TISSU CELLULAIRE. SI^OHOCÉÏ^MALUIE SIMULÉE. ABCÈS
— On donne encore au tissu cellulaire le nom de lamineux et de conjonctif : lamineux, parce qu’il est formé de fibres (fig. 4) et de
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lamelles minces ; conjonctif, parce qu’il relie entre eux tous les organes en pénétrant dans leurs interstices. La dénomination de cellulaire lui vient de ce que les fibres et les lamelles qui la constituent limitent, en s’entre-croisant en tous sens, des cavités ou cellules qui lui donnent l’apparence d’une éponge. Ces loges aréolaires communiquent toutes entre elles, ce qui explique la facilité avec laquelle les mailles de ce tissu s’infiltrent de sérosité dans ies hydropisies, d’air dans les emphysèmes et de sang dans les contusions. Cette disposition permet de faire disparaître fhydropisie d’un membre en pratiquant des incisions vers sa partie déclive : la sérosité s’écoule alors goutte à goutte par ces ouvertures artificielles. L’insufflation des animaux de boucherie est ' encore une preuve de la communication des espaces cellulaires. On a vu, de même, des mendiants et des conscrits simuler une infirmité, en s’introduisant de l’air sous la peau à l’aide d’un chalumeau. Ce procédé est aussi employé par certains batteleurs pour faire des hydrocéphales artificiels : ils insufflent le tissu cellulaire du cuir chevelu d’un enfant.
Le tissu cellulaire s’enflamme souvent : il produit alors dans la région atteinte une tumeur (1) douloureuse, d’une étendue, variable, appelée phlegmon (de çXéyw, je brûle). Cette affection se termine, le plus souvent, par suppuration en donnant lieu à un abcès (de absce dere , s’écarter), quelquefois aussi par gangrène (de ypaw, je consume) ; dans ce dernier cas, le pus renferme des pelotons blanchâtres semblables à des écheveaux de fil enchevêtré, qui ne sont que des lambeaux de tissu cellulaire mortifié. On croit à tort que lorsque la gangrène se met dans une partie du corps, le malade est menacé d’une mort certaine. Mais cette affection n’est qu’une mortification locale des tissus, sans danger d’extension aux parties voisines.
fibres élastiques. — Il existe aussi dans la trame du tissu cellulaire de nombreuses fibres élastiques (fig. 4), soit isolées, soit encore disposées en faisceaux ou étalées en membranes, selon les organes qu’elles concourent à former. Grâce à la présence de ces fibres, la peau, les ligaments jaunes des vertèbres, les parois des artères et les lobules pulmonaires peuvent revenir sur eux-mêmes, après avoir subi une distension plus ou moins considérable.
éléments graisseux, lipomes. — C’est dans les mailles du tissu cellulaire que se dépose la graisse . Celle-ci est constituée par un amas de vésicules microscopiques (fig. 5) renfermant un liquide huileux et transparent : les plus grosses de ces vésicules peuvent être
(1) Le mot tumeur (de lumere9 être enflé), qui effraye tant de personnes, est pris, dans le langage médical, pour le synonyme de gonflement. Un abcès est une tumeur.
vues à l’œil nu. Leur multiplication exagérée sur un point de l’économie, au dos principalement, détermine les tumeurs indolentes connues sous le nom de lipomes (Xi'tuot, graisse).
propriétés de la graisse. — Régulièrement distribuée à la surface du corps, la graisse atténue l’àpreté des formes et leur prête
Fig. 4. — Éléments du tissu cellulaire.
B, Fibres jaunes élastiques anastomosées entre elles et mélangées aux fibres blanches du tissu cellulaire.
Fig. 5. — Faisceaux du tissu cellulaire avec quelques vésicules graisseuses. (Grossissement, 320.)
une grâce toute particulière : elle est donc une condition importante de la beauté ; et le proverbe dit avec raison que « jamais belle chair ne fut près des os » . Un embonpoint excessif est, au contraire, une difformité désagréable.
Le rôle physiologique de la graisse est de servir d’aliment à l’économie en cas d’inanition. C’est aux dépens de leur graisse que les animaux dormeurs, comme la marmotte, le hérisson et le loir, se nourrissent pendant la durée de leur engourdissement. Si la dépense est plus forte que la provision emmagasinée, il en résulte de l’amaigrissement ; si, au contraire, la recette est supérieure, la graisse s’accumule dans les mailles du tissu cellulaire qui lui sert de grenier d’abondance et produit l’obésité ou la poly sarcle (tcoXuç, beaucoup; <jap£, chair). C’est, nous l’avons dit précédemment, ce que l’on observe chez les personnes qui aiment la table et prennent peu d’exercice. Le mode d’engraissement des volailles par la méthode dite « des épinettes » est encore une application de ce principe : on gorge ces ani-
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maux de nourriture en les tenant enfermés dans un compartiment étroit qui les empêche de se mouvoir.
L’obésité n’est pas toujours l’effet d’une alimentation exagérée, pas plus que la maigreur n’est la conséquence nécessaire d’une nourriture insuffisante. Certaines personnes mangent peu et engraissent beaucoup, tandis que d’autres jouissent d’un appétit excessif et restent maigres. Ces anomalies dans le développement des éléments graisseux sont dues à une prédisposition individuelle, souvent héréditaire, à laquelle il est bien difficile de remédier. M. Hillairet a présenté, en 1881, à l’Académie de médecine, une enfant de six ans qui était atteinte d’une obésité phénoménale. Elle a commencé à engraisser vers l’àge de trois mois et cependant elle ne recevait d’autre nourriture que le lait de sa mère, n’ayant été sevrée qu’à quinze mois. Sa hauteur mesurait lm,15, la circonférence de sa taille lm,07 et son poids était de 124 livres; les yeux étaient à peine visibles au milieu de la bouffissure des joues et les seins extrêmement volumineux retombaient sur le ventre.
La graisse étant un corps mauvais conducteur de la chaleur, sert encore de couche isolante à l’économie ; elle préserve ainsi les organes profonds des variations brusques de la température extérieure et empêche les déperditions de la chaleur animale. C’est pourquoi les personnes grasses sont moins sensibles au froid que les personnes maigres. 11 semble aussi que l’atmosphère graisseuse qui enveloppe les extrémités nerveuses fasse perdre à celle-ci une partie de leur excitabilité, car la graisse permet de supporter facilement l’action des agents physiques et celle des impressions thermiques. Cette insensibilité relative explique comment des cochons vivants se laissent entamer les flancs par des souris.
bourses muqueuses. HYGROM i. — Au niveau des saillies osseuses et de tous les points du corps soumis à des frottements répétés,
ractérisent ainsi la nature : les tailleurs, par exemple, ont une bourse séreuse sur la partie externe des chevilles. Les couvreurs, les parqueteurs, les raboteurs et toutes Içs personnes qui restent longtemps agenouillée^
ont la bourse muqueuse située au-devant de la rotule (10, fig. 7) trèsdéveloppée ; cette bourse est souvent le siège d’une hydropisie appelée hygroma (uypoç humide).
La connaissance des bourses séreuses professionnelles sert en médecine légale à établir l’identité d’un individu.