II. — Des muscles du corps en particulier
Nous passerons successivement en revue les muscles principaux de la tête, du cou, du tronc et des membres.
1° mcsciæsdelatête, — Les muscles de la tête sont divisés en deux groupes distincts : les muscles masticateurs et les muscles peauciers . •
Les muscles masticateurs servent à l’acte delà mastication ; aussi sont-ils très développés chez les grands mangeurs. Ils comprennent le MASSÉTER(^aaaôput, je mâche) (pl. II, B, 4), dont les fibres postérieures déterminent la luxation de la mâchoire inférieure, quand la bouche est largement ouverte , comme dans le bâillement ; le temporal ou crotaphite (xpoiacpoç, tempe) et les ptérygoidiens (flg. 108) qui aident à la trituration des aliments par des mouvenrients de déduction du maxillaire inférieur. Ces muscles sont atteints de trismus ((tolÇw, je grince) dans le tétanos (xeiveiv, tendre), c’est-à-dire qu’ils se contractent
spasmodiquement pendant un laps de temps indéfini et déterm inen une immobilité absolue de la mâchoire inférieure. L’empoisonnement par la strychnine produit le même effet.
Les contractions des muscles masticateurs sont très-énergiques chez certains individus ; elles ont permis à Cynégire, le héros de la bataille de Salamine, de saisir par les dents la galère ennemie. Il n’est pas rare de voir des batteleurs soulever des poids énormes avec leurs seules mâchoires. Une jeune américaine, Miss Léona Dare, a fait courir tout Paris au Cirque, en tenant entre ses dents un trapèze sur lequel un gymnaste faisait des exercices de souplesse. Tophan, le boxeur anglais, dont nous avons déjà parlé, soulevait avec les dents une table longue de 6 pieds portant un demi quintal suspendu à son extrémité.
Les muscles peaueiers sont ainsi appelés parce qu’ils se fixent à la couche profonde de la peau par une de leurs extrémités. Ils sont au nombre de vingt et concourent tous au jeu de la physionomie ; aussi les considère-t-on comme l’alphabet du langage des passions. On les divise en muscles du crâne et muscles de la face.
A. muscles »u cra^e.— Ces muscles comprennent : le frontal ou muscle de l’attention et de l’étonnement, qui élève les sourcils en déterminant des rides transversales sur le front ; et I’occipital qui entraîne le cuir chevelu en arrière, et efface en partie les rides du front. La contraction alternatives de ces deux muscles antagonistes produit un mouvement de locomotion du cuir chevelu très-accentué chez certaines personnes.
B. MUSCLES 1>E LA EACE. LA PIIYSIOGXOMOXIE. — Les
muscles de la face, considérés au point de vue fonctionnel, peuvent être classés en trois groupes principaux selon qu’ils font mouvoir les paupières, le nez ou la bouche. C’est au jeu combiné de ces différentes parties de la face que le visage doit la mobilité et la variété de ses expressions. La figure 109, qui représente les trois états les plus opposés de l’âme : le calme, la gaieté et la tristesse, en est une preuve irrécusable. Dans la religion antique, ces trois figures symbolisaient la sagesse, la volupté et l’orgueil, et servaient à personnifier les trois déesses du jugement de Pàris : Minerve, Vénus et Junon.
Humbert de Superville, qui a reproduit ces figures dans son traité Des signes inconscients de Vart, observe que la nature et l’architecture présentent les mêmes caractères : les lignes horizontales inspirent le sentiment du calme et de la majesté (le cèdre et le temple grec) ; les lignes inclinées en bas font naître l’impression de la tristesse (le saule pleureur et l’architecture des tombeaux) ; enfin les lignes obliques en haut donnent l’idée de la gaieté (la plupart des arbres et les pagodes chinoises).
DE LA LOCOMOTION
Fig. 107. — Système musUlaire.
