‹ Le CorrègeChapitre 39 sur 158 · DE MARGHERITA ALBANA LI · texte numérisé non relu

DE MARGHERITA ALBANA LI

cependant qu'une idée fort imparfaite de la personnalité et du talent de l'auteur. On y trouve sa science et son jug-ement, mais non sa sensibilité et son imagination. Il m'apparaît comme un exercice ascétique qu'elle s'imposa pour tromper l'ennui de son isolement de cœur. Son âme, à qui l'enthousiasme donnait des ailes et une sorte de génie, s'y montre à peine. Une chose y perce pourtant, sa compréhension et son grand amour de l'Italie qu'elle avait affirmée d'autre part en travaillant elle-même à sa résurrection nationale ^. Aussi pritelle pour devise de son livre la jolie canzone du roi Manfred. La Grecque amoureuse de l'Italie disait à sa patrie adoptive ce que le blond trouvère du Nord disait en rimes gracieuses à sa brune Sicilienne :

Il vero certamente credo dire Che fra le donne voi siete sovrana, E d'og-ni grazia e di virlù compita Per oui morir d'amor mi saria vita.

Cet amour conscient, cette intelligence vibrante, intelletto d'amore, dirait le Dante, d'une Italie idéale et en quelque sorte éternelle devait trouver son expression dans son livre sur le Gorrège, qui fut écrit dans l'épanouissement de tout son être et dans l'exaltation de son

*. Je née^ligerais une partie importante de l'activité de Marjs-uerite Albana en ces années si je ne citais, pour mémoire, les articles hebdomadaires qu'elle publia régulièrement pendant plusieurs années dans le Daily-news et qui obtinrent le succès le plus vif. Elle y résumait à grands traits les événements potitiques, militaires et sociaux de l'Italie qui se passaient sous ses yeux, racontant, au jour le jour, les derniers actes de cette grande épopée nationale du iî/sor^«men/o, qui avait commencé avec le siècle et devaitfîniren 1870.

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