SCENE PREMIERE
Madame de MELCOUR , Madame de GERCUEIL.
OANS VOUS fâcher , ma mère , un moment raisonnons.
Dans nos ressentimens si nous nous obstinons,
Le comte répandra que son amoureux zèle
Ne voulait que sauver d'une injuste tutelle
Laure à qui vous ôtiez la liberté d'un choix;
Qu'il en était chéri , qu'outre-passant vos droits
De son enlèvement vous seule fûtes cause,
Et qu'au fond de son cœur elle excusait la chose.
On le croira : le monde est assez médisant ;
Et, sur de tels rapports si chacun va jasant,
Ma cousine jamais ne sera mariée.
S'il l'obtient , tout est dit ; l'affaire est oubliée.
MADAME DE MELCOUR.
Oubliée.... ah! très-bien, de folles comme vous.
MADAME DE GERCUEIL.
Folle tant qu'on voudra; mais s'il n'en est l'époux. Je doute à d'autres yeux que ma cousine brille. Et l'aventure enfin l'expose à vieillir fille :