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II. — Centres nerveux

D© l’encéphale.

DÉVELOPPEMENT DE L’E^ICÉPIIALE EX DE L’IMXELLI-

gence. — L’encéphale (sv, dans; xesaXvj, tête) est la partie des centres nerveux contenue dans la cavité crânienne ; il comprend : 1° le cerveau , 2' le cervelet , 3° Yisthme de V encéphale ou moelle allongée .

Cet organe a la forme d’un œuf dont la grosse extrémité serait

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dirigée en arrière. Son poids varie entre 1,300 et 1,500 grammes; il est plus considérable chez l’enfant que chez l’adulte, chez l’homme que chez la femme.

Le poids de l’encéphale est ordinairement proportionné au degré de l’intelligence : l’encéphale de lord Byron pesait 1,807 grammes; celui de Cuvier, 1,829 gr. et celui de Cromwell atteignait, paraît- il, 2,230 grammes ; celui des idiots descend quelquefois au-dessous d’un kilogramme. L’encéphale du cheval n’est pas plus volumineux que celui d’un enfant nouveau-né, de là sa facilité à s’effrayer et à s’emballer ; tandis que sa moelle épinière qui, nous le verrons bientôt, est le siège des manifestai ions de la vie automatique, présente des dimensions considérables. La loi de concordance que nous venons d’établir, entre le poids de l’encéphale et le degré d’intelligence, comporte de nombreuses exceptions ; ainsi il n’est pas rare de voir des hommes de génie avec une petite tête ; Voltaire en est un exemple frappant.

L’encéphale suit la loi physiologique des autres organes et se développe par l’exercice ; un travailleur de la pensée a une grosse tête comme un danseur a de gros mollets, et on n’a pas exagéré en racontant que Napoléon Ier était obligé de changer de chapeau après chaque bataille. MM. Lacassagne et Cliquet ont reconnu, à l’aide du confor mateur des chapeliers, que la tête des élèves du Val-de-Gràce est plus volumineuse que celle des malades de cet hôpital. Broca avait déjà constaté que les internes de l’hospice de Bicêtre avaient une plus grosse tête que les inürmiers.

CONFORMATION DE I/E\CÉPIîALE. SES MALADIES. —

L’encéphale est formé d’une masse de substance blanche centrale (pl. I, fig. 3), enveloppée d’une écorce de substance grise constituée par un amas considérable de cellules nerveuses : d’après les calculs de Meynert, les cellules cérébrales sont au nombre de 600 millions.

En raison de la mollesse et de la délicatesse de sa texture, la masse encéphalique est protégée par le crâne dont la disposition en voûte augmente la résistance ; il est recouvert lui-même, non sans motif, d’un cuir chevelu plus ou moins touffu. Les cheveux, en effet, ne servent pas seulement à orner le visage ; comme ils sont mauvais conducteurs de la chaleur et de l’électricité, ils mettent l’encéphale à l’abri des influences atmosphériques et, en vertu de leur élasticité, ils le protègent contre l’impression des corps extérieurs. Cette dernière propriété a été mise à profit dans les équipements militaires ; le crin qui orne certains casques n’a d’autre but que d’amortir les coups de sabre.

L’encéphale ne renferme jamais de tissu graisseux, parce que la résistance du crâne comprimerait la substance nerveuse quand les cellules graisseuses deviendraient trop abondantes.

DE I/INNERVATION

La texture de la pulpe encéphalique est si délicate qu’un violent ébranlement du crâne peut déterminer la mort subite par commotion cérébrale. La mollesse de ce tissu peut encore augmenter sous l’m-

Fîg, lit. — Coupe médiane de l’encéphale.

