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Organes passifs de la locomotion

ï. — Des os.

COKFORMATIOIV EXTÉRIEURE DES OS. — LeS OS SOnt des

organes durs et résistants qui servent de charpente au corps humain.

Ils ont été divisés, d’après leur conformation extérieure, en os longs, larges et courts. Nous dirons aussi quelques mots des os que les anatomistes ont appelés wormiens et sésamoides.

1° Les os longs, tels que Yhumèrus (fig. 10), se composent d’un corps ou diaphyse (Siaçuouç, interstice) et de deux extrémités ou épiphyses (èrcc, sur ; ©u cgm, je nais). Lorsque nous étudierons le mode deaccroissement des os, nous verrons que, jusqu’à vingt-cinq ans, chaque épiphyse est séparée de sa diaphyse par une membrane épaisse dite cartilage épiphysaire, et qu’à partir de cet âge-, par suite de l’ossification de ce cartilage, les trois pièces de l’os n’en forment plus qu’une seule.

Le corps des os longs est creusé, dans toute son étendue, d’un canal

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appelé mêd ullaire ( medulla , moelle), parce quùl renferme la moelle des os. Cette particularité de structure unit la force à la légéreté, car les colonnes métalliques creuses offrent plus de résistance que les colonnes massives .

2° Les os larges sont plats et minces (fig. 11) ; ils servent à former

Pig. 10. — Humérus droit.

1, Corps. — 2, Tête. — 3, 4, Petite et grosse tubérosités. — 3, Coulisse bicipitale. — 6, Condyle. — 7, Trochlée. — 8, Epitrochlée. — 9, Epicondyle. — 10, Petite cavité destinée à loger, pendant la flexion de l’avant bras, l'apophyse coronoïde du cubitus.

Fig. il. — Os coxal droit.

A, partie antérieure de la fosse iliaque externe. — B, Crète iliaque. — C, Epine iliaque antérieure et supérieure. — D, Epine iliaque antérieure et inférieure. — E, Branche horizontale du pubis. — Epine iliaque postérieure et supérieure. — ; G, Epine iliaque postérieure et inférieure. — H, Cavité cotyloïde. — I, Ischion. — K, Trou sous-pubien. — L, Branche ischio-pubienne. — M, Bord supérieur du corps du pubis. — O, Branche descendante du pubis.

les parois des cavités qui abritent les viscères, comme le crâne, le thorax et le bassin.

3° Les os courts sont groupés dans les régions où devaient se trouver réunies une grande solidité et beaucoup de mobilité : par exemple, dans la colonne vertébrale (fig. 12, 13), au pied et à la main.

4° Les os uormiens sont des os surnuméraires engrenés dans les jointures du crâne : ils tirent leur nom d’Olaüs Wormisus, médecin de Copenhague, qui passe pour en avoir parlé le premier.

LE COBPS HUMAIN.

5° Les os sésamoïdes (ciYjffàpLY], sésame \ eïâdç, ressemblance), sont des petits os, gros comme la graine de sésame, qui se développent dans l’épaisseur de certains tendons pour en faciliter le glissement : tels sont la rotule au genou (9, fig. 7) et le pisiforme au poignet.

co\i ormatîo\ i^TÉRiEmE des os. — La périphérie des os est formée d’une substance compacte (fig. 14), et leur centre est

Fig. 12. — Vertèbre dorsale vue de côté.

1, Corps. — 2, 2, Facettes s’articulant avec les côtes. — 3, Apophyse transverse. — 4, Facette s’articulant avec la tubérosité de la côte correspondante. — S, 6, Apophyses articulaires supérieures et inférieures. — 7, Apophyse épineuse.

Fig. 13. — Vertèbre dorsale vue par sa face supérieure.

1, Corps. — 2, 2, Pédicules. — 3, Trou vertébral. — 4, 4, Apophyses transverses. — 5, 3, Apophyses articulaires supérieures. — 6, 6, Surface articulaire sur laquelle s’appuie la tubérositéde la côte. — 7, Apophyse épineuse.

occupé par une substance spongieuse dans laquelle est creusé le canal médullaire. C’est ce que l’on remarque en pratiquant sur un os long une section parallèle ou perpendiculaire à son axe.

La grande résistance et la blancheur relative de la substance compacte ont permis à l’industrie de remplacer l’ivoire par les os dans un grand nombre d’ouvrages.

La substance spongieuse doit son nom à la ressemblance de sa texture avec celle d’une éponge ; elle est, en effet, comme le tissu cellulaire, formée d’aréoles nombreuses, qui communiquent toutes entre elles. On peut s’en assurer en pratiquant deux trous aux extrémités d’un os long et en versant un liquide par l’orifice supérieur, on le verra s’écouler par l’orifice inférieur.

Sur un os frais, ces auréoles sont comblées par une substance rougeâtre appelée moelle, qu’il ne faut pas confondre avec la moelle épinière. Celle-ci est une portion des centres nerveux, tandis que l’autre est constituée par une grande quantité de graisse renfermant des éléments anatomiques qui ont reçu le nom de médullocelles ou de myèloplaxes.

On a attribué de tous temps à la moelle des os des vertus nutritives et thérapeutiques qu’elle ne possède certainement pas : ainsi on raconte cju’Acbille dut son énergie à la moelle de lion dont il

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faisait sa nourriture ordinaire, et, de nos jours, on accorde une grande confiance aux frictions faites, avec de la moelle de bœuf, le long de la colonne vertébrale, pour remédier à la faiblesse et à la paralysie des membres. Les pommades parfumées, dites à base de moelle de bœuf, ont aussi la réputation non inoins contestable de « régénérer la chevelure » .

Les éléments de la moelle n’occupent pas seulement les aréoles de la substance spongieuse des os, ils s’infiltrent aussi dans tous les in-

PïTSfa

Fig. H. — Coupe longitudinale du col du fémur d'un adulte (d’après Fort). On y voit la substance spongieuse centrale et la substance compacte périphérique. L’origine du canal médullaire apparaît au bas de la figure.

terstices de la substance compacte. Après la mort, la graisse de la moelle devient rance et jaunit les os. Cet inconvénient les a fait abandonner dans la confection des dents artificielles, et on leur a substitué, pour cet usage, des matières minérales dont la coloration est inaltérable.

Chez les oiseaux, les cavités aréolaires des os sont remplies d’air et non pas de moelle, parce qu’elles sont eh communication directe avec

les poumons : cette disposition contribue à la légéreté et à la rapidité du vol.

Avec l’àge, le tissu osseux se raréfie, c’est-à-dire que l’enveloppe compacte diminue d’épaisseur, tandis que le volume des aréoles s’accroît : de là, une plus grande fragilité des os et la fréquence de leur fracture chez les vieillards. On sait, en effet, que, dans an âge avancé, il est facile de se briser la cuisse en se retournant dans son lit.

La substance compacte a les mêmes caractères microscopiques et chimiques que la substance spongieuse. Ces deux substances ne diffèrent entre elles que par leur aspect extérieur : l’une se présente à l’état condensé, l’autre à l’état raréfié. D’après une comparaison

Fig. 15. — Coupe longitudinale d’une lamelle d’un os long. On y voit les canaux de Havers et leurs anastomoses.

ingénieuse, souvent employée dans les cours d’anatomie, la substance spongieuse serait à la substance compacte ce qu’un fragment de mie de pain est à la masse qu’elle forme après avoir été pétrie.

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