Le corps humain
Le succès qu’ont obtenu nos atlas d’anatomie nous a engagé à publier cet ouvrage, qui, sous une forme nouvelle, est le résumé et le complément de nos travaux précédents. Nous croyons répondre aux nombreux encouragements que nous avons reçus, en présentant au public, réunies dans un seul volume, les notions les plus utiles de l’anatomie et de la physiologie.
Tout le monde connaît Futilité de ces sciences. Elles sont, pour ainsi dire, contemporaines de l’homme lui-même. Dès que l’homme a souffert, il a cherché un remède à ses maux ; le spectacle de la mort l’a effrayé, et, guidé par l’instinct de la conservation, il a acquis ces premières notions qui ont été le début de la médecine.
Les recherches et les travaux auxquels on s’est livré de tout temps montrent la juste importance qu’on a sans cesse attribuée à la physiologie et à l’anatomie, et les erreurs nombreuses qui se sont produites dans ces sciences prouvent elles-mêmes l’activité déployée pour leur progrès.
Si l’on tient tant à la santé et à la vie, pourquoi serait-on indifférent pour des sciences qui sont la condition même de la santé et de la vie ? Il faut que tout le monde connaisse l’organisation du corps et les lois de son développement, parce que la connaissance de nos or^ ganes et de leur mode de fonctionnement nous permet d’en comprendre les désordres, souvent de les éviter, toujours de les prévoir. Elle nous donne les moyens de rétablir l’ordre et la régularité là où les fonctions vitales ont été troublées.
Aussi chacun s’occupe-t-il plus ou moins de médecine. Mais que d’idées fausses répandues encore maintenant dans le public, que de préjugés, que d’opinions erronées t
Trop souvent les livres d’anatomie et de physiologie ne sont faits que pour les personnes qui s’occupent spécialement de ces sciences.
Nous n’avons pas oublié dans cette étude que nous nous adressions non-seulement à un public spécial, mais à toutes les personnes qui désirent apprendre ce qu’est le corps humain, quels sont ses organes et ses fonctions. Aussi avons-nous évité avec le plus grand soin l’aridité des descriptions scientifiques. Pour des lecteurs étrangers à , la nomenclature médicale, nous n’avons employé aucun terme technique sans expliquer son étymologie et sans le faire suivre, s’il y a lieu, du nom vulgaire.
Forcé de choisir dans le vaste champ de l’anatomie et de la physiologie, nous ne nous sommes arrêté qu’aux points directement pratiques, en signalant, chemin faisant, les désordres physiques ou fonctionnels qui constituent les maladies et en indiquant les règles hygiéniques à suivre pour les éviter.
Nous avons enfin recueilli de nombreuses anecdotes relatives à notre sujet. La Fontaine l’a dit,
Le conte fait passer le précepte avec lui.
L’expérience a souvent montré que ia description la plus claire ne frappe pas aussi vivement l’esprit que l’objet lui-même représenté sous les yeux :
Segnius irritant animos dimissa per aurem
Quani quæ sunt oculis subjecta fldelibus.
Ce qu’Horace dit de la tragédie peut s’appliquer à l’étude des sciences médicales. Les meilleurs livres de géographie en apprennent moins sur la forme, l’étendue et la position des pays qu'un atlas médiocre. Il en est de même pour ce qu’on peut appeler la topographie du corps humain. Aussi avons-nous intercalé dans le texte de nombreuses figures, et ajouté à la fin de notre ouvrage un atlas composé de planches superposées, dont les différentes pièces, se soulevant comme les feuillets d’un livre, permettent d’assister à une dissection sommaire du corps humain, et montrent la forme, la situation et les rapports de nos organes.
Les planches de ce volume ont été composées suivant la même méthode que nos atlas d’anatomie. Nous n’avons eu souvent qu’à simplifier et à réduire, sans négliger toutefois aucun détail nécessaire pour faire comprendre à première vue le fonctionnement de nos organes.
Nous ne revendiquons pas l’honneur d’avoir inventé le système de planches par appliques superposées. Déjà, en 1639, Joannes Remme-
AVANT-PUOPOS.
linus avait publié dans son Anatomie quelques planches naturellement incomplètes et d’une exécution assez grossière. Depuis, il a trouvé des imitateurs ; mais, il faut le reconnaître, ces tentatives n’ont jamais été bien heureuses et les progrès de la science permettaient, Croyons-nous, de mieux faire. Pour nous, nous n’avons cherché qu’à perfectionner le système de Remmelinus. Nous croyons avoir réussi dans une certaine mesure, et nous l’avouerons d’autant plus librement que nous ne pouvons pas nous en attribuer à nous seul le mérite : c’est à la vue des magnifiques modèles d’anatomie du docteur Auzoux, que nous avons conçu l’idée de faire en papier ce que cet habile anatomiste a fait avec une pâte spéciale.
Pour des planches d’anatomie, la perfection du dessin est d’une haute importance : aussi avons-nous confié l’exécution de notre atlas au plus habile de nos dessinateurs anatomistes, M. Leveillë, qui a bien voulu nous prêter le concours de son talent.
Août 1878.
La seconde édition que nous présentons aujourd’hui au public nous permet de répondre à la faveur avec laquelle a été reçu notre ouvrage, en essayant de la justifier par une révision attentive. Nous avons cherché à mettre notre livre au courant des dernières découvertes de la science, surtout dans l’étude du système nerveux. Quelques chapitres ont été complètement refondus. Nous avons ajouté de nombreuses anecdotes qui contribueront peut-être à l’intérêt des descriptions scientifiques. De nouvelles figures éclaireront les moindres détails anatomiques.
Décembre iSSL