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SCLÉROTIQUE, LA TACHE SCLÉROTICALE COMME

sieœis ciRTAiM re la mort® — La sclérotique (pl. I,fig. ij A)

SENS DE LA VISION

est la plus extérieure des enveloppes oculaires ; elle est aussi la plus épaisse et la plus résistante, ainsi que l’indique son nom, lequel vient du mot grec cyX vjpoç, dur.

Cette membrane est inextensible, et ce défaut d’élasticité explique les douleurs d’étranglem.ent produites par les épanchements intraorbitaires, qui compriment les nerfs situés entre la sclérotique et la choroïde (fig. 259). On guérit ces douleurs en pratiquant la ponction de la sclérotique, ou mieux, en enlevant une partie de l’iris, opération désignée sous le nom d 'iridectomie (Tpt ç, iris; £/.to^ , retranchement).

Sa couleur est d’un blanc mat. Plus transparente chez les enfants, la sclérotique permet d’entrevoir la teinte foncée de la choroïde sousjacente et paraît azurée. Cette disposition se rencontre encore chez les phthisiques et chez les anémiques. Dans la jaunisse, la sclérotique se colore en jaune, comme les tissus et les humeurs de l’économie ; aussi, pour dévoiler l’imposture des jaunisses simulées, suffit-il de regarder le blanc des yeux. Des collyres au nitrate d’argent donnent à cette membrane une teinte noire plus ou moins intense.

M. le docteur Larcher a signalé, comme signe certain de la mort, l’apparition d’une tache livide sur la sclérotique quelques heures après le décès. Nos observations personnelles nous ont démontré qu’en effet cette tache était le premier signe apparent de la putréfaction, mais qu’elle ne se manifestait que dans certaines conditions. Ainsi, nous ne l’avons jamais constatée lorsque les paupières étaient restées hermétiquement fermées ; au contraire, lorsqu’on les avait laissées entrouvertes et que le visage avait été exposé à la lumière du jour, sa présence ne faisait jamais défaut. Cette tache prend la forme de l’orifice palpébral et varie avec le degré d’ouverture de cette fente. Elle est due sans doute à un phénomène particulier d’imbibition, qui permettrait aux cellules pigmentaires de la choroïde de s’infiltrer dans les mailles serrées du tissu sclérotical. La déduction pratique de cette observation est qu’on ne devrait jamais couvrir le visage, ni fermer les yeux des morts avant l’apparition de la tache scléroticale. On éviterait de la sorte les inhumations précipitées, surtout dans les contrées où les médecins ne font pas les constatations de décès.

Par sa surface extérieure, la sclérotique donne attache aux muscles droits et obliques qui font mouvoir le globe de l’œil. Sa surface intérieure est appliquée sur la choroïde, qui la teinte en brun, principalement dans son hémisphère postérieur. Quelques anatomistes considèrent ces dépôts de pigment comme une couche spéciale, à laquelle ils ont donné le nom de lamina fnsea (lame sombre).

La sclérotique est percée de deux ouvertures : l’une postérieure, de forme circulaire, livre passage au nerf optique, et l’autre antérieure, plus grande et de forme ovalaire, enchâsse dans le biseau de sa rai-3

LE eonps HUMAIN.

nure la cornée transparente. Sur les limites du cercle cornéen, existe un canal veineux, appelé canal de Schlemm ou de Fontana , du nom des anatomistes qui Font découvert (pl. I, fig. 1, À 5).

2° coit^KE, staphylome. — La cornée doit son nom à sa transparence ; elle est enclavée dans la grande ouverture de la sclérotique comme un verre de montre dans son boîtier. Sa face antérieure convexe est ovalaire, à grand axe horizontal ; sa face postérieure concave est circulaire. L’exagération de sa convexité constitue un vice de conformation congénital ou accidentel, connu sous le nom de staphylôme (ctj grain de raisin) (fig. 256).

Les courbures des différents méridiens de la cornée rie sont pas égales

entre elles : en général, c’est le méridien verticalqui a le plus petit rayon, et le méridien horizontal le plus grand.