4, Frontal. — 2, Auriculaire supérieur. — 3, Masséler. — 4, Zygomatique. — 1 5, Orbiculaire des lèvres. — 6, Sterno-mastoïdien, — 7, Grand pectoral. — 8, Trapèze. — 9, Grand dentelé. — 10, Grand oblique. — 11, Droit de l’abdomen. — 12. Deltoïde, — 13, Brachial antérieur. — 14, Biceps. — 13, Triceps. — 16, Rond pronateur. — 17, Grand palmaire. — l8, Petit palmaire. — 19, Cubital antérieur. — 20, Long supinateur. — 21, Premier radial externe. — 22, Long abducteur du pouce. — 23, Court extenseur du pouce. — 24, Extenseur de l’index. — 25, Couturier. — 26, Psoas, — 27, Pectiné. — 28, Moyen abducteur. — 29, Droit interne. — 30, Vaste interne. — 31, Droit antérieur. — 32, Vaste externe. — 33, Moyen fessier. — 34, Tenseur du fascia lata. — 35, Jambier antérieur. — 36, Extenseur propre du gros orteil. — 37, Extenseur commun des orteils. — 37, Jumeau interne. — 39, Soléaire. — 40, Ligament annulaire du tarse. — 4t, Eminence Ihénar. — 42, Eminence bypoténar. (Figure extraite de Y Anatomie de M. Fort.)
Les muscles de la face servent donc à modifier les traits du visage et, par suite, à exprimer les passions ; d’où leur nom de musCsles de Vexpression, proposé par Mathias Duval. En se contractant, chaque muscle de la face détermine dans la peau des plis qui, suivant la remarque de Camper, ont une direction perpendiculaire à celle du muscle. Ces plis peuvent devenir permanents lorsque, sous l’iniluence de chagrins prolongés ou de passions violentes, on a pris l’habitude de contracter fréquemment les muscles qui les produisent. De là, la possibilité de connaître le caractère des hommes par l’inspection des traits de leur visage immobile. Cette influence incontestable du moral sur les habitudes physiques du visage constitue la physiognomonie. Mais les écrivains qui, depuis Aristote jusqu’à Lavater, se sont livrés à cette étude, sont tombés dans l’exagération et la fantaisie en voulant sortir de ces vagues données générales pour établir, sur des lois précises, les rapports de l’àme et de la physionomie.
a. muscles des paupières. — Les muscles qui font mouvoir les paupières sont : Forliculaire des paupières ou muscle de la
Fig. 108. — Muscles plérygoïdiens de la mâchoire inférieure.
1, Masséter. — 2, Ptérygoïdien externe. — 3, Ptérygoïdien interne, — 4, Génio-hyoïdiens. — 5, Génio-glosses. — 6, Coupe du rocher. — 7, Trompe d’Eustache. — 8, Péristaphylin externe. — 9, Péristaphylin interne. — 10, Luette — 11, Orifice postérieur des fosses nasales. 12, Apophyse ptérygoïde. — 13, Orifice du canal dentaire.
réflexion, du mépris et des pleurs, et le sourcilier ou muscle de la douleur, qui rapproche les sourcils et détermine la formation de rides verticales sur la ligne médiane. Les muscles du globe oculaire seront étudiés au chapitre de la vision.
b. muscles ou aez. — Les muscles qui président aux mouve-
DE LA LOCOMOTION
ments du nez (pl. II, B) sont : le pyramidal ou muscle de la méchanceté ; le transverse dû nez ou muscle de la lubricité ; le myrtiforme qui, avec le triangulaire des lèvres, exprime la tristesse ; et le dilatateur des narines qui se contracte dans les passions violentes.
c. muscles de la bouche. — La bouche doit sa mobilité aux douze muscles que nous allons signaler.
Le buccinateur ( de buccina, trompette) (pl. II, B, 5) ou muscle de l’ironie, agit dans la succion et facilite la mastication. Il sert aussi à pousser l’air hors de la bouche, comme lorsqu’on joue d’un instrument à vent; son nom lui vient d’ailleurs de cette dernière attribution.
L’orbiculaire des lèvres (pl. II, B. 10) exprime la bienveillance, les passions agressives et le dédain, selon que les fibres inférieures,
Fig. 109. — Schéma extrait de la Grammaire des arts du dessin , de Ch. Blanc.
concentriques ou excentriques de ce muscle, entrent en contraction. Il concourt aussi à resserrer la bouche comme dans le baiser et dans l’action de téter.
Le canin élève la lèvre d’un seul côté et produit le ris canin, sardonique ou moqueur.
Le carré du menton (pl. II, B, 6) se contracte dans l’ironie.
