SCÈNE VIL LAURE, NORVILLE
LAURE
Ah , ciel !
Mademoiselle, eh quoi! vous fais-je peur?
'. LAURE
Oui , monsieur , une peur horrible.
NORVILLE.
A mon ardeur Pardonnez , belle Laure , un crime impardonnable. Le désir d'être à vous me rend seul excusable.
LAURE
Laissez-moi.... Je ne puis, monsieur, vous regarder, Vous écouter....
* Et fera voir comment de ces gens à scrupule,
* Quand survient l'intérêt, la fierté capitule.
8o LE CORRUPTEUR,
NORVILLE.
Pourquoi tant vous intimider ?
Je jurai sous vos yeux de ne plus reparaître Que nommé votre époux : il m'est permis de l'être.
LAURE
Vous, monsieur!.. Non, jamais! De grâce, laissez-moi ! Que je vous fuie....
NORVILLE.
Hélas! vous me fuir, et pourquoi?
LAURE
Pour ne plus vous revoir, pour éviter ma honte.... Mes motifs... est-ce à vous que j'en dois rendre compte? Ou laissez-moi sortir , ou sortez.
WORVILLE.
Votre vœu Est ma suprême loi; mais écoutez un peu....
LAURE
Si vous ne me quittez , j'appelle ici ma tante.
NORVILLE.
Votre tante, à mes feux plus que vous complaisante. Au pardon que j'implore a daigné consentir.
LAURE
Matante?...
NORVILLE.
Oui , sa bonté cède à mon repentir.
De ses préventions je l'ai désabusée :
Enfin cette entrevue est d'elle autorisée.
LAURE
Vous me trompez , monsieur ! Ma tante rougirait De souffrir entre nous quelque rapport secret.