1, Circonvolution du corps calleux. — 2, Bourrelet. — 3, Trou de Monro. — 4, Corps calleux. — S, Septum lucidum. — 6. — Toile choroïdienne. — 7, Commissure grise. — 8, Aqueduc de Sylvius. — 9, Troisième ventricule. — 10, Tubercules quadrijumeaux. — 11. Quatrième ventricule. — 12, Protubérance annulaire. — 13, Bulbe rachidien. — 14, Nerf optique. — 15, Tuber cinereum. — 16, Commissure blanche antérieure. — 17, Arbre de vie. — 18, Cervelet. — 19, Lobe sphénoïdal.

fluence d’un trouble de la nutrition, comme on l’observe dans le ramollissement cérébral. Dans cette affection, les vaisseaux qui nourrissent les cellules de l’écorce cérébrale s’oblitèrent ; celles-ci s’atrophient consécutivement et perdent leur activité psycho motrice : de là les troubles physiologiques et intellectuels qui caractérisent cette maladie.

Certains agents, comme les acides chromique et azotique, ont la propriété de durcir et pour ainsi dire de momifier la substance nerveuse sans altérer ses rapports naturels ; aussi l’emploi de ces acides est-il d’un grand secours pour faciliter les recherches anatomiques des centres nerveux.

Du CERVEAU.

hémisphères cérébrale . — Le cerveau (de cervix9 tête) est la partie la plus volumineuse de l’encéphale. Un sillon médian ou

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scissure inter-hémisphérique (pl. I, fig. 3, B, 1) divise le cerveau en deux moitiés latérales, nommées hémisphères cérébraux ou mamelles cérébrales. Chaque hémisphère est subdivisé en trois lobes, visibles surtout à la face inférieure, qui ont reçu les noms de frontal, pariétal, temporal et occipital (fig. 142), à cause de leur rapport ^vec te «régions

correspondantes du crâne. L’hemisphère gauche, d apres Luys, est plus hâtif dans son développement que celui du cote droit, il le nasse de 5 à 7 grammes en poids. Cette différence d organisation est due à l’activité fonctionnelle plus grande de l’hémisphère gauche qui nous le verrons bientôt, tient sous sa dépendance les perceptions et les mouvements du côté droit du corps ainsi que 1 articulation des S0I1S*

fonctions »u CERVEAU. — Le cerveau est le centre perceptif et excitateur de tous nos actes physiques et intellectuels. C’est donc l’organe de la pensée: et ce fait est si généralement admis, que 1 on a coutume de dire d’une personne manquant de jugement qu elle est un cerveau faible, étroit ou vide, une tête sans cervelle, etc.

Les affections cérébrales consécutives à un excès de travail prouven bien que le cerveau est le siège exclusif de l’intelligence. De la vient le dicton : La sottise entretient la santé. On peut rappeler lepigramme que fit Lebrun sur un poète de son temps, Baour Larmian .

Sottise entretient la santé ;

Baour s’est toujours bien porté.

À quoi celui-ci répliqua t

Lebrun dô gloire se nourrit ;

Aussi voyez comme il maigrit.

Les physiologistes s’accordent à reconnaître que les lobes frontaux sont spécialement chargés de l’élaboration des phénomènes psychiques. Ces lobes sont très-développés dans les races supérieures et chez les individus intelligents : voyez, par exemple, le front proéminent de Victor Hugo. La prédominance des lobes frontaux du cerveau dans les races supérieures a fait désigner celles-ci sous le nom de races frontales, par opposition aux races inférieures ou occipitales qui présentent un développement marqué des lobes occipitaux. Gratio e a fait, à ce sujet, une remarque curieuse. Il a observé que dans les races supérieures l’ossification des sutures du crâne se faisait d arrière en avant et, au contraire, dans les races inférieures, d’avant en arrière; de telle sorte que, chez les premières seules, les lobes frontaux continuent à s’accroître quand les autres parties de 1 encephale ont atteint

leur développement complet. ,

Les hémisphères cérébraux sont dépourvus de sensibilité : on pe

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y introduire des aiguilles, ou même un fer rougi au feu sans provoquer de douleur. Des blessés ont conservé dans la tête une balle pendant plusieurs années sans en éprouver aucune incommodité.

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