‹ Le Corps Jaune et la Cause Déterminante de l'AccouchementChapitre 9 sur 16 · THÉORIES QUI METTENT EN CAUSE LES FIBRES MUSCULAIRES DE L'UTÉRUS · texte numérisé non relu

THÉORIES QUI METTENT EN CAUSE LES FIBRES MUSCULAIRES DE L'UTÉRUS

E. — Théorie de la maturité de la fibre utérine. — Labstein et Chaussier admettent que les fibres utérines aboutissent progressivement à une sorte de maturité qui les rend aptes à se contracter énergiquement et qui survenant au terme de la grossesse, amène à ce moment l'accouchement. Pure hypothèse que rien ne justifie (Auvard).

F. — Théories de l'irritabililé des fibres de l'utérus.

MAGIE — L'irritabilité utérine, somnolente pendant tout le cours de la grossesse, où elle ne se révèle que par des contractions peu énergiques, se manifesterait dans tonte son énergie au terme dela gestation, mise en éveil soit par la distension du corps, soit par celle du col, d’où deux théores :

a) Théorie de la distension du corps utérin. — Cette théorie qui admet une analogie complète entre l’expulsion du fœtus et l’excrétion de l'urine et des matières fécales, a été émise par Mauriceau, reprise par Power, P. Dubois et le professeur Depaul et défendue de nouveau en 1887 “par Garimond. (Étude des causes déterminantes de l’accouchement à terme,etavant terme x Arch. d'obstétrique et de gynécologie).

Pour cet auteur, les causes de l’accouchement seraient les suivantes: « 1° L'accouchement êt ses derniers phénomènes préparatoires ont lieu par suite de la rupture de l’équilibre entre l'œuf et la matrice. Celle-ci ne pouvant plus augmenter d’étendue aux environs du neuvième mois, se trouve dans un état de tension telle, que le volume croissant du fœtus suscite nécessairement des phénomènes réactifs et réflexes. Les premières contractions amênent l’effacement du col, mais la provocation par la marche progressive de l'embryon devenant incessante, et le volume de celui-ci n'étant pas en rapport avec l'étendue de la cavité, le col s'entrouvre et l’accouchement s'effectue,

« 20 Dans lavortement réalisé par la mort du fœtus avec conservation de l'intégralité de l’œuf, Futérus, d’abord immobile, soumis plus tard à un travail regressif, va au

| devant de son contenu, sans que la rétractilité joue un rôle important, l’enserre, le presse de tous côtés, trouve en lui une provocation, sa fibre s'arrête, se contracte et expulse l'œuf. Donc nous pouvons appliquer cette loi générale : l'expulsion se fait lorsque les rapports de volume entre le contenant et le contenu ont perdu leur équilibre, et ont ainsi suscité l’irritabilité utérine.

«© 3° Dans l'avortement avec rupture de la poche des eaux, le liquide amniotique vient-il à s’écouler par une ouverture déclive, qui permet à sa plus grande partie de se vider à l'extérieur, l’expulsion est considérée comme devant être la conséquence nécessaire. Elle a lieu d’habitude, de la première heure au treizième jour après l’accident. Les fibres de l'utérus obéissent à la rétractilité dont j'ai déjà signalé l'importance. Elles reviennent sur elles-mêmes, tantôt rapidement, tantôt lentement. Elles se raccourcissent, se moulent exactement dans le corps du fœtus, comprimant sa surface dure, irrégulière et reçoivent nécessairement de leur contact forcé avec l’embryon, une excitation à laquelle elles répondent en entrant en contraction et en accomplissant le travail.

« 4° Dans lhémorrhagie, le sang, corps étranger interposé entre la matrice et l'œuf, détermine directement la contraction.

« 5° Enfin dans tous les cas, la contractilité est stimulée par des actions sur les tissus ; par des réflexes ou par des troubles de nutrition ».

