MATE
est aussi fréquemment employé et avec de bons résultats. Le lait et les œufs qui constituent la base du régime des tuberculeux renferment de l’iode en quantité notable. La viande crue, qui a été considérée comme spécifique de la tuberculose,excite de façon énergique la sécrétion thyroïdienne {1).
On peut donc estimer que l'iode est un médicament précieux contre la tuberculose. Toutefois d’après notre travail, son action ne serait pas permanente. En effet, l'iode est assimilé grâce au corps thyroïde ; or comme nous l'avons vu, si cette glande est encore susceptible d’absorber l’iode au début de l'infection, il arrive souvent qu'au bout d’un certain temps, ce corps thyroïde devient scléreux et impropre à sa fonction. C'était le cas de la malade à qui nous avons fait suivre un traitement 1odé (obs. 35). L'iode doit donc être donné de préférence au début de la tuberculose, mais ce traitement doit être surveillé, car chez certains individus particulièrement susceptibles à cette médication, ou à doses trop fortes et trop longtemps continuées, il pourrait se produire, comme cela a été observé, de la diminution de volume, une véritable atrophie de la glande, ce qui irait justement à l'encontre du but que l’on veut atteindre. L'iode d'ailleurs ne doit pas être considéré comme le médicament spécifique de la tuberculose, nous le considérons seulement comme un précieux adjuvant à la médication habituelle.
Quant à la forme sous laquelle cet iode doit être donné,
(4) Loran», Congrès de la tuberculose, 3 octobre 1905.
nous pensons que l'extrait de corps thyroïde, à cause de sa composition mal connue encore au point de vue chimique et des produits complexes qu'il contient, ne doit pas être employé de préférence. Les iodures sont complètement à rejeter à cause de leurs propriétés vaso-dilatatrices susceptibles de donner des hémoptysies. L’iode en nature est susceptible de causer des accidents d’intolérance et, pour certains auteurs, serait dépourvu d'activité. Pour notre compte personnel nous croyons qu'il serait intéressant d’expérimenter de préférence les albumines iodées, actives et peu toxiques.