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CHAPITRE V

Symptomatologie.

N Ier. — LE CORYZA DIPHTÉRIQUE A SA PÉRIODE INITIALE.

Rougeur de l'oritice des narines, enchifrènement, voix nasale, quelquefois mais d'une façon inconstante céphalalgie, le coryza diphtérique ne présente pas de symptômes plus frappants au début.

Mais bientôt, la respiration devient bruyante, ronflante, ses deux temps s’égalisent et déjà « la sécrétion de la membrane muqueuse pituitaire est augmentée, le malade mouche un peu plus souvent que d'habitude, le mucus sécrété est mêlé de sang en petite quantité et, le plus souvent, il y a en même temps des épistaxis (Trousseau). » Epistaxis qui furent maintes fois un indice de malignité de l’affection, comme nous venons de le voir dans le chapitre

LRO

précédent. Si l'on introduit alors le rhinoscope de Duplay derrière le voile du palais, on peut être frappé par la présence de fausses membranes qui revêtent la partie supérieure du pharynx et commencent à pénétrer dans les fosses nasales, quelquefois même dans le début, l'envahissement deces dernières est complet. Et dans ce cas, si l'on entr'ouvre les narines, on les voit tapissées à l’intérieur de pseudomembranes blanches, minces, destinées à changer de constitution, de forme et d'aspect, avec le cours de la maladie. D’autres fois, au contraire, c'est dans les sinus que l’exsudat diphtérique semble avoir élu domicile, il s'y blottit et il s’y cache, et par aucun procédé, on ne peut le: mettre en évidence. Quel contraste alors avec le cas où le coryza est franchement couenneux et où «la fausse membrane débordant les narines, on la voit s'étendre sur l'extrémité inférieure de la cloison, elle peut même pousser plus loin et s’étaler sur la lèvre supérieure, les ailes du nez se tuméfent, la rougeur limitée dans le principe à leurs bords, monte et gagne le nez lui-même dont la peau devient tendue, luisante, érysipélateuse. Cette rougeur peut même s'étendre et gagner la face ».

Fréquemment les fausses membranes constituent toute l'affection, sans qu'aucun écoulement n’apparaisse : S'il apparaît, ce n'est qu'à la chute de ces dernières, précédé le plus ordinairement d'une légère hémorrhagie de la muqueuse. Un auteur allemand a pu citer six cas semblables où, pendant longtemps «les malades furentenchifrenés,sans avoir de fièvre,et

chez qui, il n'existait qu'une membrane à bacilles de Loeffler d'une virulence excessive. »

Dès le début du coryza diphtérique, on peut encore observer de l'injection conjonctivale et du larmoiement, surtout si, comme Je dit Frousseau : « le conduit nasal et les canaux lacrymaux sont obstrués par suite de la tuméfaction de la membrane muqueuse qui les tapisse », néanmoins, d'après Tézenas du Montcel, ces deux symptômes joints à la céphalalgie et à l'éternuement sont loin d'avoir ici la même valeur que dans le coryza banal.

La température est très variable : bien souvent mème, elle manque totalement, d'autres fois, comme dans les cas de strepto-diphtérie nasale elle peut ètre au-dessous de la normale (Glatard), ce qui domine donc surtout, ce sont les phénomènes locaux et fonctionnels : gène respiratoire, respiration du malade la bouche ouverte, érythème pharyngé, par suite de l'irritation due à cette respiration buccale continue, ronflement la nuit, écoulement nasal qui n'apparaît ouère qu'au bout du deuxième ou troisième jour, dans les cas ordinaires de coryza diphtérique aigu. Cet écoulement dès le début a l'aspect d'un liquide clair et transparent, ou bien très légèrement louche ; il ne tache pas du tout les linges sur lesquels i se répand, ou bien y. produit de très légères empreintes, un peu grisâtres, n'empesant que très imparfaitement les points qu'il a atteints ; ce coryza ne peut donc laisser à cette période aucun vestige sérieux de son passage qui puisse faire soupconner son existence passée à un moment donné.

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