Lorsque cette construction est très-irrégulière, il en résulte un trouble de la vision appelé astigmatisme ; nous en parlerons à la fin de ce chapitre.

blessures 5 la coEt^ÉE. — La cornée est, par sa situation, plus exposée que les autres enveloppes oculaires aux accidents du dehors. C’est sans doute à cause de cet inconvénient qu’elle a reçu la plus grande épaisseur : car de nombreux corps étrangers tels que paillettes de fer, éclats de pierres, se fichent souvent dans la cornée. On les retire facilement avec la pointe d’un cure-dent ou celle d’une aiguille (fig. 257). D’ailleurs, à l’exception des brûlures, les blessures de la cornée sont d’une innocuité à peu près complète. La large incision que l’on pratique à la cornée dans l’opération de la cataracte pour livrer passage au cristallin devenu opaque se cicatrise avec la plus grande rapidité. Cependant Mackensie et Walther ont observé un certain nombre de moissonneurs écossais et bavarois qui perdirent la vue à la suite de blessures de la cornée, produites par le choc d’épis de blé.

Fig. 25t>. — Supliylome de la cornée.

Fig. 257 . — Extraction d uu corps étranger implanté dans la cornée.

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i>es collyres. — La cornée peut se laisser traverser par certaines substances : de là l’emploi des collyres (xoXXupiov), dont on verse quelques gouttes à la surface de l’œil, afin d’agir sur ses parties profondes. Pour dilater la pupille, par exemple, il suffit d’instiller dans l’œil une goutte d’une solution de sulfate neutre d’atropine ; si l’on veut, au contraire, la contracter, on emploie l’ézérine ou la pilocarpine, principe actif du jaborandi. On peut tuer instantanément un chien en déposant sur son œil une goutte d’acide prussique.

IVUTRU'IO Y ET SENSIBILITÉ DE LA CORYÉE. — Gomme tOUS

les milieux transparents de l’œil, le tissu cornéen est dépourvu de vaisseaux, parce qu’ils produiraient des ombres portées qui nuiraient à la netteté de la vision ; ils ne s’y développent que sous l’influence de l’inflammation. La nutrition des éléments du tissu cornéen s’opère donc par imbibition.

Les nerfs, étant transparents, ne présentent pas le même inconvénient; ils viennent des nerfs ciliaires et sont très-nombreux: d’où l’extrême sensibilité que nous connaissons à la cornée. Celle-ci est insensible dans le glaucome , maladie qui doit son nom à la couleur verte que prend alors le fond de l’œil. Cette insensibilité provient de la compression des nerfs ciliaires qui cheminent entre la sclérotique et la choroïde, compression produite par l’épanchement plastique intraorbitaire qui caractérise cette affection.

La 'photophobie (^wç, lumière ; çoêcç, crainte), ou sensibilité exagérée de l’œil à la lumière, qui accompagne les inflammations de la cornée, est déterminée par l’action des rayons lumineux sur les extrémités nerveuses mises à nu.

COUCHES DE L V CORNÉE. KÉRATITES EX TAIES. — La

cornée se compose de trois couches : une couche principale, de structure fibreuse, comprise entre deux lamelles élastiques recouvertes elles-mêmes d’une couche épithéliale.

La lamelle élastique antérieure donne le poli à la surface convexe de la cornée ; aussi son inflammation ou kératite superficielle (xépaç corne) est- elle caractérisée par la perte temporaire de cette qualité. Si l’inflammation devient interstitielle et se propage aux fibres-cellules étoilées qui forment la trame réticulée de la couche principale, celles-ci deviennent opaques et donnent lieu aux taches indélébiles, connues sous le nom de taies (de theca , enveloppe).

Pour remédier aux taches profondes qui compromettent la vision dans les deux yeux, on a essayé de remplacer la cornée par une cornée artificielle de brebis, de porc, et même de cristal ; mais aucune de ces tentatives n’a été suivie de succès.

