PHOSPHATES DE SOEDE, DE CHAUX ET DE A1A.GÏVÉSIE
— La présence des phosphates dans l’urine explique comment Brandt, de Hambourg, découvrit, vers 1670, le phosphore en cherchant dans ce liquide la pierre philosophale. On peut, avec la quantité de phosphates fournie par les urines dans les vingt-quatre heures, tirer à peu près 1 gramme de phosphore.
La proportion des phosphates diminue dans la phthisie et augmente dans le rachitisme et l’ostéomalacie.
Les sédiments colorés en blanc plus ou moins sale qui se déposent au fond des vases, sont généralement formés de phosphate de chaux et de phosphate ammoniaco-magnésien.
Le phosphate de soude concourt, avec l’acide urique, à donner à l’urine son acidité. C’est à cause de sa réaction acide que, d’après Percy, les anciens Celtibériens se nettoyaient les dents avec de Turino.
Fig. 444. — Cristaux de phosphates ammoniaco-magnésiens.
Les phosphates qu’elle renferme et aussi son urée et ses urates en font un excellent engrais. Malheureusement, il s’en perd chaque année plus de 10 milliards de kilogrammes qui pourraient être utilisés au profit de l’agriculture.
priacides anormaux de L’ERiAE. — On rencontre encore dans les urines un grand nombre de substances qui, ne pouvant concourir à la réparation des tissus, sont éliminées sans avoir subi de modifications appréciables, l’alcool par exemple. Cette substance se retrouve en nature dans les urines, mais en si faible proportion, qu’il est difficile d’admettre, avec Darwin, qu’un individu se soit enivré en
buvant l’urine d’un de ses amis qui avait pris une grande quantité de boissons alcooliques.
Dans différents états morbides, l’urine renferme aussi des éléments étrangers à sa constitution, tels que du sang (hématurie), du sucre de raisin (diabète), de la bile (jaunisse), de l’albumine (albuminurie), du pus provenant de l’inflammation catarrhale de la muqueuse urinaire, et enfin des concrétions formées d’oxalate de chaux (fig. 445), de
Fig. 445. — Cristaux d’oxalale de chaux.
phosphates ammoniaco-magnésiens (fig. 444), qui constituent, avec les sédiments d’acide urique et d’urates, les trois genres de gravelle : oxalique ou blanche, phosphatique également blanche et urique ou rouge.
de l’uroscopie. — S’il est vrai, comme nous venons de le voir, qu’un certain nombre d’affections font subir aux urines des modifications sensibles, la plupart des maladies n’exercent le plus souvent aucune action spéciale sur les caractères chimiques et physiques de ce liquide. L’urine « de l’égrotant » ne peut donc fournir à l’examen, malgré le Sganarelle du Médecin volant , des indices suffisants pour établir le diagnostic sérieux et, par suite, le traitement rationnel d’une maladie quelconque. Telle est cependant la prétention de Yuroscopie ou de Vuromancie. Aussi peut-on dire, avec Tissot, que « quiconque prescrit un médicament sur la seule inspection des urines est un fripon et que quiconque en fait usage est un sot. »