‹ Le cosmopolitisme du Prince de LigneChapitre 74 sur 130 · Mes Écarts, p · texte numérisé non relu

Mes Écarts, p

lement le prince répugne à ce second aspect de la royauté autant qu’au premier.

Il est inutile qu’une nation se mêle de la politique : « Il vaut mieux qu’une nation n'ait pas d'avis; celle qui en a est sujette aux orages. » Les pays ne se sont épanouis que sous les règnes les plus despotiques, telle la Russie sous Catherine. Et les déportés? — Mais la masse de la nation seule compte, et son bonheur, non les quelques malheureux qui se laissent prendre. D'ailleurs cet argument est utilisé aussi bien par les révolutionnaires.

En fait, les objections à cette thèse monarchique peuvent s'élever nombreuses : le prince n'avait eu qu’à souffrir de la révolution, tandis que, grâce à son rang, il n'avait qu’à se louer de l’ancien régime. Mais puisqu'on prise si fort les théories bâties sur l'expérience, et que d’autre part la diversité de Pexpérience de Ligne, sa connaissance des différents milieux, en Flandre encore plus qu’en France, ne sauraient être con- ‘ testées, comment lui reprocher d’avoir tramé ses réflexions sur son intérêt? À vrai dire ses réflexions sont bien éparses. Ligne, par tempérament, n’était guère disposé aux théories politiques ; il s’en défendait à l’ordinaire. Pour lui faire émettre celle-ci, il a fallu tout l’attachement sincère qu’il éprouvait à l'égard de notre pays.

CHAPTIR EN VII

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