Cette théorie, on le voit, dit À. Charpentier, n’est autre

LAGOUR 2

| / tee

que celle que Guyon a exposée à l'Académie des Sciences (mars 1887) pour expliquer l'expulsion de l'urine.

Auvard s'élève contreelle en ces termes : « Cette analogie séduisante au premier abord ne peut satisfaire l'esprit à un examen attentif ; car la miction se fait à des intervalles variables suivant les personnes ; il en est de même de la défécation, à moins que l'habitude n’eut établi une régularité factice. Or s1 l'accouchement avait lieu par un mécanisme semblable, le moment de sa production devrait être également variable et se montrer tantôt à sept, huit ou neuf mois. D'autre part la même femme accouche à terme d’un seul fœtus (grossesse simple) et de deux fœtus (grossesse gémellaire) ; or dans ce second cas l'utérus étant beaucoup plus distendu que dans le premier, l'accouchement, si la distension était bien la cause déterminante principale du travail, aurait dû se produire plus tôt. Enfin dans la grossesse extra-utérine, quoique le fœtus siège en dehors de l’utérus, on voit au terme normal de la grossesse, survenir un'pseudo-travail qui ne peut être expliqué par la distension de l'utérus, le contenu faisant défaut. Cependant, je n'insiste pas sur cette objection, les contractionsutérines douloureuses qui surviennent à ce moment peuvent être attribuées au détachement de fragments de caduque.

Pour Goulard cette théorie ne peut être adnfise, car, faitil justement remarquer, qu’à terme, la surdistension ne peut être invoquée comme cause de travail, Putérus n’est pas encore très distendu, puisqu'il est encore assez dépressible pour permettre au palper de distinguer les parties fœtales.

b) Théorie de la distension du col utérin. — Levret, dont lopinion a été admise par Baudelocque et ensuite par

Desormeaux, supposait que l'utérus sedéveloppe au dépens

de son fond et de son corps, pendant les quatre ou cinq

premiers mois de la grossesse, puis, qu'à partir de cette époque, le col concourt à l’ampliaition du reste de organe, par une dilatation qui se fait de la partie supérieure à la partie inférieure. Les fibres du corps, dès le milieu de la grossesse se contracteraient, exerceraient des tiraillements sur les fibres du col, dont les anneaux s’ouvriraient successivement de haut en bas, jusqu’à ce qu'il ne reste plus que l'orifice inférieur, alors que le travail commencerait.

A. Petit admet la même explication, tout en la formulant eu d’autres termes : « Je regarde, dit-il, le col comme un magasin dans lequel la nature a mis en réserve la quantité de fibres musculaires dont elle à besoin pour fournir, par leur développement, l'expansion de l'utérus pendant le cours de lagestation. Dans l’ordre naturel, cette expansion, une fois commencée, marche d'un pas égal avec l’accroissement d'un fœtus. Tout est compassé, fixé de manière que, quand celui-ci est assez développé pour supporter l’action des agents extérieurs, toutes les fibres du col ont cédé et ce magasin est épuisé. L'accouchement se fera donc quand toutes les fibres qui avaient été mises en réserve principalement dans l'épaisseur du col, auront été employées ».

Cette théorie de l'effacement du col peudant la gros-

sesse, cambattue par Stoltz et d’autres, ruinée par les

fee Cri RuE constatations anatomiques de A. Martin, de Brawn, de Pinard et Varnier, ne peut donc servir à expliquer pourquoi l'accouchement a lieu presque toujours à la même époque (R.Dessaignes et Lepage). Auvard ne saurait admettre cette théorie, car, dit-il, le plus souvent le col ne s’efface pas pendant la grossesse, mais seulement au début du travail. HER

« Quoi qu'il en soit de la théorie de Levretet de À. Petit, dit Tarnier, il y a un phénomène qui joue un rôle très important comme cause déterminante de l’accouchement, est le ramollissement du col. En effet, il existe pendant la plus grande partie de la grossesse, des contractions indolores, perçues facilement par la palpation de labdomen ; la femme elle-même en a conscience lorsqu'elles sont accompagnées d’un sentiment de resserrement, de tension dans le bas-ventre. Or, ces contractions font un effort inutile sur l'orifice interne aussi longtemps que son tissu reste ferme et résistant. Au contraire quand if est atteint par leramollissement qui s’effectue progressivement de bas en haut et s’étend, selon Bandl, jusqu’au segment inférieur du corps de l'utérus. les contractions deviennent efficaces.