On peut par le tatouage, ainsi que nous l’avons déjà dit, donner à ces taches la couleur de la portion d’iris ou de la pupille qu’elles

recouvrent. De la sorte, elles ne sont plus apparentes ; mais elles persistent sous une autre forme, et nuisent autant à la vision.

On a employé le nitrate d’argent pour imiter les taies de la cornée. Ollivier d’Angers, dans son Mémoire sur les maladies simulées, a rapporté l’observation d’un jeune homme qui, pour se soustraire au | service militaire, s’était fait cautériser plusieurs fois la cornée avec du nitrate d’argent. Une opacité complète d’une des cornées, et une alté- ' ration considérable de l’autre, furent la conséquencede ces opérations.

Devenu presque aveugle, ce malheureux se suicida, i La lamelle élastique postérieure se termine par un épaississement appelé anneau tendineux de Dollinger, qui forme la paroi postérieure du canal de Schlemm (pl. I, fig. 1, A. 5), et donne attache au muscle ciliaire et à l’iris.

L’homme et la plupart des animaux n’ont qu’une cornée à chaque œil ; les insectes, au contraire, dont l’organe de la vue est multiple, en ont autant que d’yeux : chez le hanneton, par exemple, on en compte jusqu’à 8820. Le papillon en aurait 34 650.

3° choroïde. alri\os. — Le nom de choroïde vient de la ressemblance de cette membrane avec la couche profonde de la peau que l’on appelle chorion. Elle est composée de trois couches de texture ditférente : la couche superficielle est celluleuse, la couche profonde pigmentaire, et la couche moyenne vasculaire.

La couche celluleuse, de couleur brune et d’aspect tomenteux, est sillonnée de stries tourbilllonnées qui correspondent aux flexuosités veineuses de la couche vasculaire sous-jacente.

La couche moyenne ou vasculaire, dite membrane ruyschienne, du nom de l’anatomiste Ruysch qui en fit le premier la description, est composée de vaisseaux veineux, artériels et capillaires, disposés par plans superposés. Les veines qui occupent le plan superficiel ont été appelées vasa vorticosa, parce que leurs ramuscules décrivent des courbes concentriques analogues à celles d’un tourbillon ; elles concourent à former quatre troncs principaux (pl. I, fig. 1, D, 3). Les capillaires, situés profondément, sont disposés, comme les veines, en petites étoiles à rayons courbes. C’est cette couche des capillaires, connue encore sous le nom de membrane chorio-capil laire, qui donne au fond de l’œil la couleur rouge si apparente chez les albinos.

La couche pigmentaire profonde est très-foncée; elle doit cette teinte à la présence d’un grand nombre de granulations et de cellules de pigments, si abondante dans la peau des nègres. Elle a pour usage d’absorber les rayons lumineux qui ont impressionné la rétine et qui ne servent plus à la vision. L’absence de cette couche permettrait aux rayons lumineux d’être réfléchis en tous sens, et rendrait diffuse

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l’image rétinienne. C’est ce que l’on observe chez les albinos ou kakerlaks, dont la choroïde est dépourvue de granulations pigmentaires. Ils ne peuvent supporter l’éclat du jour et recherchent l’obscurité; d’où leur nom d'héliophobes (vjXtoç, soleil ; <p 66oç, crainte). Les nègres les appellent yeux-de-lune , parce qu’ils ne voient bien qu’à la tombée de la nuit. Bomare dit que ce sont les hiboux de l’espèce humaine. Presque tous les albinos ont en même temps la vue et l’ouïe très-faibles. (

Dans la vieillesse, les cellules pigmentaires subissent la dégérescence graisseuse et prennent une teinte grise, qui fait paraître le fond de l’œil du vieillard moins foncé que celui de l’adulte. Cette modification normale est souvent prise par les personnes inexpérimentées pour le début d’une cataracte.