L’élévateur commun de l’aile du nez et de la lèvre supérieure joint ses contractions à celles de I’élévateur propre de la lèvre supérieure quand on pleure à chaudes larmes.
Le triangulaire des lèvres (pl. II, B, 11) exprime la tristesse.
Le risorius de Santorini doit son nom au sourire qu’il détermine, en tirant légèrement en arrière les commissures des lèvres. Ce muscle n’est pas constant ; lorsqu’il existe, il peut être considéré comme une dépendance du peaucier (pl. Il, A, 4).
Le muscle de la houppe du menton aide à l’expression du dédain.
Le petit zygomatique partage l’insertion inférieure ainsi que l’action du muscle élévateur propre de la lèvre supérieure.
Le grand zygomatique (pl. II, B, 7) ou muscle bouffon est, suivant Duchenne (de Boulogne), le seul qui exprime complètement la joie
depuis le simple sourire jusqu’au rire le plus fou. Ce muscle est souvent double et quelquefois triple chez les acteurs comiques. Il existe
Fig. 110. — Muscles du plancher de la bouche et du cou.
1 , Muscle sterno-matoïdien. — 3, Muscle omo-hyoïdien. — 4, Muscle sterno-hyoïdien. — 5, Sterno-thyroïdien. — 7, 19, Artère carotide primitive. — 10, 33, Muscle digastrique. — 11, Glande salivaire sous-maxillaire. — 12, Trachée-artère. — 14. Veine- sous-clavière. — 15, Veine jugulaire interne. — 16, Artère sous-clavière. — 20, Nerf pneumogastrique. — 21, Œsophage. — 22, Corps thyroïde. — 24, Coupe du muscle sterno-mastoïdien. — 25, Muscle crico-thyroïdien. — 27, Cartilage thyroïde. — 28, Muscle thyroïdien. — 34, Muscle mylo-hyoïdien. — 35, Artère et veine faciales.
aussi chez la plupart des animaux, bien que le rire appartienne exclusivement à l’homme.
2° muscles ou cou. torticolis. — Parmi les muscles du cou, nous ne parlerons que du sterno-cléido-mastoïdien, des muscles
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abaisseurs de la mâchoire inférieure et de quelques muscles de la nuque.
Le sterno-cléido-mastoïdien (1, fig. 110) est ainsi nommé parce qu’il s’insère, en haut, à l’apophyse mastoïde du temporal et se fixe, en bas, par deux faisceaux à la clavicule et au sternum. Lorsque les deux muscles agissent simultanément, ils fléchissent la tête sur le thorax; et, si l’un d’eux se contracte isolément, ce dernier incline la tête de son côté en dirigeant la face du côté opposé. C’est l’attitude que prend la tête dans le torticolis : affection qui, le plus souvent, résulte de la contracture de l’un des muscles sterno-cléido-mastoïdiens.
Lorsque le torticolis devient permanent, on est obligé, pour redresser la tête, de recourir à l’opération de la ténotomie (tsvwv, tendon ; section), c’est-à-dire de pratiquer la section de l’une des attaches inférieures du muscle contracturé. La section porte, le plus souvent, sur le faisceau sternal (fig. 111).
Les muscles abaisseurs de la mâchoire inférieure sont: le digastrique (8iç, deux; facr/jp, ventre), ainsi appelé parce qu’il est formé de deux parties charnues séparées par un tendon intermédiaire, il va du temporal à l’os hyoïde et de là se réfléchit pour se terminer au-dessous du menton (10, fig. 110) ; le milo-hyoïdien (34) et le génio-hyoïdien (4, fig. 108) qui s’étendent du maxillaire inférieur à l’os hyoïde, et se
Fig. 111. — Section du sterno-mastoïdien, dans le torticolis.
confondent sur la ligne médiane avec ceux du côté opposé, pour former le plancher de la bouche.
Les principaux muscles de la nuque (fig. 112) s’étendent de l’occipital aux vertèbres cervicales ; ils sont extenseurs de la tête et concourent par leur tonicité à la maintenir en équilibre sur la colonne vertébrale : tels sont les muscles splénius (gtcX^viôv, compresse) (fig. 113) que l’on a comparés à une compresse pliée et fendue ; les grands
et les petits COMPLEXUS (fig. 112) qui doivent leur nom à l’entrecroisement complexe de leurs fibres ; enfin les grands et les petits droits postérieurs de la tête qui occupent les parties profondes de la nuque.
