ACTE II, SCÈNE I
Les Anglais et leurs miss vont aux champs sans congé. Le comte en voyageant perdit tout préjugé : Il vit autant de mœurs qu'il a vu do costumes : Rien n'est ni bien ni mal que suivant les coutumes. A Sparte, par exemple, autrefois les garçons Aux mères arrachaient les filles sans façons ; Convoler à l'hymen leur semblait moins pudique; Et son amour se sert du moyen laconique.
ÉVARISTE
Vivat ! ce procédé lacédémonien
Trouve en un précepteur le plus docte soutien !
Bon , messieurs les savans ! ainsi , dans vos systèmes ,
De dogmes corrompus se composant des thèmes.
Vos esprits des auteurs ne se sont tant imbus
Qu'afin de recourir aux sources des abus.
Dans les siècles passés votre âge s'use à lire
Pour mieux mettre en valeur ce qu'ils eurent de pire ,
Et plus l'instruction vous a subtilisés,
Plus d'exemples pervers vous vous autorisez.
Ce temps-ci fait fleurir l'école des Prud'homme :
Pour moi , simple ignorant, qui me sens honnête homme,
Dans votre art sophistique étant moins studieux ,
J'ai pour juger le mal mon instinct et mes yeux ;
Et vous verrez qu'au bout ma droiture en pratique
Battra dans ses recoins votre métaphysique
Dont les progrès ne vont qu'à nous gâter le cœur.
Analysez cela , profond instituteur.