‹ Le corps humainChapitre 38 sur 144 · ORGÜNES CONTENUS DANS L’ÉPAISSEUR OU CERVEAU · texte numérisé non relu

ORGÜNES CONTENUS DANS L’ÉPAISSEUR OU CERVEAU

1° Le corps calleux: (4, fig. 141) et (pl. I, fig. 3, G) est une lame de substance blanche qui sert de commissure aux deux hémisphères. On lui trouve un bec, un genou , un corps et un bourrelet ; il présente trois cornes qui servent de voûte aux prolongements des ventricules latéraux : la corne ^antérieure ou frontale , la corne postérieure occipitale ou forceps major et la corne inférieure sphénoïdale ou tapétum .

Les fibres transversales du corps calleux semblent destinées, ainsi que nous l’avons vu, à relier entre elles les cellules corticales des deux hémisphères, pour qu’à l’unité d’impression réponde l’unité d’action des deux côtés du corps.

2° Le septum lucidum OU cloison transparente est grisâtre; il Se

compose de deux lames qui circonscrivent une petite cavité à laquelle on a donné le nom de ventricule de la cloison ou cinquième ventricule (19, fig. 146). Ainsi que nous l’avons expliqué plus haut, cette cloison sépare les deux ventricules latéraux ; elle se confond par son bord supérieur avec le corps calleux et par son bord inférieur avec le trigone cérébral.

3° Le trigone cérébral OU voûte à trois piliers (pl. I, fig. 3, D, 3)

est la cloison horizontale qui sépare les ventricules latéraux du ventricule moyen; elle résulte de la juxtaposition de deux bandelettes de substance blanche, comparées par les anatomistes aux deux branches d’un X qui s’adosseraient sur un point plus rapproché de leur extrémité antérieure. Les deux branches antérieures ou piliers antérieurs se réfléchissent en bas pour former l’écorce blanche des tubercules mamillaires que nous avons vus à la base du cerveau ; les deux branches postérieures s’enfoncent dans les prolongements sphénoïdaux des ventricules latéraux en se bifurquant : l’une des branches de bifurcation se perd dans la saillie de substance blanche connue sous le nom de corne d’Ammon , l’autre longe le bord interne de cette corne pour former le corps bordé ou bordant. Au-dessous du corps bordant, on trouve une lamelle de substance grise appelée corps godronné.

L’angle d’écartement des deux piliers postérieurs est rempli par des

DE L’INNERVATION

Fig. 146. — Coupe horizontale du cerveau.

4, 2, 4, S, 6, Quatrième ventricule. — 3, 9, Pédoncules cérébelleux. — 7, Valvule de Vieussens. — 8, Arbre de vie du cervelet. — 10, Tubercules quadrijumeaux postérieurs. — 11, Glande pinéale reposant sur les tubercules antérieurs. — 12, Rênes antérieures. — 13, Troisième ventricule. — 14, Commissure grise des couches optiques. — 15, Coupe du septum lucidum. — 18, Noyau caudé du corps strié. — 49, Ventricule du septum lucidum.

composés d’un lacis de capillaires sanguins qui dépendent de la piemère et s’introduisent dans le prolongement sphénoïdal des ventricules latéraux pour se terminer au sommet de la toile choroïdienne.

5° La glande pînéaie (pl. I, fig. 3, E, 4), comparée à une pomme de pin, est un petit corps gris cendré renfermé dans l’épaisseur de la toile choroïdienne et situé au-dessus de la commissure blanche postérieure (fig. 146); elle est pourvue de six appendices ou pédoncules qui pénètrent dans les couches optiques. Ses usages sont encore. inconnus, bien que Descartes en ait fait le siège de l’àme. On sait que Lapeyronie

fibres dont l’entre-croisement rappelle assez bien la disposition des cordes d’un instrument de musique: de là son nom de lyre.

