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DE L’AGENT EXCITATEUR DES IMPRESSIONS AUDITIVES

L’agent excitateur des impressions auditives est le son. Sans entrer dans de longs détails sur le mécanisme de la production du son et sur ses propriétés , nous croyons utile de rappeler quelques principes d’acoustique.

CAUSES PHYSIQUES POUVANT IPHOOUJIIIAE LE SON. PHO- NOGRAPHE. téléphone. — Le son est le résultat des mouvements vibratoires très-rapides imprimés aux corps élastiques. Ces vibrations se manifestent quand on frappe sur une corde tendue ou lorsqu’on répand des grains de sable sur un corps sonore : dans ce dernier cas, on verra ces grains s’agiter tant que le son durera. C’est aussi par ses vibrations que l’air brise les vitres, à la suite d’une détonation.

De même la voix est produite par les vibrations des cordes vocales du larynx; et, si certaines personnes peuvent rompre les parois d’un verre en chantant devant son ouverture, cela tient à la force vibratoire de leur voix. Ce fait est connu depuis longtemps, puisque le Talmud contient des discussions sur l’indemnité qu’on peut exiger quand un vase est rompu par la voix d’un animal domestique.

La propriété qu’ont les corps élastiques de vibrer explique comment les frères Bozza ont pu faire des concerts burlesques avec des casseroles, des poêles à frire et des assiettes. Ils jouaient aussi des morceaux de musique en frappant sur des pavés avec une demoiselle de paveur.

La nature vibratoire du son a permis à M. Léon Scott, en 1856, de composer un instrument, appelé phon auto graphe, qui enregistrait la parole. Depuis, M. Edison imagina le phonographe qui non seulement grave sur une feuille d’étain les oscillations communiquées par la voix

SENS DE L’OUIE

à une lame vibrante, mais reproduit encore la parole d’après les traces enregistrées. Cet instrument permet donc de conserver indéfiniment la parole et donne tort au proverbe : scripta moment, verba volant. (

Vers l’année 1837, un Américain, M. Page, fit une autre découverte ' d’acoustique non moins importante : il observa qu’une tige aimantée, [ soumise à des courants électriques intermittents, avait la propriété d’émettre des sons. Ces effets conduisirent plus tard M. Reiss à l’inven tion du téléphone , qui résout le problème de la transmission des sons les plus complexes à une grande distance. C’est à l’aide de plusieurs instruments de ce genre, qu’à l’Exposition d’électricité, organisée aux Champs-Elysées, on pouvait entendre distinctement les pièces qui se jouaient dans différents théâtres de Paris, entre autres à l’Opéra.

Tout corps élastique jouit de la propriété de rendre un son qui lui est propre, dès que ce son se produit autour de lui : c’est ce qu’on peut facilement vérifier sur le piano. On sait aussi qu’il est possible do faire résonner par influence une cloche de verre, une vitre, un diapason, une membrane tendue sur l’ouverture d’un tuyau, etc., lorsque le ton propre de ces différents objets vient à se produire dans le voisinage. Nous verrons bientôt que le tympan, en raison de sa forme, fait excep. tion à cette règle et que, s’il en eût été autrement, nous n’aurions pu percevoir distinctement qu’un seul son qui aurait été celui de la membrane tympanique elle-même.

limite des soxs perceptibles. — Le son ne peut être perçu qu autant que les vibrations qui le produisent se font en certain nombre dans un temps donné ; ainsi les physiciens ont constaté que l’ouïe cessait de percevoir le son dès que le corps élastique en vibrant produisait, par seconde, moins de trente-deux oscillations simples pour les sons graves et plus de soixante-treize mille sept cents pour les sons aigus.

Au-dessus de cette limite, la sensation devient continue et les sons ne se distinguent plus les uns des autres ; ils déterminent sur l’ouïe l’impression qu’un charbon incandescent , tournant au bout d’une ficelle, produit sur la vue qui ne perçoit alors qu’un cercle de feu.

Déjà de quatre mille cinq cents à cinq mille vibrations, les sons produisent sur l’ouïe des sensations pénibles: aussi, dans un orchestre, la note la plus élevée, le ré supérieur de la petite flûte, correspond-elle à quatre mille sept cent cinquante-deux vibrations. La note la plus basse est le mi inférieur de la contre-basse, qui correspond à quarante et une vibrations.

Chez certains animaux, tels que les chiens, la sensibilité de l’ouïe parait être encore plus grande que chez l’homme ; c’est sans doute à une impression douloureuse qu’il faut attribuer les hurlements que provoquent sur la race canine les orgues de Barbarie, le bruit des cloches,

etc. ; Mme E. Seiler a remarqué que les chiens sont très-sensibles au mi aigu du violon.

Nous avons dit que la limite des sons perceptibles était de trente deux vibrations simples ; mais cette limite est variable selon les individus. Quelques personnes ont l’acuité auditive moins développée et ne perçoivent même pas le chant du grillon.

Parmi les instruments de musique, les tuyaux d’orgue peuvent seuls donner le son qui correspond à trente-deux oscillations par seconde ; mais ce son est si faible qu’on peut le comparer à un souffle.

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