‹ Le Costume au Moyen âge d'après les sceauxChapitre 26 sur 97 · IN 1 KO DU CTI ON · texte numérisé non relu

IN 1 KO DU CTI ON

Notice des émaux du Louvre, mentionne un extrait des Comptes royaux où Jean de Tournay figure en i326 comme graveur de sceaux. Les comptes des ducs de Bourgogne du même auteur nous donnent les noms de Jean Mainfroy, qui fabriqua, en" 141 6, le signet d'or du duc; de Robert de Gouy, qui tailla, en 1419-1420, le grand sceau et son contre-sceau; d'Ernoul Clotin, orfèvre et valet de chambre de Philippe le Bon, qui exécuta le signet d'or du duc, ainsi que la chaîne armoriée qui le retenait; de Jean de Lombèque, demeurant à Bruxelles, à qui furent commandés, en 1467- 1468, la nouvelle légende du sceau de la Toison d'or, ainsi que les sceaux, pour le Brabant, de la fille de Charles le Téméraire. Marie de Bourgogne.

Divers registres de comptes conservés aux Archives nationales nous font connaître encore d'autres noms : Jean de Saint-Mor, scelleur, grava en i34g, pour le duc de Normandie, un sceau et contre-sceau à sceller les sentences de l'Échiquier; Pasquier Bonivon ou Bouvion, de Paris, exécuta en i3g8, par le commandement de la reine , deux sceaux d'argent pour le bailliage de Montargis; le registre qui renferme cette mention nous apprend de plus qu'un autre orfèvre de Paris, Mathelin Neveu, avait forgé et fourni la masse de ces deux sceaux ; Pierre Huré, orfèvre de Paris, forgea et tailla lui-même, en 1404, deux paires de sceaux d'argent aux armes de la reine, pendant chacun à une grande chaîne du même métal, pour les bail-

liages de Melun et de Crécy; Arnoul de Bremel, graveur de sceaux à Paris, livra au duc d'Orléans, en 1404- 1405, trois sceaux d'argent avec les chaînes et les contre -sceaux, Fun pour les Grands- Jours, l'autre pour le bailliage de Coucy, le troisième pour le bailliage de Soissons. Le même graveur fournit, à la même date, deux sceaux et contre-sceaux de laiton pour les tabellionages de Soissons et de Ham. Les registres du Parlement mentionnent, en 141 3, J. de Dieppe, graveur de sceaux au Palais. On voit enfin par les comptes de l'Hôtel que J. l'Essayeur, orfèvre de Charles, duc d'Orléans, confectionne, en 1455-1456, un signet d'argent taillé aux armes du duc.

Nous avons pensé qu'il était convenable, avant de terminer cette introduction, de rappeler les noms trop peu connus de ces artistes modestes et tout récemment tirés de l'oubli, auxquels nous devons une des branches les plus florissantes de l'art du moyen âge.

Ornement tiré du ms. n° 70 de la Biblioth. de Laon. XII' siècle.

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Ornement tiré du manuscrit latin n* 8846, à la Bibliothèque nationale, xii" siècle.

Initiale du xiii* s., d'après le ms. n"» 13 de la Bibliothèque de Laon.

ANS les pages qui précèdent, nous avons étudié les sceaux au point de vue de la matière, de la forme, de la dimension, de la couleur.

Nous les avons considérés dans leurs rapports avec les actes. Le moment est venu d'examiner les sujets que Ton y voit figurés.

L'imagerie des sceaux affecte la plus grande variété : les uns représentent des rois, des sei- Igneurs à cheval en costume de guerre ou de chasse, des dames, des ecclésiastiques de tout rang, séculiers ou réguliers ; d'autres nous offrent des emblèmes héraldiques, des monuments, des attributs de métier, des objets mobiliers. Certains mettent sous nos yeux des légendes pieuses, des martyres ; quelques-uns portent l'empreinte de pierres gravées, anti-

ques, de la décadence ou appartenant au moyen âge. Enfin, on rencontre encore, à côté d'ornements de pure fantaisie, des dessins d'animaux et de plantes, empruntés à la faune ou à la flore de ces temps éloignés.

Nous ne devons nous occuper ici que des sceaux fournissant des éléments à l'étude du costume, que des types à personnages. En les passant avec soin en revue, en mettant en lumière ce qu'ils enseignent, nous espérons montrer combien les sceaux méritent de fixer l'attention, et faire sentir qu'il n'est pas possible de donner une histoire complète du costume sans les avoir consultés. Où pourrait-on du reste trouver, ailleurs que sur les sceaux, une si grande quantité d'exemples joignant à l'exécution la plus précise et la plus délicate l'inappréciable avantage de porter avec eux une date certaine?

Ornement tiri du ms. n° 250 de la Biblioth. de Laon, XII" siècle.

Ornement tiré du manuscrit latin n" 8846, à U Bibliothèque nationale, xii» sii-clc.

COSTUME ROYAL

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