4° La toile choroïdienne (pl. I, fig. 3, D, verso) est une membrane cellulo-vasculaire de forme triangulaire, contenant dans son épaisseur un grand nombre d’artérioles et de veines volumineuses qui donnent naissance aux deux veines de Galien. Les bords de cette toile sont unis aux plexus choroïdes des ventricules latéraux , cordons rougeâtres

plaçait celle-ci, sans plus de raison, dans le septum lucidum. Certains auteurs pensent que la glande pinéale ferme, à la manière d’un tampon, Y anus cérébral ou orifice supérieur de Vaqueduc de Sylvius , qui met en communication le ventricule moyen et le quatrième ventricule . j 6° Les corps striés (18, fîg. 146) ont la forme de deux virgules, à concavité concentrique : ils sont ainsi appelés parce qu’ils se composent de deux couches de substance grise, les noyaux caudal et lenticulaire, séparées par une lame de substance blanche, la capsule interne. Ces fibres blanches intermédiaires, formées par l’épanouissement des pédoncules cérébraux , sortent des corps striés en rayonnant dans toutes les directions sous le nom de couronne de Reil (pl. I, fig. 3, E, 5).

D’après M. Luys, les corps striés présideraient à la mise enjeu des réactions motrices volontaires.

7° Les conciles optiques (pl. I, fig. 3, E, 1) et (fig. 146) sont deux renflements de substance blanche ayant le volume d’un œuf de pigeon.

Il existe dans les couches optiques quatre noyaux ou centres , auxquels M. Luys a donné les noms de : antérieur ou olfactif , moyen ou optique , médian ou sensitif et postérieur ou auditif , parce qu’ils semblent destinés à recevoir et à condenser les impressions olfactives, visuelles, acoustiques, et les impressions de la sensibilité générale.

M. Luys pense donc que les couches optiques sont des organes de réception et de condensation des incitations sensitives et sensorielles de la périphérie du corps.

Dü CERVELET.

conformation ou cervelet. — Le cervelet (pl. I, fig. 3, G) est situé en arrière et au-dessous du cerveau; il est renfermé dans l’espace compris entre le repli transversal de la dure-mère appelé la tente du cervelet et les fosses occipitales inférieures (pl. I, fig. 3, 1, 3). Cet organe est relié à la masse encéphalique par des prolongements de substance blanche appelés pédoncules cérébelleux (3, 9, fig. 146) qui sont distingués en supérieurs , moyens et inférieurs. Les pédoncules supérieurs rattachent le cervelet au cerveau; les inférieurs au bulbe, et les moyens à la protubérance annulaire.

Le cervelet est formé de deux lobes latéraux séparés par un lobe médian, dont les saillies supérieures et inférieures constituent les vermis superior et inferior. Le vermis inferior (pl. I, fig. 3, G, 2) se termine en avant par une extrémité libre, qui plonge dans la cavité

DE L’INNERVATION

du quatrième ventricule comme la luette dans la bouche : de là lui est venu le nom de luette cérébelleuse (G, 3). Latéralement la luette donne attache aux valvules de Tarin , qui ont été comparées à un nid d’hirondelles et ont été assimilées aux piliers du voile du palais. Pour compléter l’analogie avec l’isthme du gosier, on appelle amygdales cérébelleuses (G, 1) ou lobules du bulbe , deux saillies symétriques qui recouvrent les valvules de Tarin.

La surface du cervelet est parcourue par des sillons nombreux et concentriques qui la divisent en segments , lames et lamelles. Si l’on pratique une coupe verticale antéro-postérieure dans l’un des hémisphères cérébelleux, on constate que le cervelet est constitué, comme le cerveau, par une masse centrale de substance blanche, enveloppée d’une couche de substance grise dont la disposition foliacée lui a fait donner le nom à? arbre de vie (8, fig. 146).

fonctions ou cervelet. — Les fonctions du cervelet sont encore fort obscures; cependant les expériences de Flourens, puis celles de Bouillaud, de Longet et de Yulpian, nous permettent de penser que cet organe sert à coordonner les mouvements volontaires de la préhension et de la locomotion. Il est le principal organe directeur de l’équilibration, de la station et de la marche. Un animal privé du cerveau, mais conservant le cervelet, demeure en équilibre et marche relativement bien.

