IL. — DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL
A côté du coryza diphtérique, se placent beaucoup d'autres espèces de coryzas qui peuvent en revêtir l'aspect clinique, ce sont ;
1° LE CORYZA AIGU DE L'ENFANCE. — « L'examen du nez, dans ce cas, révèle parfois des fausses membranes caractérisant une rhinite fibrineuse bénigne, qui a été opposée à la diphtérie nasale et guérit en deux ou trois semaines sans phénomènes généraux. La nature de cette dernière aftection est encore discutable. Il existe de même, d'autres coryzas accompagnés de fausses membranes grisätres, donnant lieu à un jetage abondant, fétide, rappelant, en un mot, le coryza diphtérique et qui sont indépendants du bacille de Lœæffler. Il est indispensable, dans toutes ces formes néo-membraneuses du coryza,de faire des cultures (Weill, Coryza aigu de l'enfance. Précis de médecine infantile) »-
20 LE CORYZA AU COURS D'UNE ANGINE À STREPTOCO- QUE. — Chez le strepcoccique, en effet, on peut constater, comme chez le diphtérique, un écoulement nasal, muqueux, séro-sanguinolent, puriforme, avec rejet de lambeaux membraneux (Dieulafoy, traité de
pathologie interne). Il est évident que l'examen bactériologique lèvera tous les doutes à cet égard.
30 LE CORYZA PSEUDO-MEMBRANEUX 4 PNEUMOCO- Abel'et Stark, en effet, ont cité des cas où le pneumocoque et le staphylocoque étaient les seuls agents pathogènes. Lieven a
QUES EIMSTAPHYEOCOQUES:
entrepris, à cet égard, d'intéressantes expériences, ainsi que Maggiore et Gradenigo.
49 LE CORYZA PSEUDO-MEMBRANEUX ARTIFICIEL. — On l'observe à la suite de cautérisations chimiques ou thermo-électriques chez certains sujets ; ce coryza fibrineux, dans la genèse duquel interviennent les microbes du nez (Lieven, Magoiore et Gradenigo), peut, d’ailleurs, si les fosses nasales renfermaient antérieurement du Loœæffler, être un coryza diphtérique.
50 LES MANIFESTATIONS NASALES DE LA BLENNHOR- RAGIE, possibles chez le nouveau-né, dont la mère présentait un écoulement gonorrhéique.
Rappelons, a ce propos, que le gonocoque ne prend pas le Gram, mais qu'il prend, d'une façon très intense, les couleurs basiques d’aniline. Il se colorera donc très bien par le bleu de Roux, qui colore également bien le bacille de Lcffler. La forme de ces deux microbes ne permettant pas de les confondre, il sera bon de commencer par ce dernier procédé de coloration, qui offrira l'avantage de ne jamais laisser passer inaperçu le bacille de Neïsser,
| 2 NffEre lequel on ne s'attend généralement pas à rencontrer Jans les fosses nasales.
60 LEs MANIFESTATIONS NASALES DE LA MORVE.— [a morve, en effet, détermine également un coryza spécifique : la muqueuse nasale est tuméfiée, excoriée, altérée, la respiration parle nez est impossible et des narines s'écoule un liquide sanieux, sanguinolent et fétide, qui peut en imposer parfois pour de la diphtérie, quand les éruptions cutanées ou Îles manifestations articulaires manquent ou n’ont pas encore apparu.
79 LE CORYZA MORBILLEUX OU CATARRHE NASAL DE LA ROUGEOLE. — Îl pourrait prêter à confusion, sans les autres symptômes concomittants de cette maladie infectieuse. Cependant la coïncidence d’une diphtérie nasale et d'une éruption morbilliforme n'est pas absolument rare. Grenetet Lesné, Hutinel et Martin en ont cité des cas. Nous-même en avons vu plusieurs cas dans le service du D". Rabot, qui plus d'une fois, nous nous en souvenons,s est demandé s’il s'agissait bien, dans tous ces cas, d'une rougeole venant compliquer une diphtérie ou bien d’une éruption de nature infectieuse provoquée par les toxines du bacille de Lœæffler. Mais, le plus souvent, c'est au déclin de l'éruption ou de la convalescence que survient le coryza diphtérique.
Associé ou non àl'her-
pétisme, à l’arthritisme, au lymphatisme caractérisé souvent par une rhinorrhée tantôt fluide, tantôt
épaisse avec muqueuse nasale encombrée de croûtes et mucus desséché, éruption impétigineuse ou eczémateuse de la lèvre supérieure. Ces cas prêtant à confusion, on devra faire une culture.
90 L'EMPYÈME DU SINUS MAXILLAIRE. — Il donnelieu à un écoulement de pus fétide, unilatéral, comme dansle coryza diphtérique. Mais à l'inspection du nez, pas de fausses membranes; de plus, on voit le pus sourdre dans le méat moyen où s'ouvre le sinus maxillaire; si on essuie le méat, une nouvelle goutte purulente se reforme peu d'instants après. Et, en pratiquant l'éclairage par transparence au moyen d'une lampe électrique, introduite dans la bouche, on constate que la région sous-orbitraire reste obscure (signe de Heryng) ; de même, la paroi interne de la fosse nasale correspondante (signe de Bürger).
10° LE CHANCRE SYPHILITIQUE NASAL peut se recouvrir de légères fausses membranes; on peut avoir affaire aussi à des plaques muqueuses également recouvertes de fausses membranes. Ces cas sont rares évidemment, mais 1ls peuvent se présenter.
110 LE PEMPHIGUS DE LA PITUITAIRE. —Nousneparlerions pas decette dernière affection,si nous n'avions lu quelque part que Zwillinger a décrit cette aflection, du restetrèsrare. Dans ce cas, il serait étonnant de ne pas rencontrer sur une autre région quelques bulles pemphigoïdes, qui pussent faire songer à l'affection à laquelle on aurait affaire.