HAUTEUR DE LA COLOMBIE
— La hauteur de la colonne vertébrale est, à peu de chose près, la même pour tous les individus ; elle est, en moyenne, de 73 centimètres pour les hommes et de 69 pour les femmes. Les variations de la taille ne dépendent donc pas des dimensions du rachis, mais, ainsi que nous le verrons bientôt, de celles des membres inférieurs.
DIRECTION DE UAlCOEOAINK.
gibbosités. — Considérée dans son ensemble, la colonne vertébrale présente quatre indexions alternatives (fîg. 66) : uneconvexe au cou, une autre concave au dos, une troisième convexe aux lombes et une dernière concave dans le bassin.
Ces courbures multiples ont pour but d’assurer une grande solidité au rachis. Les lois de la mécanique démontrent, en effet, que si la colonne vertébrale était rectiligne, sa force de résistance serait moins grande.
Les courbures vertébrales s’exagèrent avec l’âge ; elles s’accusent encore sous l’influence des professions, et, comme le dit Bichat, on ne saurait se méprendre entre le soldat qui a vieilli dans les rangs et le laboureur qui a passé sa vie penché sur sa charrue.
Fig. 56. — Colonne vertébrale.
Atlas. — b, Axis. — c. Septième cervicale ou proéminente. — d. Première dorsale. — c, Dixième dorsale. — f, Onzième dorsale. — g. Douzième dorsale. — A, Cinquième lombaire. — i, Sacrum. — 1, 1,2, 2. Facettes s’articulant avec l’extrémité postérieure des côtes. — 3, 3, Trous de conjugaison pour le passage des nerfs rachidiens. — -4, Facette articulaire de la dixième dorsale pour la dixième côte. — 5, 5'. Facettes pour la onzième et la douzième côte.
DE LA LOCOMOTION
Lorsqu’elles sont exagérées, les courbures produisent les gibbosités ( gibbosus , bossu) et prennent les noms de cyphose (vluqoç, plié), lordose (Xcp56ç, courbe), scoliose (axoXtoç, tortueux), selon que la convexité est dirigée en arrière, en avant ou latéralement. La première déformation (fig. 57) s’observe dans le rachitisme et la carie vertébrale
Fig. 57. — Cyphose. ....... ouuuuse:
1, Région cervicale. — 2, Région décrivant 1, Région cervicale à convexité dirigée à une courbure à convexité dirigée en arrière. droite. — 2, Région dorsale dirigée à gauche.
— 3, Région lombaire décrivant une con- 3, Région lombaire à convexité dirigée à
vexité dirigée en avant. — 4, Sacrum. droite. — 4, Sacrum.
(fig. 61) ; la lordose des reins ou ensellure est déterminée le plus souvent par l’inflammation de la hanche, appelée coxalgie ( coxa3 hanche ; aXyoç, douleur) : peu accentuée, la lordose constitue la cambrure (camerare, voûter) ; enfin la scoliose (fig. 58), la plus fréquente des gibbosités, se rencontre surtout chez les jeunes filles que l’on retient trop longtemps assises et qui prennent des attitudes vicieuses. On a encore signalé l’habitude de tenir par la main les enfants en bas âge comme une cause de déviation latérale de la colonne vertébrale.
La scoliose est presque toujours à droite, parce que la colonne vertébrale présente une légère courbure latérale à convexité dirigée de ce
côté. Cette inflexion dépend, comme l’a dit Bichat, de l’usage plus habituel que nous faisons du bras droit. On sait, en effet, que lorsqu’on porte un fardeau du bras droit, le corps s’incline à gauche pour maintenir l’équilibre : d’où la déviation latérale de la colonne vertébrale.
L’attitude que prennent les enfants en écrivant de la main droite,
Fig. 59. — Bonne et vicieuse position pour écrire. (D’après le Dr Roth).
la tête inclinée sur l’épaule gauche, détermine la scoliose par le même mécanisme (fig. 59).
