‹ Le corrupteurChapitre 85 sur 115 · SCÈNE VIL LAURE, NORVILLE · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL LAURE, NORVILLE

LAURE

Ah , ciel !

Mademoiselle, eh quoi! vous fais-je peur?

'. LAURE

Oui , monsieur , une peur horrible.

NORVILLE.

A mon ardeur Pardonnez , belle Laure , un crime impardonnable. Le désir d'être à vous me rend seul excusable.

LAURE

Laissez-moi.... Je ne puis, monsieur, vous regarder, Vous écouter....

* Et fera voir comment de ces gens à scrupule,

* Quand survient l'intérêt, la fierté capitule.

8o LE CORRUPTEUR,

NORVILLE.

Pourquoi tant vous intimider ?

Je jurai sous vos yeux de ne plus reparaître Que nommé votre époux : il m'est permis de l'être.

LAURE

Vous, monsieur!.. Non, jamais! De grâce, laissez-moi ! Que je vous fuie....

NORVILLE.

Hélas! vous me fuir, et pourquoi?

LAURE

Pour ne plus vous revoir, pour éviter ma honte.... Mes motifs... est-ce à vous que j'en dois rendre compte? Ou laissez-moi sortir , ou sortez.

WORVILLE.

Votre vœu Est ma suprême loi; mais écoutez un peu....

LAURE

Si vous ne me quittez , j'appelle ici ma tante.

NORVILLE.

Votre tante, à mes feux plus que vous complaisante. Au pardon que j'implore a daigné consentir.

LAURE

Matante?...

NORVILLE.

Oui , sa bonté cède à mon repentir.

De ses préventions je l'ai désabusée :

Enfin cette entrevue est d'elle autorisée.

LAURE

Vous me trompez , monsieur ! Ma tante rougirait De souffrir entre nous quelque rapport secret.

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