« Quelle que soit l'époque à laquelle il arrive à son apogée, que ce soit vers la fin de la grossesse, comme le croit Stoltz, ou beaucoup plus tôt, ainsi que le pense Band, la conséquence de ce phénomène, c'est l'ouverture de la cavité cervicale, de haut en bas et finalèment le contact

direct entre l’orifice externe du col et la portion inférieure

of is

de l'œuf, d’où augmentation de réflexes el par suite contractions utérines. »

G. — Théorie de Tarnier. — Après avoir passé en revue toutes les théories dans son Traité de PArt des Accouchements, Tarnier continue ainsi: « En résumé il ne semble pas qu’on doive attribuer à une cause unique Je début du travail de l'accouchement. Ilest au contraire, probable qu’un certain nombre de causes s'associent pour le déterminer. A la fin du neuvième mois, le développement de la matrice, l'hypertrophie de ses fibres musculaires, l’accroissement de ses nerfs et de son système veineux, l'effacement du col, le décollement de la caduque au niveau du canal cervico-utérin, le rapport direct entre les membranes de l'œuf et l’orifice externe, enfin les mou-

vements répétés et énergiques du fœtus à cette époque de la gestation, sont autant d'éléments qui jouent un certain rôle dans l'étiologie de l'accouchement, car tous augmentent l’excitabilité de l'utérus et sollicitent, par action réflexe, les contractions de cet organe ».

Goulard admet que l’ensemble de toutes les causes signalées ci-dessus peut être l’origine des contractions utérines; ces causes sollicitent les réflexes utérins et l'utérus se contracte ; quand {es contractions deviennent assez intenses et douleureuses, le travail commence.

Garimond dont nous avons vu précédemment la théorie, n'est pas du même avis et s'élève contre celle de Tarnier en ces termes:

« Oserai-je le dire, cet assemblage de faits, incontes-

tables pour la plupart, pour la plupart aussi étrangers à

l'impulsion première, n'apporte que la confusion sans rien préciser. Lorsque tant de causes sont invoquées n°ÿ a-1-il pas lieu de croire qu'aucune d'elles ne puisse satisfaire l'esprit, et que celle qui devrait résoudre le problème, ne soit restée dans Poubli ? Remarquons qu’il n’est nulle part question du développement du fœtus, non plus que de Parrêt de l'hypertrophie de l'utérus. Cette dernière indication a été seule examinée avec soin par les auteurs anciens. Elle est insuffisante, quoique nécessaire pour tout expliquer, mais elle joue un rôle important, et c'est à tort que nous la laisserions de côté ». |

Nous voyons, après cette revue générale des théories émises jusqu'à ce jour, que nous sommes bien loin d’avoir une explication exacte de la cause déterminante de l'accouchement, pouvant tout au moins satisfaire l’intelligence dans tous les cas.

Devons-nous pour cela, nous contenter de dire comme Avicenne : |

Au temps voulu, l'accouchement se fait par la grâce de Dieu :

Non, les acquisitions récentes en physiologie nous tracent une nouvelle voie ; nous devons la suivre et peut-être

nous conduira-t-elle au but ? Nous osons l'espérer.

L’ovulation, la menstruation et le faux corps jaune.

Avant d'aborder le sujet même qui nous occupe, il est indispensable pour faciliter notre tâche, de revoir rapidement l’ensemble des fonctions de l'ovaire et de Putérus.

