‹ Le corset à travers les agesChapitre 14 sur 20 · PLANCHE XII · texte numérisé non relu

PLANCHE XII

Corset Lcoty (1S67).

HISTOIRE DU CORSET EN FRANCE

Lacroix, dont la renommée était universelle, ajoutait au corset un petit coussin, recouvert de taffetas blanc, qui s’attachait par derrière pour donner à la taille un aspect plus cambré ; l’écrivain ajoute que les élégantes, ne reculant pas devant le prix de cent francs relativement élevé pour l’époque, accouraient en foule chez Lacroix.

De 1 8 1 5 à i83o, les corsets furent graduellement rallongés du haut au bas. Les goussets de gorge emboîtaient la poitrine, ceux de la hanche descendaient très bas; mais les montants latéraux s’arrêtaient à la hanche. Le baleinage était résistant, l’étoffe presque toujours double, enfin le buse ordinaire long et épais. Ce corset, trop dur et trop lourd, se complétait par de larges épaulettes (planche XI).

Charles X fut un ennemi des corsets trop serrés et des tailles fines. « Il n’était pas rare autrefois, dit-il, de trouver en France, des Diane, des Vénus, des Niobé, aujourd’hui, on n’y rencontre plus que des guêpes. »

C’est vers 1820 que l’industrie du corset, languissante depuis la fin de la Révolution, prit un véritable développement. A partir de ce moment, de nombreux perfectionnements furent apportés aux corsets et à leurs accessoires; en 1842, apparut un nouveau corset, dit à la paresseuse, qui différait un peu de ceux des époques antérieures; il prenait mieux la taille , la

gorge et les hanches, était plus agréable à porter et un nouveau mode de laçage, à la paresseuse, y était adapté. Ce corset, après avoir subi de nombreuses modifications de hauteur et de longueur, est parvenu jusqu’à nous.

Depuis lors, le mouvement est donné, la taille devient, à juste titre, une des plus grandes coquetteries féminines. Pendant les vingt années du second Empire, les corsets, quoique de plus en plus confortables, ne subissent que très peu de modifications; les élégantes, imitant l’impératrice Eugénie dans la façon de s’habiller, étaient obligées de copier, pour ainsi dire, la taille de la souveraine; de là, la mode de la taille dite courte. Cette expression n’est pas exacte, caria taille, à cette époque, différait beaucoup de celle que l’on se faisait sous le premier Empire ; les corsets que l’on portait sous le règne de Napoléon III s’adaptaient parfaitement à la taille naturelle, c’est-à-dire au bas des côtes, mais ils étaient très échancrés du haut et courts du bas, ils laissaient de la sorte les épaules tombantes et les goussets ne remontant pas la poitrine, la taille était moins élevée. Pour distinguer cette mode de celle du premier Empire, on devrait plutôt l’appeler la taille basse , car elle n’avait rien de commun avec la taille courte du commencement du siècle, puisque les corsets se portaient au-dessous des seins

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