit M. Martins, est déjà très-faible, difficile à entendre et d'une telle acuité, qu'il cause à l'oreille une impression douloureuse. Les sons que l'oreille perçoit et apprécie facilement varient entre 100 et 20,000 vibrations. Lhit le plus grave d'un piano de six octaves et demie, en compte 128, le plus aigu est de 8,192.
Mécanisme de F audition. Les ondes sonores pénètrent dans le conduit auditif directement ou après avoir rencontré le pavillon de l'oreille, dont elles suivent les anfractuosités. De plus, le pavillon vibre lui-même au choc