Chez certains animaux, on constate sur la face interne de la choroïde une belle couleur irisée, à reflets métalliques, nommée tapis, qui est due à une disposition particulière de texture de cette membrane.

muscle ex corps ciliaires. — La choroïde est percée de deux ouvertures : l’une en arrière, qui livre passage au nerf optique, et l’autre en avant, dite zone choroïdienne (pl. I, fig. 1. B, 2), qui sert de cadre circulaire à l’iris. La grande circonférence de cette zone a reçu le nom d’ora serrata (bord dentelé), à cause de ses festons. Large de 5 millimètres en moyenne, la zone choroïdienne est formée d’un seul plan dans sa moitié postérieure, et de deux plans superposés dans sa moitié antérieure. Le plan superficiel s’appelle muscle ciliaire , et le plan profond corps ciliaire.

Le MUSCLE CILIAIRE (pl. I, fig. 1, B, 2), de couleur grise, se fixe en avant à l’anneau tendineux de Dollinger, qui constitue la paroi postérieure du canal de Schlemm. Il est formé de deux ordres de fibres : des fibres rayonnées superficielles (muscle ciliaire radié), et des fibres circulaires profondes (muscle ciliaire annulaire), qui n’occupent que la moitié antérieure du muscle ciliaire. Ce muscle sert à comprimer la périphérie du cristallin pour en augmenter les courbures et par suite la convergence (fig. 258). Il n’entre en contraction que pour la vue des objets rapprochés ; il est, comme nous le verrons plus loin, l’agent essentiel de l’accommodation de l’œil aux diverses distances (fig. 294).

Le CORPS ciliaire (pl. I, fig. 1, B, 7), ou CERCLE ciliaire, a la forme d’une couronne membraneuse divisée en une soixantaine de petits rayons présentant un sommet adhérent à la choroïde et une base libre qui flotte dans la chambre postérieure. Ces prolongements charnus, ou procès ciliaires (de processus, action de s’avancer), s’appliquent à la périphérie du cristallin comme les griffes d’une bague autour d’une pierre précieuse. Les procès ciliaires sont blancs lorsqu’ils

sont dépouillés du pigment qui les recouvre. Le corps ciliaire peut être considéré comme un petit appareil érectile formé par un lacis veinules anastomosées entre elles, dont l’action physiologique n’est pas encore nettement définie : cependant leur rôle consiste sans doute

Ftg. 258. — Coupe antéro-postérieure de l’iris et du muscle ciliaire.

1, Surface conjonctivale de la cornée : 1 a, Conjonctive scléroticale ; 1 b, Tissu cellulaire sousconjonctival. — 2, Cornée; 2 a, Membrane de Bowmann; 2 b, Membrane de Descemet; 2 c. Union de la sclérotique et de la cornée. — 3, Canal de Schlemm; 3 i. Portion circulaire du muscle ciliaire; 3 d, Coupe du cercle artériel de l’iris. — 4, Ligament pectfné de l’iris. — 5, Sclérotique. — 6, Choroïde: a. Couche externe; b, Choroïde proprement dite (membrane vasculaire de Haller); c, Tunique interne; d. Epithélium pigmentaire. — 8, Muscle ciliaire. — 10; Iris: a, Epithélium; b, Tissu conjonctif; c, Fibres rayonnées de l’iris; </, Pigment de la face interne; e. Coupe transversale de ses fibres circulaires (sphincter de l’iris). — 45, Limites de la rétine (ora serrata). — 18, 18, Zone de Zinn. — 19, Canal godronné de Petit. — 20, Cristallin. — 21, Chambre postérieure. — 22, Chambre antérieure.

à sécréter l’humeur aqueuse, ainsi que semble l’indiquer l’accumulation de ce liquide en arrière de l’iris, dans les cas d’oblitération complète de la pupille.

