LE CORRICOLO DUO
HECTOH.
Ne raillez pas ainsi, je vous offre la paix Plus de querelle désormais;
Votre main, allons.
Pas si vite.
Avouez et nous verrons ensuite.
HECTOR
• Je n’ai rien à me reprocher... non
CAROLINE
Non !... Alors nous restons en prison.
Avouez !
• HECTOR
On n’est pas toujours maître De soi-même...
CAROLINE
Avouez!
HECTOR
On n'est pas sans défaut.
CAROLINE
Avouez !
HECTOR
Votre cœur pardonnera.
CAROLINE
Peut-être.
Avouez ! Avouez !
Allons, puisqu'il le faut,
Je suis un grand coupable !...
CAROLINE
Ah ! je sais tout enfin ; monsieur, point de pardon!
HECTOR
C’est une trahison.
Voyez, le remords qui m’accable, i.
Ce n’est plus, madame, un époux
C'est un amant qui vous supplie,
Puisque l'aveuir est à nous.
Qu’à jamais le passé s’oublie.
Votre bonheur sera ma loi.
Pardonnez-moi. {Bis.)
Cet amour qu'au pied de l’autel Me jura votre âme attendrie.
Je l’ai perdu, ce don du ciel,
Rendez-!e moi, je vous en prie.
Mon seul amour c’est vous, c’est toi.
Pardonne-moi. (Bis.)
CAROLINE
Allons, puisqu’il le faut, je veux bien être bonne : Mais sachez à quel prix je pardonne .
HECTOR
Ordonnez, à tout je souscris. •
CAROLINE
Plus de long voyage,
De triste veuvage!
En mari soumis Rentrer au logis ! .
Dire à l’ilalie A Adieu pour la vie N’y plus revenir,
Même en souvenir;
M’adorer sans cesse Me rendre en tendresse Tout le temps perdu,
Et qui m’était dû.
A ce prix-là je vous pardonne.
Ah ! je vous pardonne !
Désormais plus de chagrin.
Sans regrets je vous donne Je vous donne ma main.
CAROLINE
Maintenant, comment allons-nous sortir des griffes de ce podestat?
HECTOR
C’est bien simple... nous allons lui dire qui nous sommes... et il n’aura plus aucun motif de nous-retenir,