-« La vésicule de de Graaf en voie de développement arrive peu à peu à un diamètre qui égale un demi-centimètre, un centimètre et même une étendue assez grande quelquefois pour égaler le volume de l'ovaire. En même temps elle diminue d'épaisseur au niveau de son pôle périphérique où ovulaire, Les vaisseaux disparaissent sur ce point qui semble s’atrophier. Il devient bientôt si mince, que la rupture de Povisac est imminente. Le moindre ébranlement imprimé à ses parois suffit alors pour determiner sa rupture, qui se produit aussi spontanément à la suite d’une légère augmentation dans la quantité de liquide exhalé. Mais que sa déhiscence soit spontanée ou provoquée, son mécanisme ne diffère pas sensiblement ; elle reconnaît toujours pour cause première la turgescence du bulbe, dans lequel le sang afflue avec d'autant plus d'abondance que la vésicule est plus volumineuse. Au début de son évolution, le bulbe se laisse déprimer.

& À mesure qu’elle s'accroît, lafflax sanguin devenant plus considérable, et les faisceaux musculaires (des auteurs

récents nent l'existence de ces fibres musculaires), d’une

DNS Re

autre part, se contractant, il réagit avec plus dénergie, refoule au dehors la vésicule, qui de son côté Lena à le refouler en sens contraire pour satisfaire à son mouvement d'expansion. De cette sorte de lutte établie entre deux organes qui se repoussent mutuellement résultent la déchirure de celle-ci et l'expulsion de l’ovule: cette expulsion constitue la ponte ou lovulation spontanée, appelée aussi ponte périodique.

« Tandis qué ces phénomènes se passent dans la vésicule ovarienne et dans le bulbe, d’autres non moins importants se montrent dans les trompes et la matrice.

« Les trompes de Fallope, d’un blanc grisàtre dans l'état le plus habituel, prennent une coloration rosée ou rouge, quelquefois presque livide Leurs fibres muscu: laires se. contractent, ainsi que celles de l’aileron dans lequel elles sont situées et celles du ligament rond postérieur. Sous l'influence de ces contractions, le pavillon s'applique à la surface de l'ovaire pour recevoir la vésicule dont la déhiscence est imminente. Au moment où elle se déchire et où les parties qui l’entourent réagissent sur ses parois pour en expulser le contenu, les rapports de la glande avec son conduit excréteur sont donc tels que leur continuité se trouve pour ainsi dire rétablie. L'ovule passe donc immédiatement de l’ovisac dans l’oviducte.

« La matrice, subissant aussi l'influence de la surexcitation fonctionnelle qui rayonne de l’ovaire vers tous les points de Pappareil génital, devient le siège de modifica-

tions plus remarquables encore, Le sang afflue dans ses

parois ; il remplit ses artères et surtout ses énormes veines en sorte qu’elle se trouve dans un état très analogue à celui du bulbe de l'ovaire. D'autre part, la muqueuse utérine augmente d'épaisseur et détendue, elle se plisse, ses vaisseaux se développent, et bientôt il s’en exhale un liquide d’abord peu abondant et de couleur rosée qui se mêle au mucus utérin et au mucus vaginal. A cette exhalaison succède une véritable hémorrhagie qui persiste trois, quatre ou cinq jours, et qui, diminuant ensuite, ne tarde pas à se supprimer pour se reproduire spontanément chaque mois jusqu'à l'âge de quarante-cinq ou cinquante ans.

« C'est à cet écoulement qu'on a donné le nom de menstruation. coïncide toujours avec la ponte périodique. Négrier, le premier en 1831, a signalé cette coïncidence. Tous les faits recueillis depuis cette époque sont venus la confirmer. Ils ont démontré, en outre, que la mensiruation est subordonnée à la ponte, en d’autres termes, que la déhiscence des vésicules ovariennes se traduit au dehors par l’éruption des règles. Cette hémorrhagie est le signe extérieur des modifications que subit l'utérus pour se préparer à recevoir le germe et l’entourer des conditions les plus favorables à son développement.