4° IRIS. COULEUR DES YEUX. — L’ iris (pl. I, fig. 1, B, 4) a été ainsi appelé par Ruffin, d’Éphèse, à cause de la diversité de ses nuances. Sa teinte est le plus souvent en harmonie avec celle des cheveux : de couleur brune plus ou moins foncée chez les bruns, elle est d’un bleu plus ou moins clair chez les blonds, rose chez les albinos, et noire chez les nègres. Certaines maladies modifient aussi sa couleur : Yirilis ou inflammation de l’iris lui donne une teinte cuivrée, et la jaunisse une teinte légèrement jaunâtre. Assez souvent chez les animaux et rarement chez l’homme, la coloration de l’iris est différente dans chaque œil ; Anastase Ier, empereur d’Orient, présentait cette particularité : il avait un œil noir et l’autre bleu ; de là son surnom de Dicore ,

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L’iris est une cloison membraneuse, circulaire et verticale, placée au-devant du cristallin, efc percée d’une ouverture centrale appelée pupille ou prunelle.

de la pupille. — La pupille n’est donc pas un organe, comme on le croit généralement, mais une ouverture qui livre passage aux rayons lumineux. Cette ouverture est ronde chez l’homme et mesure six millimètres de diamètre sur le cadavre ; celle de la plupart des

Fig. 259. — Nerfs ciliaires.

ÛEil dont on a fendu le sclérotique. Les lambeaux de cette membrane sont renversés pour laisser voir la choroïde, l’iris et les nerfs ciliaires.

animaux est elliptique. Elle est contractile et jouit de la propriété de se dilater ou de se resserrer, suivant l’influence thérapeutique, physiologique ou pathologique qu’elle subit. La lumière, l’opium, la fève de Calabar et son extrait l’ézérine, déterminent son rétrécissement ou myosis (pùeiv, cligner l’œil) ; sa dilatation ou mydriase (p.u8pia<riç, ouverture) se manifeste, au contraire, sous Faction de l’obscurité, de la nicotine, de la pilocarpine, de la belladone et de son alcaloïde l’atropine. On la constate encore dans les affections cérébrales et vermineuses.

Pendant l’attaque d’épilepsie, les pupilles sont généralement dilatées ; quelquefois elles présentent au contraire un certain degré de resserrement, mais elles sont toujours insensibles à l’action de la lumière, et ce dernier signe sert à faire reconnaître si une attaque est vraie ou simulée.

La pupille se dilate dans la vision au loin et se contracte pour la vue des objets rapprochés. Il y a une limite à sa contraction ; aussi cesset-on de voir distinctement à partir d’une distance de dix centimètres environ du globe oculaire.' Si l’on regarde l’objet placé à cette distance,

un livre par exemple, à travers un trou d’épingle fait à une carte, il est possible de lire presque au contact des yeux.

Le champ de la pupille est noir chez l’adulte, gris chez le vieillard, rouge chez l’albinos, ambré dans la cataracte dure, et vert dans le glaucome. Sa couleur dépend donc des modifications qui se produisent dans les milieux et membranes situées en arrière de la pupille.

USAGES DE L’IRIS. LE RÉACTIF DE LA MORT. — L’iris JOUG

le rôle du diaphragme des instruments d’optique, et sa fonction est de régler la quantité de rayons lumineux qui doivent pénétrer dans l’œil. L’excitation de la rétine par une lumière trop vive fait contracter les deux pupilles, de même que la moindre irritation de la cornée fait fermer les paupières des deux yeux.

Les contractions et les dilatations pupillaires normales dépendent donc de l’intensité de la source lumineuse et du degré de sensibilité de la rétine. Les chats, par exemple, ainsi que tous les oiseaux nocturnes, possèdent une sensibilité rétinienne si grande, que pendant le jour leur pupille n’est plus qu’une fente, tandis qu’à l’obscurité elle est fortement dilatée. La pupille d’une personne atteinte de paralysie de la rétine reste à l’état de dilatation permanente, même sous l’action delà lumière la plus vive. On sait que l’immobilité de la pupille d’un œil sain, devant lequel on approche et on éloigne alternativement une lumière, est généralement considérée comme un signe de la mort.

L’atropine perd aussi, après la mort, le pouvoir de dilater la pupille; c’est pourquoi M. Bouchut considère le sulfate neutre d’atropine comme le « réactif de la mort » . Si, après avoir instillé dans l’œil une goutte de solution d’atropine, la pupille vient à s’ouvrir, la mort est incertaine ; mais, si elle ne se dilate pas, la mort n’est plus douteuse.

