ACTE V, SCÈNE II
L'art de ce scélérat , facile à deviner , Ne vous a compromis que pour vous enchaîner. C'est, vous dis -je, un coquin. Là-dessus, grand tapage. Puis, il leur a fait voir qu'en brouillant le ménage , A défaut de crédit , ses machinations Tendaient à réussir par les divisions; Qu'il fallait donc s'unir pour le confondre ensemble. Bref, les parens ont pris ce parti, ce me semble ; Le jeune homme , ma foi , comme un livre a parlé. Je n'ai pas retenu , dans tout leur démêlé , Le contre ni le pour , ni les faits ni les causes ; Mais il a prononcé... là... de très-belles choses! De plus , sur quelques mots au sujet d'un papier, Contre le président on s'est mis à crier ; Et l'officier Florval , en rompant l'assemblée , Est sorti brusquement , la mine encor troublée. A la porte ils m'ont vu , m'ont traité d'espion , Et je suis le martyr de leur confusion. Là , faut - il m'accuser de leur avoir fait honte ? Ai -je plus de torts qu'eux , pour me donner mon compte ? Les maîtres sont ainsi : pour eux très - indulgens , Des faiblesses qu'ils ont ils punissent leurs gens.
MARTE
Il n'est pas, mon bon Dieu, d'autre justice au monde : Les forts y font la loi ; c'est en vain qu'on en gronde.