‹ Le corrupteurChapitre 97 sur 115 · NORVILLE ET PRUD'HOMME · texte numérisé non relu

NORVILLE ET PRUD'HOMME

NOIIVILLE.

Oui , mon cher philosophe , on couronne ma flamme ; On me rappelle : allons , rêve à l'épithalame.

prud'homme.

J'ai déjà feuilleté mon vieil Anacréon, Un hymne de Catulle exquis dans sa façon, Du chantre de Tihur une ode bien tournée ; Mon luth est prêt ; j'entonne : Hymen ! 6 hyménée ! Je consacre en beaux vers, en rhythmes doux et purs, Cypris et les amours, et vos neveux futurs; Et, si de leur Mentor je touche quelque chose,

Je vous rappellerai que ma voix vous propose

De me nommer un jour leur digne instituteur.

Aux bonnes mœurs formés par un bon précepteur,

Ils a,uront.c0mniîe nous la haute théorie

Qui de notre pratique a réglé l'industrie :

Leur commentant Platon dès leurs plus jeunes ans,

Ma prudence en fera de nobles courtisans; . •u-pSiVi

Car les hommes de, cour savent, mieux que les sages,

Patiens dans la vie , essuyer mille outrages :

Notre Horace flatteur en a créé plus d'un;

Et la philosophie a cela de commun.

]>rO J^VILLE.

La mienne s'est bornée à nous croire semblables

Aux gens qui se targuaient d'être plus estimables.

Mon succès t'a prouvé si j'étais dans l'erreur.

Oncle , tante , cousin , frère et jusqu'à la sœur ,

Tous m'acceptent enfin. Vois l'effet de mes trames ;

A^ois à l'occasion comme cèdent les âmes !

Leur faut -il seulement, pour sauver leur fierté,

L'excuse du malheur par les offres tenté ?

Les motifs du besoin couvrent -ils leur faiblesse ?

Quelques légers appâts jetés avec adresse

De leurs fausses vertus ont amorcé l'orgueil ,

Et le moindre intérêt leur devient un écueil.

Si de leur noble honneur vaut si peu la chimère , *

A moins de frais sans peine on corrompt le vulgaire.

prud'homme.

Analytiquement c'est fort bien raisonné.

NO R VILLE

T^aure , avant son billet , m'avait presque étonné.

* Si leur intégrité n'était qu'imaginaire ,

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