La face postérieure de l’iris est tapissée d’une couche de cellules pigmentaires appelée uvée (de uva, raisin) à cause de sa ressemblance avec la peau d’un raisin noir ; elle absorbe les rayons lumineux qui éclairent la face antérieure de l’iris et ceux qui ont impressionné la rétine.

STRUCTURE DE L’IRIS. IRITIS ET COLOBOMA. — Il entre

dans la stucture de l’iris deux ordres de fibres musculaires : les unes circulaires constituent le sphincter pupillaire, et les autres radiées forment la plus grande partie de l’iris. Les premières président aux contractions de la pupille, et les fibres radiées agissent comme antagonistes de celles-ci pour la dilater.

Sous l’influence de la mort, le sphincter pupillaire, à l’exemple de tous les autres sphincters de l’économie, se relâche et produit la dilatation de la pupille.

Dans les interstices des fibres musculaires de l’iris, on rencontre des ramifications nerveuses, veineuses et artérielles, se divisant et se subdi-

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visant à l’infini: les filets nerveux émanent des nerfs ciliaires, les veinules forment l’origine des vasa vorticosa de la choroïde, et les artérioles se terminent, dans l’épaisseur du sphincter pupillaire, par un réseau anastomotique à fines mailles, appelé le petit cercle artériel de Tiris, par opposition au grand cercle artériel qui encadre cette membrane.

Situé sur un plan plus profond, l’iris est moins exposé que la cornée

Fig. 260. — Coioboma incomplet de l’iris, contracter des adhérences ou synéchies avec; è'/stv, tenir) entre l’iris et le cristallin. On évite ces complications en instillant dans l’œil du collyre à l’atropine qui, nous le savons, maintient la pupille dans sa plus grande dilatation. Si, malgré ces précautions, l’obstruction du champ pupillaire se produit, on peut rendre à la vision une netteté relative, en pratiquant une ouverture ou pupille artificielle en un point quelconque de la surface de l’iris.

Par suite d’un arrêt de développement du globe de l’œil, l’iris présente parfois une fisssure qui peut diviser cette membrane dans toute sa largeur : on donne à ce vice de conformation le nom de coioboma (y.cXc66o), je mutile). Le plus souvent la fissure est incomplète et dirigée en bas (fig. 260).

5° rétine, des scotomes. — La rétine est la plus importante des membranes oculaires parce qu’elle est le siège de l’impression visuelle. Elle est accolée à la choroïde sans cependant y adhérer, et elle ne s’en sépare que dans les cas où des épanchements de sang ou de sérosité se forment entre ces deux membranes. La partie décollée cesse alors de fonctionner et le champ visuel offre des lacunes, ou scotomes (de cjwtoç, ténèbres), qui font paraître les objets déformés.

Transparente et lisse pendant la vie, la rétine devient opaque et ridée après la mort.

Elle se termine selon les uns au bord festonné du corps ciliaire , selon les autres à la circonférence du cristallin ; d’autres enfin, dont nous adoptons l’opinon, lui assignent pour limite le bord postérieur de la zone de Zinn (pl. I, fig. 1, G 1).

Le centre de la rétine est occupé par un pli transversal , sur lequel

aux violences extérieures, et ses blesn sures sont plus rares ; mais, par contre, elles produisent de très-graves désordres. La plus fréquente des maladies de cette membrane est Yiritis.

Dans cette affection l’iris perd son aspect brillant, la pupille se déforme et il se produit des dépôts blanchâtres, qui peuvent obstruer la pupille et faire

on remarque une tache ovalaire jaune à centre déprimé, nommé foramen centrale (trou central). Un peu en dedans et au-dessous de la tache jaune on aperçoit un disque lenticulaire de couleur rosée et

légèrement excavée, d’où émergent les vaisseaux rétiniens : c’est la papille optique (pl. 1, fig. i, D et fig. 261).

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