RÉFLEXION DES RAYONS LUMINEUX A L’INTÉRIEUR DE
l’œil, ophthalmoscopie. — Les rayons qui pénètrent dans le globe oculaire pour impressionner la rétine ne sont pas tous absorbés par la choroïde ; une partie est réfléchie au dehors et produit une
Fig. 303 — Miroir ophthalmoscopique.
lueur oculaire. C’est sur cette réflexion des rayons lumineux qu’est fondé l’examen du fond de l’œil par les instruments appelés ophthalmoscopes (fig. 303). L’observateur éclaire le fond de l’œil malade en projetant, à l’aide d’un miroir réflecteur (fig. 304), les rayons qui pro-
viennent d’une source lumineuse quelconque. Ces rayons se réfléchissent et arrivent à l’œil de l’observateur par un trou ménagé au
Fig. 304. — Examen du fond de l’œil avec un ophthalinoscope simple.
centre du miroir réflecteur ; de cette façon, l’image de la rétine examinée vient se former sur la rétine de l’observateur. Comme celte
Fig. 303. — Examen de l’image renversée.
image est petite et renversée, on se sert, pour la grandir et la redresser, d’une lentille biconcave (fig. 306), placée à quelques centimètre*
Fig. 306. — Examen de l’image droite.
de l’œil malade. Lorsqu’on emploie une lentille biconvexe (fig. 305), l’image de la rétine est plus grande, mais toujours renversée.
illusions de læl vue. — Les illusions de la vue sont des erreurs de jugement sur certains phénomènes lumineux visibles pour tous, tandis que les hallucinations visuelles, dont nous nous occupe-
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rons bientôt, sont des sensations subjectives de la vue qui sont propres à l’individu.
Aux illusions d’optique que nous avons déjà signalées, nous ajouterons : le vertige, qui se manifeste après une rotation rapide de notre corps et qui nous fait voir les objets tourner en sens inverse ; le mouvement ascensionnel des rochers à travers une chute d’eau ; les illusions produites dans un convoi de chemin de fer qui, en marche, nous paraît immobile, tandis que le paysage environnant nous semble en en mouvement ; le relief produit par le stéréoscope ; la perspective des tableaux ; les effets obtenus avec les instruments d’optique amusante, tels que le zootrope, la lanterne magique ; les illusions dues à la réfraction de la lumière, comme le mirage, le géant du mont Broken, la fée Morgane, l’arc-en-ciel. Les thaumaturges de l’antiquité et du moyen âge, de même que de nos jours le physicien Robin, évoquaient leurs
Fig. 307.
apparitions et leurs spectres par une application des lois de la réflexion delà lumière. C’est ainsi que Nostradamus fit voir à Marie de Médicis que le trône des Bourbons lui était destiné. L’expérience du décapité parlant est encore une illusion d’optique due à la réflexion des miroirs : L’individu a la tête seule visible ; il se dissimule sous une table à trois pieds, dont les intervalles sont remplis par des glaces étamées et inclinées suivant un angle tel que les spectateurs ne voient que l’image des
Fig. 308. Fig. 309.
murailles latérales qui sont recouvertes de tentures semblables à celles du fond, et ainsi le dessous de la table paraît vide.
Que d’exemples ne pourrions-nous pas citer encore ? Contentonsnous des suivants : Zôllner a remarqué que deux parallèles (fig. 307) 9 coupées de petites obliques inclinées l’une vers l’autre, paraissent se dévier sous leur influence. Dans la figure 308, indiquée par Helmholtz, les deux portions de la ligne mince ne semblent pas situées sur le
prolongement l’une de l’autre. De deux carrés égaux (fig. 309), composés de lignes parallèles, horizontales pour l’un et verticales pour le second, le premier semblera plus haut que large et l’autre, au contraire, plus large que haut : c’est pourquoi les étoffes rayées en travers font paraître les femmes plus grandes qu’elles ne sont.
halluciaatioxs de la vue. — Les hallucinations de la vue ou visions sont fréquentes chez les fous ; mais, comme celles de l’ouïe, elles peuvent se produire sans altération de l’état mental. Le labarum que Constantin vit dans le ciel ; l’apparition de saint Georges aux Croisés; le fantôme qui apparutàBrutus la veille de la bataille de Philippes ; l’apparition d’Apollon à Galien, auquel il ordonna de se livrer à l’étude de la médecine ; les visions célestes de sainte Geneviève ; l’apparition de saint Jacques à Charlemagne, dans la voie lactée ; celle de l’ange Gabriel à Jeanne d’Arc ; les visions de Mahomet ; les torches enflammées de Luther; les hosties que Ravaillac avait vues s’élever dans l’air plusieurs jours avant l’assassinat du roi; l’ange qui se présenta à Jacques Clément et l’engagea à tuer « le tyran de France » ; les scorpions que le cardinal de Brienne voyait dans son lit ; la femme de taille gigantesque qui apparut à Olivier Cromwell, lui prédisant qu’il serait le plus grand homme de l’Angleterre; les visions de Charles XI qui lui prophétisèrent la mort de Gustave III et le jugement d’Ankarstrœm, son assassin ; les spectres qui entouraient la couche du roi Richard ; « les faces hideuses et couvertes de sang » qui assaillirent sans cesse Charles IX après les massacres de la Saint- Barthélemy ; les visions du Tasse ; l’abîme que Biaise Pascal voyait toujours ouvert sous ses pas, depuis son accident de voiture du pont de Neuilly; le spectre qu’aperçut Spinoza dans sa retraite de Rhimbourg ; celui qui visitait quelquefois Byron ; la vieille femme qui apparut à Bernadotte, roi de Suède ; enfin l’étoile que Napoléon Ier montra au général Rapp en 1806, sont autant d’hallucinations visuelles compatibles avec la raison.
Certaines substances, comme le datura stramonium, la jusquiame, le solanum somniferum, la belladone, l’opium, le haschisch, les liqueurs alcooliques, le chloroforme, le protoxyde d’azote, etc., ont la propriété de provoquer des hallucinations passagères de la vue. L’eau de Lethé, l’eau de Mnémosyne, le Cicéion et autres breuvages mystérieux que l’on prenait , lorsqu’on venait demander aux dieux des songes fatidiques ou se faire initier aux mystères d’Éleusis, étaient probablement préparés avec ces substances.
Les hallucinations de la vue se manifestent encore dans certaines maladies, telles que la catalepsie, l’hypochondrie, la chlorose, la chorée, la rage, etc.
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