Fig. 112. — Muscles du dos et de la nuque.
1, Petit oblique. — 2, Grand droit postérieur. — 3, Grand oblique. — 4, 5, 8, Petit complexus. — 6, Grand complexus. — 7, Trans verse du cou. — 9. 10. Transversaire épineux. — 11, 12, 14, Long dorsal. — 13, 13, Sacro-lombaire. — 16, Masse commune. — 17, Aponévrose des muscles spinaux. — 18, Transverse de l’abdomen. — 19, Petit oblique de l’abdomen. — 20^ Grand fessier.
30 muscles ou tro\c. lombago. — Ces muscles comprennent ceux du thorax et de l’abdomen ; ils occupent les parois ou l’intérieur de ces cavités.
Les muscles des parois du thorax sont, pour la région antérieure:
DE LA LOCOMOTION
je grand pectoral (pi. III, A, 1), qui porte le bras en avant et en dedans ; le petit pectoral (A, 6, verso), qui dirige le moignon de l’épaule en bas, en avant et en dedans ; le sous-clavier (A, 5, verso), qui, comme son nom l’indique, est situé au-dessous de la clavicule ; enfin les muscles intercostaux (pl. II, B, 4) internes et externes, qui forment deux couches superposées et remplissent les espaces de la cage thoracique.
En arrière, les parois du thorax sont recouvertes par les muscles du dos disposées en quatre couches superposées. Le trapèze (fig. 113), qui agit dans le haussement des épaules, occupe la couche superficielle (1) ; au-dessous de lui se trouve le grand dorsal qui est l’antagoniste du grand pectoral et porte le bras en bas, en arrière et en dedans : les anciens anatomistes lui avaient donné le nom significatif de scalptor ani. La couche profonde est occupée par les muscles spinaux (fig. 112). Ces muscles sont constitués par le sacro-lombaire, le long dorsal, et le transversaire épineux ; ils se confondent à leur origine inférieure en une masse commune, qui est le siège le plus fréquent du lombago ( lumbi , lombes). Ils agissent à la façon des muscles de la nuque, et sont extenseurs de la colonne vertébrale : ils permettent à celle-ci de résister au poids des viscères thoraciques et abdominaux qui tendent à la fléchir en avant. La fatigue qui accompagne la station verticale ou assise prolongée se produit dans ces muscles. Ce sont eux qui interviennent avec le plus d’énergie dans l’effort que' fait un homme pour soulever un fardeau de terre ; nous avons déjà estimé cette force rénale à environ 150 kilogrammes. Elle était exceptionnellement développée chez le lutteur Topham qui souleva, en 1741, à Derby, trois tonneaux pleins d’eau représentant un poids de 918 kilogrammes.
Les côtés du thorax sont occupés par les muscles grands dentelés (pl. III, A, 3) qui vont des côtes à l’omoplate ; ils sont ainsi appelés parce qu’ils présentent des digitations qui s’entre-croisent avec celles des grands obliques de l’abdomen.
Les muscles des pavois de l’abdomen sont représentés par deux muscles longs : le droit de l’abdomen (pl. III, A, 4) et le pyramidal (A, 21), et par trois muscles larges superposés : le grand oblique. (A, 2), le petit oblique (A, 9 , verso) et le transverse (A, 10, verso). Ces muscles se terminent, en avant, par des fibres aponévrotiques qui s’entre-croisent sur la ligne médiane et forment un raphé résistant, appelé ligne blanche. Cette ligne présente un orifice losangique qui constitue l’ombilic
(1) L’ensemble des deux muscles trapèzes, dit M Duval, dessine sur l’écorché du clos une figure triangulaire, à sommet inférieur, qui rappelle le contour d’un capuchon de mo;ne; aussi a-t-on donné parfois au trapèze le nom de muscle cucullaire cucuitus capuchon) ; les artistes le nomment familièrement le capuchon ou le fichu
(A, 5). L’aponévrose du grand oblique est percée, à sa partie inférieure,
Fig. H 3. — Système musculaire.
