‹ Le corrupteurChapitre 17 sur 115 · M. MIL LE-OE IL · texte numérisé non relu

M. MIL LE-OE IL

Oh! que si! Nos bandits l'ont suivie, guettée, cernée, et leur brutalité l'a fait choir dans un bon guet - apens à la cinquième apparition. Pouvions-nous souffrir long- temps que le personnage du Corrupteur fit rougir une foule de personnages corrompus , en présence du public assemblé qui s'en amusait malignement ? Le jeu des acteurs et des actrices prenait un ensemble dangereux et une vérité frapante. Nous étions perdus , et l'auteur eût échappé au mécanisme des chutes commandées , si nous n'eussions convoqué le ban et l'arrière-ban de nos hurleurs. Mais les jappemens , les abboiemens ont étouffé d'acte en acte la voix des comédiens et mis tout en déroute. Ce coup n'a pas d'exemple : on ne s'acliarnerait pas plus contre l'œuvre d'un scélérat , et pourtant le poète n'a jamais nui à personne. N'importe : s'il ose dire que ce tumulte n'est pas un jugement, s'il tente de nous noircir dans les esprits , nos scribes nous laveront de tout reproche et nous montreront tels que nous sommes, blancs, purs comme des agneaux. Je le crois culbuté pour toujours.

TRAG1-C0MP:DïE. xxvij

LA CENSURE

Me nous y fions pas ; les triomphes de nos amis nous coulent moins que ses défaites, et il combat seul, sans coterie qui le défende. J'entends quelqu'un venir... Sortez par l'escalier dérobé... Que vois-je ?

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