‹ Le corps humainChapitre 2 sur 144 · I. — Configuration du corps · texte numérisé non relu

I. — Configuration du corps

division. — Le corps humain présente dans sa conformation extérieure les parties suivantes : la tête, comprenant le crâne et la face ; le cou, dont le segment postérieur a reçu le nom de nuque ; les membres, distingués en supérieurs et inférieurs ; enfin le tronc ou torse, divisé en deux sections : le thorax ou poitrine et l 'abdomen ou ventre. Cette dernière région a été, à son tour, subdivisée en neuf sections secondaires par des lignes fictives, dont les unes horizontales, passent au-dessous des côtes et au niveau des hanches ; et dont les autres, verticales, tombent sur le milieu du pli de l’aine (fig. 1).

Nous décrirons en détail ocs différentes parties du corps lorsque nous étudierons leur charpente, c’est-à-dire le squelette.

propohtio\s du couds. — L’ordre, la régularité et la symétrie des différentes parties du corps constituent la beauté plastique; le manque d’harmonie dans leurs proportions est, au contraire, le propre de la laideur. Les peintres et les statuaires ont cherché à déterminer les caractères esthétiques du beau au point de vue de l’art. Ne pouvant les rencontrer réunis dans la nature, ils ont emprunté à divers individus privilégiés les formes qui se rapprochaient le plus de la perfection, et ont composé, à l’aide de ces éléments hétérogènes, un

être idéal qui leur sert de prototype (1). C’est ainsi que l’on peut dire que l’art dépasse la nature tout en l’imitant.

Ces proportions conventionnelles sont celles qui ont été fixées, comme terme moyen, par les anatomistes. Voici quelques-unes de ces proportions, qui sont devenues classiques.

En prenant la tête pour unité de mesure, la hauteur du corps humain a été divisée en sept têtes par les uns, en sept têtes et demie et même en huit par d’autres. La mesure en sept têtes a l’avantage d’offrir des

Fig. 1 . — Subdivisions fictives de l’abdomen en neuf sections.

E, Épigastre. — F, Flancs. — H, flypogastre. — I, Fosses iliaques. — 0, Hypochondres. — R, Région ombilicale.

points de repaire faciles à déterminer : ainsi, la première division passe au-dessous du menton ; la deuxième, au-dessous des mamelles ; la troisième, au niveau des hanches ; la quatrième, au milieu des cuisses ; la cinquième, au milieu des genoux ; la sixième, au-dessous des mollets ; la septième correspond à la plante des pieds.

La mesure en sept têtes et demie est celle qui se rapproche leplus de la nature ; mais nous avons adopté la division en huit têtes (fig. 2), parce qu’elle est la plus généralement admise par les artistes. C’est aussi celle qui répond le mieux au canon des Grecs. Le Laocoon, la

(1) Polyclète de Sicyone, disciple d’Agelade, fît une statue que, selon l’usage des Grecs, il nomma canon ou règle. Ce modèle était si parfait que l’on disait de son auteur : « Les canons des autres artistes sont l’ouvrage de l’art, mais celui de Polyclète est l’art lui-même. »

EN GÉNÉRAL

Vénus de Médicis, l’Hercule de Farnèse, l’Apollon pythien, etc., ont, en effet, près de huit têtes. Il est vrai que cette dernière division fait paraître la tête petite par rapport à la longueur du corps ; mais si la vérité anatomique est quelque peu sacrifiée, l’art y gagne en élégance.

Fig. 2. — Corps humain inscrit dans un carré et divisé en huit têtes.

Un homme étendant les bras horizontalement est, de l’extrémité d’un médius à l’autre, aussi large qu’il est long ; il peut donc, dans cette position, être inscrit dans un carré (fig. 2), ou dans un cercle, ainsi que l’a fait remarquer Léonard de Vinci, mais à la condition

Fig. 3 — Tôle inscrite dans un carré et divisée en quatre longueurs de nez.

que les jambes s’écarteront de manière à former un triangle équilatéral et que les bras se lèveront à la hauteur du sommet de la tête. Le point d’intersection des diagonales du carré sera placé au niveau des os du bassin appelés pubis, et le centre du cercle sera représenté par le nom-

bril. En dirigeant les membres supérieurs au-dessus de la tête, parallèlement à l’axe du corps, l’homme mesure alors dix sections de tête, et dans cette position le centre du corps est encore le nombril.

La tête a été divisée en quatre longueurs de nez : la première contient le sommet de la tête, la deuxième le front, la troisième le nez, la quatrième la bouche et le menton (fig. 3).

Si l’on prend le nez comme unité de mesure, le corps humain a trente-deux longueurs de nez.

La tête, vue de profil, présente une hauteur égale à sa largeur, et peut, de la sorte, être inscrite dans un carré (fig. 3). Cette figure montre encore que la longueur des oreilles est égale à celle du nez, et que ces différents organes se trouvent au même niveau.

La main, vue de front, les doigts étendus, a, depuis le poignet jusqu’à l’extrémité du médius, une longueur égale à celle delà face entière, c’est-à-dire trois longueurs de nez.

Enfin la longueur totale du pied équivaut à celle de la tête entière, c’est-à-dire à quatre longueurs de nez.

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