M. Luys fait du cervelet le réservoir central de l’influx nerveux de la motricité, et explique l’incoordination des mouvements qui résulte d’une lésion d’un de ses hémisphères par l’inégale répartition de cet influx dans chaque moitié du corps.

Isthme de l’encéphale.

L’isthme de l’encéphale est le point d’union des trois grandes divisions des centres nerveux : le cerveau, le cervelet et la moelle. 11 se compose de deux plans superposés, l’un inférieur et l’autre supérieur.

1° PLAm supérieur. — Le plan supérieur est constitué par les pédoncules cérébelleux supérieurs qui s’étendent du cerveau au cervelet. Ces pédoncules sont recouverts par les quatre tubercules quadrijumeaux (10, fig. 146) qui font partie de l’appareil de la vision. j

2° plan inférieur. — Les anciens, dit M. Sappey, qui sacrifiaient quelquefois dans leur langage la sévérité au pittoresque, voyaient dans la disposition des différentes parties qui forment le plan inférieur de Yisthme, l’image d’un crustacé pénétrant par ses membres

antérieurs dans le cerveau, et par les postérieurs dans le cervelet. Pour eux, le centre autour duquel rayonnent ces divers prolongements n’était que le chapiteau ou le couronnement de la moelle épinière ; de là le nom de moelle allongée qu’ils avaient donné à cette partie centrale, et ceux de corps , de bras, de jambes , de queue de la moelle allongée, qu’ils imposèrent, le premier à la protubérance, le deuxième aux pédoncules cérébraux, le troisième aux pédoncules cérébelleux moyens, le quatrième au bulbe rachidien. I

La protubérance annulaire (pl. I, fig. 3, H, 3) et (21, fig. 144) est un renflement situé au-dessous du cerveau formé de plusieurs plans de fibres D, E, F (fig. 147). Les fibres superficielles sont transversales; elles établissent une commissure entre les deux hémisphères cérébelleux et forment les pédoncules cérébelleux moyens .

On appelle encore la protubérance le pont de Varole, parce qu’elle recouvre l’aqueduc de Sylvius, qui, nous le savons, établit une communication directe entre le troisième et le quatrième ventricules.

Le rôle physiologique de la protubérance n’a pas encore été nettement établi : on a remarqué qu’une grenouille privée de cerveau cesse de nager dès qu’on attaque la protubérance ; aussi les physiologistes considèrent-ils cet organe comme tenant plus spécialement sous sa dépendance immédiate le principe excitateur des mouvements de locomotion. La protubérance perçoit aussi les impressions sensitives, car si on enlève cet organe sur un animal, celui-ci devient insensible.

On nomme bulbe rachidien le renflement supérieur de la moelle épinière (pl. I, H). Sa face antérieure présente un sillon médian séparant deux éminences oblongues, les pyramides antérieures (17, fig. 144), en dehors desquelles se trouve V olive (0, fig. 147). Du sillon intermédiaire à l’olive et à la pyramide correspondante émergent les racines du nerf qui fait mouvoir la langue, le grand hypoglosse (18, fig. 144). Au-dessus et en dehors de l’olive, on voit l’origine apparente des nerfs facial et auditif (10 et 11). Les nerfs spinal , glossopharyngien et pneumogastrique (12, 13 et 14), dont nous parlerons bientôt avec détails, prennent naissance au même niveau. La face postérieure (fig. 149) du bulbe est creusée d’un sillon médian, le calamus scriptorius, qu’on a appelé ainsi à cause de sa ressemblance avec le bec d’une plume taillée pour écrire. C’est de ce sillon que partent transversalement les fibres blanches des racines postérieures des nerfs auditifs. Latéralement et en arrière, on trouve les pyramides postérieures et les corps restif ormes (de restis, corde) qui s’épanouissent dans le cervelet et concourent à la formation des pédoncules cérébelleux inférieurs.

