IV. — Structure du corps
priivcipes immédiats. — La matière organisée qui entre dans la constitution des animaux est formée de substances organiques dites principes immédiats , tels que la fibrine , Yalbumine, la caséine , la stéarine , la cholestérine, etc. Ces principes immédiats, qui sont aussi ceux des végétaux, sont susceptibles d’être décomposés par l’analyse chimique en principes élémentaires , de nature inorganique, comme Yoxygène , le carbone , Y hydrogène , Y azote, le soufre , etc.
éléments anatomiques. — La combinaison des principes immédiats entre eux donne naissance à des corps microscopiques, appelés éléments anatomiques, qui se présentent sous des aspects très-variés : ils affectent tantôt la forme de granulations, tantôt celle de cellule, de fibre ou de tube. Ils se développent au milieu d’une substance organisée amorphe qui préside à leur nutrition. Ces éléments anatomiques se renouvellent sans cesse, ils sont dans une mue perpétuelle : ils naissent, se développent et disparaissent pour faire place à d’autres éléments de même nature qui subiront, à leur tour, les mêmes métamorphoses. Ce n’est donc pas tous les cinq ans que le corps humain se renouvelle, comme on le dit ordinairement,
mais sa forme et sa structure varient d’un instant à l’autre et d’une manière imperceptible à nos sens. On est plus près de la vérité quand, à l’exemple des anciens, on compare le corps au fameux vaisseau de Thésée, qui, à force d’avoir été radoubé, n’eut plus une seule de ses pièces primitives. Liebnitz a écrit, avec non moins de justesse : « Notre corps est dans un flux perpétuel comme une rivière, et des parties y entrent et en sortent continuellement. » De même Platon a parfaitement compris et expliqué la rénovation de nos organes, dans ce passage du Banquet : « On dit bien d’un individu, en particulier, qu’il vit et qu’il est le même, et l’on en parle comme d’un être identique depuis sa première enfance jusqu’à sa vieillesse, et cela sans considérer qu’il ne présente pas les mêmes parties, qu’il naît et se renouvelle sans cesse dans son ancien état, et dans les cheveux et dans la chair, et dans les os et dans le sang, en un mot, dans le corps tout entier. »
humeurs et xsssus. — Les éléments anatomiques s’assemblent entre eux dans un rapport invariable et sous une forme déterminée pour composer les humeurs et les tissus de l’économie.
Les humeurs sont plus ou moins fluides : elles circulent librement dans des canaux membraneux, comme le sang , le chyle et la lymphe ; ou bien elles séjournent dans des cavités, comme les humeurs de l’œil, la synovie des articulations ; ou enfin elles sont versées au dehors par des conduits spéciaux, comme le lait , la salive , Vitrine , la sueur , etc. Les humeurs répandues dans tout le corps représentent à peu près les neuf dixièmes de son poids, et un cadavre desséché par la chaleur artificielle d’un four tombe de 60 à 6 kilogrammes après l’opération. L’incinération des cadavres, que l’on propose de substituer à l’enterrement, est un procédé qui non-seulement volatilise les humeurs, mais encore désorganise les tissus en les carbonisant : aussi le poids du résidu obtenu est-il très-léger, 3Ks,60 en moyenne pour un corps pesant 60 kilogrammes : c’est le résultat recueilli à Milan dans la crémation de Mme Pozzi Locatelli.
Les tissus servent à former la charpente de nos organes : les principaux sont les tissus cellulaire , épithélial, glandulaire, osseux, musculaire et nerveux . Nous ne nous occuperons ici que du tissu cellulaire qui a été considéré par la plupart des anatomistes comme le tissu fondamental. Les autres tissus, qui n’en sont que des dérivés, seront étudiés avec les organes qu’ils concourent à former : les tissus épithélial et glandulaire, avec la peau ; le tissu osseux, avec les os ; le tissu musculaire, avec les muscles et le tissu nerveux, avec les nerfs.