« La rupture de la vésicule ovarienne peut s’opérer pendant toute la durée de Pécoulement menstruel, Mais elle a lieu en général à la fin des règles. Ce moment est donc celui où l'aptitude à la fécondation est portée chez la femme à son plus haut degré ». (Sappey)

On voit par la lecture de ces pages ct selon beaucoup

d'auteurs également, que le phénomène initial de l'ovulation et de la menstruation est une congestion des organes de là génération.

Cette congestion produit dans la substance médullaire de l'ovaire une tension excentrique qui chasse l’ovule de l’ovisac qu’elle déchire.

Du côté de l'utérus, comme phénomènes concomitants, elle provoque également une tension, mais concentrique cette fois, et par l'acide carbonique contenu dans le sang qui y arrive en abondance, la contraction des faisceaux musculaires. Tension et contraction ont pour but ici Pexpulsion de la muqueuse utérine hypertrophiée.

Cette tension, produite par une même cause, la congestion et qui est excentrique dans l'ovaire et concentrique dans l’utérus, tient probablement à ee que Le premier est un ovoïde plein et le second un ovoïde creux, ou bien peut-être à ce que la congestion se produit dans l'ovaire au centre, portion bulbeuse, tandis que dans la matrice elle se fait à la périphérie, parois, et autour d’un espace vide, cavité utérine.

On peut donc dire sans conteste que c’est la congestion des organes de la fécondation qui produit à Ja fois et l'ovulation et la menstruation. R |

Quelle est la nature de cette congestion ? Est-elle active, c’est-à-dire due à une excitation de vaso-dilatateurs utero-ovariens ? ou est-elle passive, due simplement à une stase sanguine dans les vaisseaux de l'utérus et de l'ovaire par suite d’une gène de la circulation en retour.

L'hypothèse d’une congestion passive ne peut être ad-

Si aies

mise, Car On ne voit nulle part dans le tr ajet des veines utéro-ovariennes, une cause quelconque ÿ empêchant la

circulation. Cependant, il se produit bien dans l'utérus :

une entrave à la circulation en retour, par suite de la contraction des fibres musculaires qui étranglent les veines et les sinus à parois minces, tandis qu’elles sont sans action sur les parois artérielles plus épaisses et plus résistantes; mais cette contraction étant elle-même due à l'acide carbonique en excès, apporté par le fait de la congestion seule, ne peut être prise pour la cause puisqu’elle n’en est que l'effet.

Quant à la première, elle peut être prise en considération, mais alors une nouvelle question se pose: Quel serait l'excitant de ces vaso-dilatateurs ? car nous savons que la congestion active est le résultat de Pactivité de ces nerfs,

En effet, ces nerfs qui semblent rester dans un état d'indifférence absolue, ou plutôt dans un état de paralysie pour ainsi dire, pendant toute la période intermenstruelle, entrent en action juste au moment de l'ovulation, comme réveillés par un agent excitateur quelconque, pour provo-

quer la congestion des organes de la génération.

Si en ce moment, on jette un coup d’œil sur l’ensemble

des organes générateurs, on observe. que cette excitation, ou plutôt ce réveil des vaso-dilatateurs coïncide exactement avec la disparition du corps jaune de la menstruation.

On sait que l’ovisac, après l'expulsion de l'ovule, se

iransforme en une glande à sécrétion interne appelée

corps jaune de la menstruation ou faux corps jaune. Cette glande s’hypertrophie pendant les neuf ou dix premiers jours, c’est-à-dire pendant le premier tiers de la période intermenstruelle, puis s’atrophie progressivement par résorption pendant les deux derniers tiers, pour disparaitre complètement en tant qu'organe, au moment de l’ovulation suivante, en ne laissant à sa place qu’une cicatrice qui s’effacera bientôt.

