SCÈNE IV
ISORVILLE, FLORVAL, madame de CERCUEIL.
NORVILLE.
Ah! madame, arrêtez!... accueillerez-vous mal Un ami que de Laure amène ici le frère ? En brave il m'a tantôt sommé d'un ton sévère De réparer im tort excusé par l'amour , Et je viens à sa sœur m'engager sans retour.
FLORV AL.
Oui , ma cousine , il faut que l'inimitié cesse. Norville en galant homme accomplit sa promesse : J'avais souscrit d'avance à l'hymen qu'il prétend. On l'a rendu coupable en le lui contestant. D'abord, je fus outré de sa folle incartade; Mais je l'aime après tout ; c'est mon vieux camarade , Mon compagnon de chasse, et de table, et de jeu ;
Nos goûts et nos plaisirs diffèrent de très -peu :
Il m'a bien démontré que nos deux caractères
Dans la société nous unissaient en frères.
L'humeur de nos parens devient hors de saison...
S'il s'est en étourdi conduit dans la maison,
Franchement , c'est liéTïr faute encor plus que la sienne.
11 n'est après le mal qu'un parti qui convienne,
Le mariage ; eh oui ; l'on n'en parlera plus.
Ces points sont entre nous mûrement résolus.
Voyez : quel meilleur choix Laure peut -elle faire?
Aucun : il est bien né, bien fait, millionnaire;
De plus , son influence admise chez les grands
Peut m'avancer en grade et même aux plus hauts rangs;
Puis, une fois mari, plus sage en ses visées,
Ses amours cesseront d'aller sur mes brisées...
Oui, ma chère cousine, entendez -vous ceci?
Je cours vers nos parens pour les convaincre aussi;
Et , de ma jeune sœur dissipant les alarmes,
Je serai si pressant que tout rendra les armes.