ACTE y, SCENE V
prud'homme.
Vous en détachez - vous ? seriez -• vous si volage ? Vous l'aimiez comme un fou.
NORVILLE.
Parce qu'elle était sage.
prud'homme.
J'entends.
NORVILLE.
Une autre ici résiste encore au choc ; La vieille Marte.
PRUd'hO MME.
Elle a tenu bon ?
NORVILLE.
Comme un roc.
Simple , elle est toute à Dieu.
prud'homme.
Tant mieux , car , où nous sommes , 11 la sauve d'un mal : c'est d'être tout aux hommes.
NORVILLE.
T'en plains - tu ?
prud'homme.
Je vous suis dévoué sans regrets.
Vous négligez pourtant mes petits intérêts , Et parfois quelques mots me seraient nécessaires.
NORVILLE.
Tu me vois , c'est assez ; mon nom fait tes affaires.
prud'homme.
Fort bien !.. çà , de la vieille , au fond, que pensez-vous ?
NORVILLE.
Mon estime en son rang la met plus haut que tous : Et le reste , au prix d'elle , est une vile engeance.
prud'homme, Cl soi-même.
Ici - bas la vertu vaut donc mieux qu'on ne pense , Puisque les corrupteurs , de leurs succès confus , Méprisent les premiers ceux qu'ils ont corrompus. Cette vertu, peut-être, est le beau, le sublime. L'idéal , qu'exalta mainte et mainte maxime : En vain, d'après nos Grecs, je la chercliais en moi; Elle existe en quelque autre, il suffit, et j'y croi. Oh ! que vois-je ? Evariste !... Ayons peur qu'en cet homme On ne la trouve encore...
NORVILLE.
Ah ! ne crains rien , Prud'homme.