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FOXCTIOXS S>E E.A MOELLE. — MOUVEMENTS RÉFLEXES

La moelle épinière était considérée par les anciens comme le plus gros nerf de l’économie. Au point de vue fonctionnel ils avaient raison, car la moelle joue, à la façon des nerfs, le rôle d’organe conducteur des impressions et des voûtions. En effet, d’une part, elle transmet aux tubes moteurs les réactions motrices émanées de l’encéphale, et de l’autre, elle conduit vers celui-ci les impressions que lui apportent les tubes sensitifs. La conductibilité de la moelle apparaît dans la section de cet organe chez un vertébré. Cette opération entraîne immédiatement la

Fig. 150. — Coupe de la moelle pour l’étude des mouvements réflexes.

1, Sillon médian antérieur. — 2, Sillon médian postérieur. — 3, Commissures et canal central. — 4, 4 , Surface du corps d’où partent les excitations. — 5, 5', Muscles, siège des mouvements. (Figure extraite delà Physiologie de M. Fort.)

paralysie de la sensibilité et du mouvement de toutes les régions innervées par les tubes qui émanent de la moelle au-dessous de la section.

Cependant la moelle ne saurait être considérée comme complètement passive ; il lui est dévolu une certaine part d’activité qui en fait

LE CO H PS HUiMÀlN.

un second centre d’innervation. Les cellules de la substance grise de la moelle sont des petits centres automatiques qui donnent aux sphincters de l’économie leur tonicité et qui tiennent sous leur dépendance la plupart des mouvements dits réflexes.

Les physiologistes ont donné ce nom à tous les mouvements involontaires qui succèdent à des impressions senties ou non. Dans ces cas, l’incitation périphérique arrive aux cellules du cerveau qui réagissent automatiquement, ou bien elle se rend aux cellules de la moelle et se transforme en excitations motrices (lig. 150) sans passer par le cerveau.

Les contractions que l’on détermine dans les membres d’un lapin coupé en deux offrent un exemple évident de la faculté excito-motrice de la moelle. De même, la plupart des mouvements de la vie de nutrition, que l’on appelait des sympathies, sont d’ordre réflexe : tels sont les mouvements du cœur et de la respiration, les contractions de l’intestin et de l’estomac, etc.

C’est la production des mouvements réflexes d’ordre encéphalique, sur la tête des guillotinés, qui fait croire à certaines personnes que le supplicié souffre encore après la décollation. En touchant l’œil d’un décapité, la paupière se ferme, et en l’appelant fortement par son nom le tympan s’ébranle, le nerf acoustique vibre et les cellules encéphaliques réagissent automatiquement sur les muscles de l’œil qui font tourner le regard du côté d’où vient le bruit. On a dit qu’après avoir tranché la tête à Charlotte Corday, le bourreau lui donna un soufflet et qu’il vit aussitôt rougir, par action réflexe, la face de la jeune héroïne; mais ce fait est impossible parce que la tête d’un décapité est exsangue.

Nous pouvons encore considérer comme étant d’origine réflexe la transmission des névroses convulsives par imitation, comme l’épilepsie et la chorée, qui se propagent à tout un groupe d’enfants d’un même pensionnat. La science explique, par un mécanisme analogue, les extravagances des possédées de Loudun, des trembleurs des Cévennes et des convulsionnaires de Saint-Médard. C’est encore par une excitation réflexe d’ordre encéphalique que se communiquent le bâillement, le rire et en général les diverses expressions de physionomie, comme on l’observe chez les spectateurs des scènes mimiques.

Parmi les mouvements involontaires, d’ordre réflexe, qui succèdent à une impression sentie, nous citerons le vomissement provoqué par la titillation de la luette, par le souvenir ou la vue d’un objet répugnant et l’éternument qui se manifeste à la suite de l’impression du froid, d’une prise de tabac ou sous l’influence de certaines maladies de l’oreille. Figuier raconte, d’après Mosler, qu’une femme, atteinte d’une affection aiguë de l’oreille, éternua 52,000 fois en 42 heures* Dès qu’elle fut guérie, les éternuments cessèrent.

DE l/lNNERVATION.

ARTICLE III

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