1, Trapèze. — 2, Grand dorsal. — 3, Splénius. — 4, Sterno-raastoïdien. — 5, Sous-épineux. — G, Petit rond. — 7, Grand rond. — 8, Deltoïde. — 9, Triceps brachial. — 10, Long supinateur. — 11, Premier radial externe. — 12, Anconé. — 13, Cubital postérieur. — 14, Extenseur propre du petit doigt. — 15, Extenseur commun des doigts — 16, Long abducteur du pouce. — 17, Court extenseur du pouce. — 18, Long extenseur du pouce. — 19, Ligament du carpe. — 20, Grand oblique de l’abdomen. — 21, Grand fessier. — 22, Moyen fessier. — 23, Biceps. — 24, Demi-tendineux. — 25, Demi-membraneux. — 26, Droit interne. — 27, Jumeau externe. — 28, Jumeau interne. — 29, Soléaire. — 30, Long péronier. — 31, Court péronier latéral. (Figure extraite de \’ Anatomie de M. Fort.)
d’une ouverture, appelée anneau inguinal (A, 20), qui laisse passer les
DE LA LOCOMOTION
viscères abdominaux dans les hernies. Les muscles de l’abdomen ont pour action de refouler ces viscères pendant l’expiration, et de les comprimer dans l’acte de la défécation ; de plus, les muscles droits de l’abdomen fléchissent le bassin sur le thorax, et réciproquement.
Les muscles intérieurs du tronc SOnt le TRIANGULAIRE DU STER-
Fig. 114. — Muscles psoas-iliaques.
A, Aorte. — B. Artère iliaque primitive. — C, Artère iliaque externe. — D, Artère iliaque interne. — E, Veine cave inférieure. — F, Veine iliaque primitive, — G, Veine iliaque externe. — H, Sacrum. — I, Angle sacro-vertébral. — J, Muscle carré des lombes. — KK, Muscles psoas. — LL, Muscles iliaques. — MM, Muscles obturateurs. — N, Symphyse du pubis. — PP, Fémurs. — RR, Coupe des muscles de la paroi abdominale.
num (pl. III, B, 1, verso ) situé dans le thorax, en arrière du sternum ; le carré des lombes (J, fig. 114), qui s’étend en arrière de la cavité abdominale, entre la dernière côte et la crête du bassin ; le psoas (^oat, les lombes) (K, fig. 114), qui part des vertèbres lombaires et se fixe à la partie supérieure du fémur : c’est à l’intérieur de sa gaine, que fuse généralement le pus des abcès migrateurs dans la carie des vertèbres
(fig. 62) ; enfin, le diaphragme (ot«, entre; <pp dcy^a, cloison), qui, après le cœur, est le muscle le plus important de l’économie.
Le diaphragme (pl. III, E et M) est une cloison musculaire disposée en voûte, qui sépare la cavité de la poitrine de celle de l’abdomen ; il s’insère par son pourtour à la base du thorax, et se fixe en arrière aux vertèbres lombaires par deux faisceaux, appelés piliers ou jambes. Sa partie culminante, de nature aponévrotique, a reçu le nom de centre ou trèfle phrénique (©psvéç, diaphragme), à cause de sa forme ; c’est sur ce plan fibreux que repose le cœur. Ce muscle est percé d’orifices qui laissent passer les organes communs à la cavité thoracique et abdominale, tels que l 'œsophage, l’artère aorte , la veine cave inférieure, etc. Il est en contact, par sa face supérieure, avec les poumons et le cœur, et, par sa face inférieure, avec l’estomac, le pancréas, la rate, le foie, les reins et les intestins. Ses rapports avec l’estomac expliquent la gêne de la respiration après un repas copieux; ses rapports avec le foie et le poumon droit font comprendre comment le pus d’un abcès du foie peut, après avoir perforé le diaphragme, passer dans les bronches, et de là être rejeté par la bouche.
Le diaphragme est le muscle essentiel de la respiration : il s’abaisse pendant l’inspiration, et refoule les viscères de l’abdomen en faisant bomber ses parois. La contraction spasmodique et subite du diaphragme est accompagnée d’un bruit rauque tout particulier, auquel on a donné le nom de hoquet. Quelques auteurs pensent à tort que les plaies du diaphragme produisent le rire sardonique.