CARACTÈRES GÉNÉRAUX RES VERTÈBRES. — Dan S chaque
vertèbre (fig. 60), on distingue d’avant en arrière : un corps , un trou
Fig. 60. — Coupe horizontale du con an niveau de la sixième vertèbre cervicale.
Peau. — 2, Aponévrose enveloppant les muscles du cou 3, 4, 5, 6. — C, Trou vertébral de la sixième vertèbre. En avant on voit le corps, en arrière l’apophyse épineuse, et sur les côtés les apophyses transverses, percées d’un trou, pour laisser passer les artères vertébrales qui se rendent au cerveau.
et une apophyse épineuse ; latéralement, on remarque les apophyses transverses.
1° CORPS DES VERTÈBRES, CARIE VERTÉBRALE. — Le
DE LA LOCOMOTION
corps des vertèbres a la forme d’un segment de cylindre; c’est lui qui donne la résistance à la colonne vertébrale et qui supporte le poids du tronc, de la tête et des membres supérieurs. Il est souvent le siège de la carie dite mal vertébral de Pott , parce que ce chirurgien anglais en a le premier donné une bonne description. Dans cette affection, l’os se ramollit et suppure ; le corps de la vertèbre est dès lors incapable de supporter le poids du tronc, il s’affaisse sur lui-même et détermine une déformation caractéristique de la colonne vertébrale (fig. 61). Le pus qui résulte de cette lésion osseuse vient former des
Fig. 61. — Gibbosité de la carie vertébrale.
collections purulentes à une certaine distance du point malade, le plus souvent au niveau de l’aine : aussi les a-t-on appelées abcès par congestion ( cum , avec ; gerere, porter) (fig. 62).
Chaque corps de vertèbres est séparé des autres par l’interposition d’un coussinet fibro-cartilagineux ou disque intervertébral , qui constitue le plus puissant moyen d’union de la colonne vertébrale. Ces disques empêchent l’usure des corps vertébraux en même temps qu’ils amortissent les secousses de la locomotion. Ils s’aplatissent et concourent, avec la raréfaction du tissu osseux et l’exagération des courbures de la colonne vertébrale, à la diminution de la taille chez les vieillards.
2° trou vertébral. — Le trou vertébral (fig. 52) a la forme triangulaire ; il constitue avec le trou des autres vertèbres le canal rachidien. En arrière, les parois de ce trou sont représentées par une surface lisse appelée lame. Toutes les lames d’un même côté sont
unies entre elles par un ligament très-résistant, élastique, qui est le principal agent de contention de la colonne : on lui a donné le nom de ligament jaune à cause de sa couleur; communément on l’appelle
Fig. 62. Abcès par congestion. Suite d’une carie de la région lombaire.
« tirant ». C’est lui qui tend à faire reprendre à la colonne fléchie sa position normale ; il agit à la façon d’un ressort.
3° apophyses des vertèbres. — Les apophyses épineuses et transverses sont de petits leviers osseux qui donnent insertion aux muscles (fig. 60) destinés à faire mouvoir la colonne vertébrale : les premières forment Yépine du dos et limitent les mouvements d’ex-
i. Arc antérieur. — 2, Arc postérieur. 3, Facettes qui s’articulent avec les condyles de l’occipital. — 4, Trou par lequel passe l’artère vertébrale qui se rend au cerveau. — 5, Apophyse odontoïde de l’axis. — 6, 7, Ligaments qui maintiennent l’axis en position.
tension ; les autres présentent à leur base deux apophyses articulaires qui, s’engrenant avec celles des vertèbres voisines, limitent les mouvements d’inclinaison latérale.
Les apophyses trans verses sont soudées au corps de la vertèbre par
DE LA LOCOMOTION
un pédicule vertical échancré sur ses bords. Les échancrures forment entre elles des trous, dits de conjugaison (3, fig. 56), qui laissent passer les nerfs rachidiens.