‹ Le Costume au Moyen âge d'après les sceauxChapitre 1 sur 97 · DIVISIONS DE L'OUVRAGE · texte numérisé non relu

DIVISIONS DE L'OUVRAGE

f. Les Sceaux. — Leur matière, leur couleur, leur forme, leur dimension, leurs rapports avec les actes. — Les matrices des sceaux.

II. Le Costume. — Costume des rois. — Costume des dames. — Costume chevaleresque (costume de guerre et d'apparat). — ^ ype héraldique (origines du blason et son application). — Costume de chasse. — Costume des maires et des échevins. — Type naval. — Costume sacerdotal. — Type divin (les trois Personnes divines). — Les Anges. — La Vierge. — Les Saints.

L'Histoire du Costume est aujourd'hui considérée avec raison comme une partie intégrante de l'Histoire des nations. Pour bien comprendre la vie des anciens peuples, il ne suffit pas de savoir la date des batailles qu'ils ont livrées et des révolutions qu'ils ont subies : il faut encore s'initier aux détails de leur vie privée, entrer Sceau Je chAriem.igne. - dans leui's iiiaisons, s'asseoir à leurs foyers,

Pierre gravée antique, repré- . , . ,

semant le buste de Marc-Au- desccndrc avec cux SUT la place publique, les

réle, autour duquel on lit une j , . . , ^ . ..

légende latine, .ijoutée par cntcudrc parler, ks voir agir. Mais il est parti-

Charlemagne et qui signifie : i ■ > • / > » i r

« 0 Christ, pyoiègeCha°u!, roi culicrement intéressant de connaître la laçon '^''' ■'''"""■ " dont ils s'habillaient. Il y a entre la civilisation

et le costume d'un peuple une harmonie nécessaire, que notre époque a très bien comprise. On peut juger un peuple sur la manière dont il s'habille.

Ce point de vue de l'histoire a été déjà mis en lumière avec un légitime succès. Mais, si les écrivains qui s'en sont occupés

ont mis largement à contribution les verrières et les miniatures, les tapisseries et les tombes, il est un témoignage que l'on n'a pas utilisé, le plus sur peut-être et le plus précieux, de l'avis de l'illustre Vitet : ce sont les sceaux. Ces petits bas-reliefs, véritables œuvres d'art, qui, par milliers, ont authentiqué les actes durant tant de siècles, reproduisent avec une scrupuleuse exactitude le costume des personnages de l'époque. Exécutés sous le regard même de ceux qu'ils représentent, les sceaux olTrcnt dans tous leurs détails une fidélité incomparable.

Le moyen âge, aux prises avec la barbarie, dut appliquer tout

Ia« i^e% o)An\m liG^^x cAïicdia^j '

Type de sce.iu .-ittaché au p.irdiemiii par des lanières de cuir bl.anc, tressées (réduit de moitié). Douzième siècle. — Louis VII, roi de France, en manteau royal, tient d'une main le sceptre et de l'autre un fleuron; il est assis sur un pliant à têtes de lion. — L'inscription signifie ; «Donné par la main d'.\lgrin, chancelier. »

son temps et toutes ses forces à la lutte, aux armes ; aussi, bien peu de personnes, à part les gens d'église ou de robe, savaient alors écrire, et le soin de signer, laissé à la main du rédacteur de l'acte, n'offrait plus qu'une garantie tout à fait illusoire. Pour attester la véracité d'un écrit, pour en assurer la validité, on le scella, on le munit d'un sceau. La reproduction, en cire ou en métal, d'un signe propre et spécial à celui qui s'en servait, voilà ce qu'on appelle un sceau.

L'oubli de cette source importante d'éléments positifs laissait une lacune que nous avons voulu combler.

Il fallait trouver un érudit vraiment préparé à cette tâche : nous l'avons rencontré en M. G. Demay, qui depuis trente ans

bientôt rassemble et contrôle les matériaux de son livre. Ce travail, longuement mûri, complétera toute histtùre du costume; mais il forme par lui-même une œuvre indépendante, qui a sa valeur propre et entière.

Avant d'aborder dans ses détails l'étude du (Costume d'après les sceaux, l'auteur a jugé indispensable de faire connaître la nature spéciale des monuments dont il s'est servi. Il les décrit au point de vue de la matière, de la forme, de la dimension, de la couleur, et de l'extrême importance que le moyen âge attachait à leur emploi.

Costume de ch.isse. — Gcoffroi Je Lusign.iii à cheval, tète nue, en cotte et surcot courts, sonne Type divin. — Sceau de la ville Je Saint-Antonin,

de l'olifant. Le brai droit posé dans la bride, il au treizième siècle. Le martyr est porté par une nef que

retient de la main gauche un lévrier qu'il porte en dirigent deux aigles et qui vient aborder aux rives de

croupe. 122;. l'Ariége. En haut, la main de Dieu bénit saint Antonin.

Les sceaux une fois connus du lecteur, M. Demay examine les sujets que l'on y voit ligures. Il passe en revue le costume royal, le costume féminin, le costume militaire, civil, religieux. Il consacre aussi quelques pages au blason, qui se lie d'une manière intime à l'habillement des dames et des chevaliers, et se rattache en outre à l'histoire des grandes familles françaises. Tout un monde disparu revit dans ce livre.

Après avoir démontré avec une clarté limpide ce que les sceaux enseignent, l'auteur conclut qu'on ne peut faire une histoire complète du costume sans les avoir consultés. Il n'y a guère en effet, pour certaines époques, d'autres documents, et ils sont alors absolument indispensables.

Les éditeurs n'ont reculé devant aucun sacrifice pour donner

à l'ouvrage tout le relief qu'il mérite et pour en rehausser la valeur. Six cents dessins et deux chromolithographies y reproduisent le costume de toutes les classes de la société. Une Table des matières^ utilement développée, donnera un résumé lucide de l'œuvre entière. Ceux qui auront lu ce livre pourront aisément résumer en quelques idées fort nettes toute l'histoire de l'habillement en France. C'est de la vulgarisation vraiment intelligente. Notre but, en publiant ce travail, a été aussi d'attirer le

nttrLri

Costume armorié. — Marguerite de duincy , comtesse de Winchester. 1233. Elle est vêtue d'un surcot d'apparat, brodé des armoiries de sa famille consistant en losanges évidés qu'en terme de blason on appelle mdcîes. On voit, à gauche, ses armoiries et celles de son mari.

Costume de reine. — Jeanne, fille du roi de France, reine de Navarre et comtesse d'Évreux, la couronne posée sur ses cheveux flottants, est vêtue d'un surcot et d'une chape, et tient un sceptre fleuronné, 1336. — Ce sceau est un chef-d'œuvre de délicatesse et de grâce.

Mahaut, comtesse de Boulogne, habillée d'un surcot, fixé à l'encolure par un fermail précieux.

A sa ceinture pend une aumôniére. Elle revêt une chape attachée par une bride et porte sut la main gauche gantée un oiseau de vol. 1259.

regard de la France d'aujourd'hui sur la France d'autrefois. Si nous voulons être une nation vraiment digne d'un long et honorable avenir, il faut que nous redevenions une nation traditionnelle, une nation qui connaisse et aime son passé. On dit que Godefroi de Bouillon s'oubliait durant de longues heures à contempler les verrières des églises et que ces images naïves enflammaient sa piété. Contemplons à notre tour la ph3'sionomie et les costumes de nos pères, étudions leurs institutions et leurs mœurs, et nous aimerons notre pays d'un amour encore mieux justifié, plus vif et plus durable.

rVPOGRAPHIE DE A. l'ILLET ET J). DUMOUEIN

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