C’est juste au moment de la disparition du corps jaune et de sa sécrétion, que la congestion de l'ovaire, des trompes et de l’utérus se reproduit et dure jusqu'au moment où un nouveau corps jaune se formant, vienne la faire disparaître par son produit d'élaboration.

On voit donc ainsi, que cette excitation des vaso-dilatateurs utéro-ovariens coïncide parfaitement avec la disparition du corps jaune et que ces deux phénomènes se succèdent invariablement tant qu'aucune cause pathologique ou une grossesse ne vient troubler le cours de leur marche.

Peut-on, de cette constatation, déduire que l’excitant, c'est-à-dire la cause de la vaso-dilatation et conséquemment de la congestion des organes génitaux réside dans l’oariule ?

Oui, puisque nulle autre part nous ne trouvons l’explication de cette congestion et qu’ensuite, cette dernière ne se produit invariablement qu'au moment de la disparition du corps jaune; mais il faut bien remarquer que cette cause ne peut y exister sous forme d’excitant, car au

moment même de cette vaso-dilatation, le corps jaune à

Loge

disparu comme glande et ne peut par conséquent sécréter aucun principe qui puisse être considéré. comme l’excitant présumé. :

Au contraire, nous pensons que le corps jaune, pendant toute son évolution, c’est-à-dire pendant toute la période intermenstruelle, sécrète un produit qui a la propriété de modérer, d’endormir, de paralyser pour ainsi dire les vaso-dilatateurs utéros-ovariens et qui empêche ainsi la congestion de ces organes pendant tout le temps de cette même période intermenstruelle.

Quand le produit de sécrétion vient à disparaître, ces nerfs reprennent simplement leur propriété physiologique et provoquent naturellemeutla congestion utéro-ovarienne, congestion qu'ils maintiendront jusqu'à la formation d’un second corps jaune, qui, par son produit, les paralysera de nouveau pendant toute son'existence, c'est-à-dire jusqu'à l'ovulation suivante.

Cette reviviscence, si nous pouvons nousexprimer ainsi, de la fonction des vaso-dilatateurs, après la suppression du produit oariulique, ne se localiserait pas simplement sur le plexus ovarien, mais s’étendrait aussi sur d’autres nerfs pour produire un ensemble de phénomènes appelé molimina menstrualis et qui sont : « une congestion de la moëlle épinière, un endolorissement de la région lombaire, des phénomènes de la sensibilité excentrique, des douleurs périphériques qu'il faut rapporter à la moëlle » (M. Duval) et à quoi on peut ajouter une congéstion plus ou moins douloureuse des glandes mammaires.

La disparition du corps jaune a non seulement une

RQ Te Dep

action excitatrice sur quelques vaso-dilatateurs de l'organisme, il semble qu'elle réveille également l’excitabilité de certains nerfs sensitifs : c'est ce que semble prouver l’ovariotomie : É

« On sait que l’ovariotomie provoque souvent à sa suite des troubles nerveux et congestifs, consistant en bouffées de chaleur pénibles, congestion de la face, céphalalgie, vertiges, rachialgie, insomnie, cauchemars, troubles dyspeptiques, asthénie neuro-musculaire, modifications de caractère, parfois crises syncopales, etc.

« Sous l'influence de l’ovarine, les phénomènes d'ordre congestif (bouffées de chaleur, céphalée, etc.) disparaissent les premiers (Lissac, Jayle). L'opothérapie ovarienne s'est montrée encore efficace lorsque les mêmes phénomênes se montrent sous l'influence de la ménopause naturelle » A. Manouar. Traité élémentaire de thérapeutique, 4° édition, page 794. Ne

L'oariule aurait donc par son fonctionnement, en dehors de son action sur la nutrition générale de l’organisme (1), une autre plus importante et élective sur les vaso-dilatateurs utéro-ovariens qu'il paralyse ou tout au moins modère leur action de façon à empêcher la congestion de ces organes. Cette action .modératrice est naturellement

subordonnée à l'existence de la sécrétion oariulique :

