‹ Le corps humainChapitre 77 sur 144 · MODIFICATIONS DE LA VUE CHEZ L’HOMME ET UES AAI · texte numérisé non relu

MODIFICATIONS DE LA VUE CHEZ L’HOMME ET UES AAI

mmx. — L’attention, ce « microscope de l’esprit », comme on l’a appelée, prête un utile concours à la vue. On sait, en effet, que si la pensée n’accompagne pas les yeux, on ne voit pas l’objet sur lequel le regard tombe. Ainsi les personnes atteintes de loucherie ont habitué leur jugement à négliger l’image de l’un des yeux; sans quoi les objets leur apparaîtraient doubles.

De même chez certains animaux, tels que les gallinacés, l’intervalle des yeux est si considérable qu’ils voient toujours deux objets en même temps, mais ne tiennent compte que d’un seul.

Les singes et les oiseaux de proie partagent avec l’homme le privilège de diriger les yeux presque directement en avant. Chez les autres animaux, le sens de la vue s’incline plus ou moins en dehors, et rend la vision latérale et postérieure plus nette que la vision antérieure : ce qui explique pourquoi le lièvre voit très-bien le chien qui le poursuit et n’aperçoit pas devant lui le chasseur qui le vise. C’est aussi pour empêcher le cheval de s’effrayer du ballottement de la capote, qu’on lui supprime la vue latérale et postérieure avec des œillères en cuir.

Très-développé chez l’homme, le sens de la vue l’est plus encore chez certains animaux : la nuit, par exemple, les chevaux évitent des obstacles que leurs conducteurs ne voient pas. Les oiseaux ont aussi une portée de la vue très-longue et fondent, à de grandes distances* sur les plus petits insectes, dont ils font leur proie.

On a tort de croire que les taupes sont aveugles et que les lynx ont la faculté de voir à travers les murailles. La vue de ces animaux n’est ni plus faible, ni plus perçante que celle des autres ; et le vers de La Fontaine :

Lynx envers nos pareils, et taupes envers nous

substitué au proverbe de « la poutre et la paille » , renferme une double erreur.

Gomme les autres sens, celui de la vue est perfectible par l’exercice :

ainsi les marins distinguent nettement à l’horizon le pavillon des navires, que les passagers aperçoivent à peine. Cicéron vante la vue d’un navigateur sicilien nommé Strabon qui, placé au cap Lilybée, comptait les vaisseaux sortant du port de Carthage. La distance qui sépare ces deux points est de quarante-cinq lieues. Mais l’habileté de Strabon doit être exagérée, car la convexité de la terre s’oppose à ce que le regard s’étende aussi loin.

Quant à ceux qui ont le don de « seconde vue » et qui prétendent voir par d’autres organes que les yeux, tels que les somnambules, les magnétiseurs, les hydroscopes, etc., nous avons déjà dit qu’il fallait les considérer comme des imposteurs plus ou moins habiles.

ARTICLE T

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