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I. — Enveloppes ou méninges

Les membranes qui entourent l’axe cérébro-spinal sont de la périphérie au centre : la dure-mère , Y arachnoïde et la pie-mère. Ces enveloppes forment trois gaines superposées et emboîtées les unes dans les autres.

1° dure-mère, migrmne. — La dure-mère a été ainsi appelée, parce que le mot mère était donné par les Arabes à l’enveloppe d’un corps quelconque. Le qualificatif « dure » indique qu’elle est la plus éloignée des membranes qui recouvrent les centres nerveux. La piemère ou « mère-pieuse » doit, au contraire, son nom à ce qu’elle s’applique directement sur l’axe cérébro-spinal et l’accompagne dans ses moindres replis.

La dure-mère est une membrane fibreuse, nacrée et très-résistante qui tapisse la paroi interne des os du crâne, dont elle -représente le périoste interne, et se prolonge dans le rachis. Elle est douée d’une

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exquise sensibilité, et il suffit de la pincer faiblement pour que l’animal donne aussitôt des marques d’une vive douleur. Certains physiologistes en ont même fait le siège de la migraine.

Cette membrane présente des cloisons destinées à prévenir la compression mutuelle des différentes parties de l’encéphale : elles sont désignées, en raison de leur forme, sous les noms de faux du cerveau (fig. 139), faux du cervelet et tente du cervelet (fig. 140). Les deux

Fig. 139. — • Dure-mère et ses sinus.

1, Faux du cerveau. — 2, Tente du cervelet. — 3, Cornet supérieur. — 4, Veines de Galien. — 5, Sinus droit. — 5, Pressoir d’Hérophile. — 6, Sinus longitudinal supérieur. — 7, Sinus longitudinal inférieur. — 8, Faux du cervelet. — 9, Canal rachidien. — 10, Cornet inférieur * des fosses nasales.

premières sont verticales et s’interposent l’une aux hémisphères du cerveau, l’autre aux hémisphères du cervelet; la dernière est horizontale et sépare le cerveau du cervelet. Grâce à cette disposition, les centres nerveux ne peuvent être ébranlés par des chocs extérieurs, ni par les secousses de la locomotion ; ces cloisons servent donc d’appareils de contention et de sustentation.

sireus 5>e iiÆL dure-mère. — La dure-mère renferme dans son épaisseur des canaux prismatiques ou s inus (mot latin signifiant golfe), qui tous communiquent entre eux et reçoivent le sang veineux des parties contenues dans la cavité crânienne. Ces sinus (fig. 139) reçoivent, en outre, des veines qui traversent les parois du crâne et établissent ainsi une communication directe entre la circulatiou veineuse extra et intra-crânienne. Cette particularité anatomique justifie l’application des sangsues derrière les oreilles, ou à l’intérieur des

fosses nasales dans les affections cérébrales; elle explique la gravité des anthrax de la nuque et des érysipèles du cuir chevelu ainsi que ceux de la face, par leur propagation aux méninges crâniennes.

2° arachnoïde. — L’ Arachnoïde (àpdavrj, toile d’araignée; efôoç, ressemblance) est une membrane séreuse, transparente, interposée entre la dure-mère et la pie-mère. Elle doit son nom à la finesse

Fig. 140. — Tente du cervelet.

1, Bosse orbitaire. — 2, Gouttière etbmoïdale. — 3, Trou borgne. — 4,Chiasrna des nerfs optiques. — 5, Artère carotide interne. — 6, Glande pituitaire. — 7. Nerf moteur oculaire commun. 8, Coupe des pédoncules cérébraux. — 9, Fosse sphéno-temporale de la base du crâne. — 10, Foramen ovale. — 11, Glande pinéale. — 12. Nerf récurrent de la tente du cervelet. — 13, Tente du cervelet. — 14, Veine de Galien. — 15, Insertion de la faux du cerveau sur la tente du cervelet. — 16, Coupe du sinus longitudinal supérieur. (Figure extraite de Y Anatomie de M. Fort.)

extrême de sa texture. Cette membrane est reliée à la pie-mère par un tissu filamenteux très-vasculaire, qui contient dans ses larges mailles un liquide limpide et salé appelé liquide céphalo-rachidien.

liquide cÉs*nAi^©.isAci2ïs*gEïN;. — Ce liquide remplit toutes les anfractuosités des centres nerveux. Il fait l’office de coussin protecteur et sert de bain à l’encéphale qui, en vertu du principe d’Archimède, perd la plus grande partie de son poids : de 1,300 grammes il tomberait, d’après les calculs de Foltz, à 26 grammes. On sait en effet que lorsqu’on prend un bain, si l’on vient à soulever un membre

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hors de l’eau, il parait plus lourd que s’il est immergé. C’est d’ailleurs en faisant cette remarque que le géomètre de Syracuse découvrit le principe auquel nous faisons allusion : dans l’enthousiasme que cette découverte lui causa, il sortit du bain et s’élança dans la rue en criant son fameux : « euprjxa 1 »

Lorsque le liquide céphalo-rachidien est sécrété en trop grande abondance, il distend considérablement les parois du crâne et produit Y hydrocéphalie (u&op, eau; xeçaXY), tête) (fig. 36). Franck cite le cas d’un enfant âgé de dix mois, atteint de cette maladie et dont le crâne mesurait lra,40 de circonférence. Nous avons vu, dans l’étude du tissu cellulaire, comment certains batteleurs arrivaient à produire des hydrocéphales artificiels en leur insufflant de l’air sous le cuir chevelu.

3° pie-mère, ménikigixe. — La pie-mère est une membrane de nature cellulo-vasculaire dans le crâne et fibreuse dans le rachis ; elle recouvre immédiatement les centres nerveux et s’enfonce dans toutes les anfractuosités. Au milieu de sa trame celluleuse, cheminent et se subdivisent des myriades de vaisseaux capillaires qui pénètrent dans la pulpe cérébrale pour la nourrir ; elle envoie des prolongements dans les cavités ou ventricules du cerveau. Ces prolongements sont connus sous les noms de toile choroïdienne et de plexus choroïdes des ventricules latéraux (pi. I, fig. 3, D 1, 2).

A l’état normal, la pie-mère se détache avec facilité des centres nerveux ; c’est elle que les cuisinières enlèvent quand elles préparent une cervelle de mouton. Mais elle est adhérente aux couches superficielles de l’encéphale dans les cas pathologiques, dans la fièvre cérébrale, par exemple. Cette maladie résulte de l’inflammation de la pie-mère; aussi l’a-t-on encore appelée méningite. Dans cette affection, les cellules de la surface du cerveau sont plus ou moins directement atteintes : de là le délire, le coma, les paralysies et les contractures qui l’accompagnent.

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