(4) Curatuto et Tarulli : « Suivant la théorie de Brown-Séquard, à l'exemple de toutes les autres glandes de l’organisme, les ovaires séerètent un produit incessamment versé dans le sang et de composition chimique encore inconnue, qui favorise l’oxydation des substances organiques qui renferment du phosphore, etc. ».

elle persiste tout le temps que dure cette sécrétion et disparaît avec elle faute d’aliment. ie On peut donc avancer maintenant, que la cause de l’ovulation et de la menstruation, de la congestion des organes génitaux, de la vaso-dilatation des vaisseaux utéroovariens, de l’entrée en activité en un mot des vasodilatateurs utéro-ovariens est la disparition du corps jaune

ou encore mieux de son produit de sécrétion.

Identité des phénomènes de la menstruation et de ceux de l’accouchement

La cause de l'ovulation et de la menstruation trouvée, étudions donc les rapports qui existent entre cette der-

nière et la parturition, On sait qu'à l’époque de l'ovulation, il se produit dans

Putérus :

1° Une congestion des vaisseaux, d’où une tension diri-

gée vers la muqueuse ;

2° Une contraction des faisceaux musculaires provoquée par la présence de l'acide carbonique en excès, apporté par l’afflux sanguin.

3° Le décollement et l’expulsion en entier (1) ou en

(1) M. Duvar. Cours de physiologie, page 653 : « Parfois la desquamation de l’épithélium utérin se faittout d’une pièce, et les règles sont accompagnées de l’expulsion d’une fausse membrane reproduisant exactement le moule dela cavité utérine {(dysménorhée membraneuse exfoliante). La muqueuse utérine se sépare du tissu sous-jacent comme au moment de l'accouchement et est expulsée, tantôt entièrement sous forme de sac, à villosités externes ou internes, suivant qu’elle sort directement ou retournée sur elle-même, tantôt par lambeaux plus ou moins considérables. Quelques auteurs ont nié le détachement menstruel de ia muqueuse et prétendu que ce west là qu'un avortement des premiers jours ou des pr'emiéres semaines (Hausmann). Mais Courty a réuni plusieurs observations incontestables de menstrualion membraneuses chez des vierges et chez des femmes mariées, chez lesquelles, malgré l'interruption avérée des rapports

débris, de la muqueuse utérine avec l’ovule qu’elle contient ; | |

4° Une hémorrhagie qui dure de trois à cinq jours en moyenne. ‘

Tous ces phénomènes sont accompagnés soit de douleurs très vives, soit simplement d’un malaise général.

Que se passe-t-il du côté de l'utérus pendant le travail de l'accouchement ?

1° Une congestion d2 l’organe accompagnée forcément d’une tension dirigée vers la muqueuse ;

2° Une contraction des faisceaux musculaires provoquée par la présence de l’acide carbonique en excès. Cette contraction est naturellement en proportion avec le développement des fibres musculaires. Elle s'accompagne toujours de vives douleurs à cause du grand développement des filets nerveux qui ont suivi l’accroissement des fibres musculaires. |

3° Le décollement et l’expulsion de la caduque utérine avec tout son contenu: œuf et placenta, caduque qui n’est autre chose que la muqueuse utérine hypertrophiée et adaptée aux besoins de la gestation.

4° Une hémorrhagie qui au lieu de durer trois à cinq jours, persiste sous forme dé lochies pendant quinze à

conjugaux, le phénomène se reproduisait avec une persistance qui ne saurait laisser de doute sur sa nature ».

Nous-même, avons eu l’occasion de voir, grâce à l'amabilité de M. Blondel, chef de laboratoire de la Charité, une muqueuse utérine entière expulsée dans ces conditions. Elle provenait d’une de ses clientes qui à chaque époque menstruelle expulse une pareille fausse: membrane.

Page 1