Les pyramides antérieures se terminent en bas par l’entre-croisement des trois quarts internes de leurs fibres, l’autre quart ne s’entre-croisant

DE l’iNNEKVATION.

pas (fig. 147). On donne encore à cet entre-croisement le nom de décussation des pyramides.

Ce fait anatomique explique pourquoi les paralysies sont généralement croisées, c’est-à-dire pourquoi une paralysie du côté droit du corps correspond à une lésion de l’hémisphère gauche du cerveau.

Si l’on attaque la région bulbaire d’une grenouille, la respiration jusque-là conservée cesse, et l’animal meurt aussitôt. De même Flourens avait remarqué qu’une piqûre faite à la partie postérieure du bulbe, au niveau des pyramides postérieures et des corps resti formes, c’est-à-dire au point correspondant à l’origine réelle des nerfs pneumogastriques qui innervent les poumons, suspend aussitôt les mouvements respiratoires : aussi avait-il appelé cette région le nœud vital.

Cette partie correspond en arrière à l’intervalle qui sépare l’occipital de la première vertèbre. On a pu donner la mort en faisant passer par cet espace un instrument piquant, comme une longue épingle. C’est pourquoi les médecins légistes examinent avec soin la nuque d’un cadavre qui ne présente aucune

a. Faisceau externe de la pyra- trace extérieure de violence pouvant explimide ne s'entre-croisant pas. i

— B, Entre-croisement des (lUer la mort*

pyramides^ antérieures. — d. Les bouchers des abattoirs de Paris n’asîongitudinaies de^i^protubé- somment plus les bœufs avec une masse en rance. — o. o', Olives. fer ; à l’exemple des picador es, ils les étendent à leurs pieds d’un seul coup de stylet enfoncé dans la nuque jusqu’au bulbe.

Pour toutes ces raisons, les physiologistes ont considéré le bulbe rachidien comme un centre d’innervation qui tient sous sa dépendance immédiate le principe excitateur des mouvements de la respiration.

quatrième vemtmcijle. — On appelle ainsi une cavité losangique placée entre la protubérance annulaire et le cervelet. Cette cavité (fig. 146) communique avec le ventricule moyen ou troisième ventricule par l’intermédiaire d’un conduit, Yaqueduc de Sylvius, situé au-dessous des tubercules quadrijumeaux, et en arrière de la protubérance annulaire.

C’est au-dessous du plancher du quatrième ventricule que tous les nerfs crâniens, à l’exception des deux premières paires, semblent

Fig. 147. — Bulbe rachidien.

LF COUPS HUMAIN.

prendre leur véritable origine. Claude Bernard a démontré que la piqûre de ce plancher détermine l’albuminurie, le diabète, ou la

Fig. 148. — Coupe horizontale de la moelle épinière au niveau de la région lombaire. (D’après Luys.) 4, 2, 3, 4, 5, Substance grise de la moelle renfermant une grande quantité de cellules nerveuses. — 12, Canal central de la moelle. — 13, Section transversale d’un gros vaisseau. — 14, 14', 14", 14 ". Section horizontale des tubes nerveux constituant la substance blanche de la moelle.

Fig. 149. — Moelle épinière vue de face. — i. Protubérance annulaire. — 2. Quatrième ventricule. — 3, Nerfs crâniens. — ■ 4, 5, Face antérieure de la moelle. — 6, 7, 8, Nerfs rachidiens. — 9, Nerf de la queue de cheval. — 10, Dure-mère ouverte.

polyurie simple, suivant qu’elle est faite à la partie supérieure, médiane ou inférieure de cette région.

DE L’INNERVATION

B. — Moelle épinière.

sa coiformation. — La moelle épinière (fig. 149) est un long cordon cylindroïde qui s’étend depuis le collet du bulbe, point d’entrecroisement des pyramides, jusqu’au niveau de la première vertèbre lombaire.

Une coupe transversale, pratiquée sur la moelle, montre qu’elle est formée, comme le cerveau, de deux substances grise et blanche, avec cette différence que la première est concentrique et que l’autre est périphérique (fig. 148).

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