‹ Le Costume au Moyen âge d'après les sceauxChapitre 42 sur 97 · LE CHEVAL ET SON HARNACHEMENT · texte numérisé non relu

LE CHEVAL ET SON HARNACHEMENT

(l^^gyjr j ERTAiNs numismates ont cru discerner dans iTfr^^ les chevaux fio-urés sur les monnaies gauloises f4^v-^^ des caractères de races différentes. Bien que les sceaux appartiennent à une époque plus rapprochée de nous, à un art moins barbare, nous ne pouvons nous flatter d'une pareille perspicacité. I>a nationalité

HABILLEMENT CHEVALERESQUE i65

d"un sceau une fois déterminée, il est permis d'entrevoir, dans le cheval qu'il représente, la conformation anglo-normande, le type élancé et nerveux des contrées méridionales ou la croupe plantureuse propre à l'espèce flamande. Mais pour rendre un jugement à priori, on ne devra jamais perdre de vue que si les artistes du moyen âge possèdent à un très haut degré le sentiment de l'ensemble, le mouvement ; s'ils reproduisent avec souplesse des draperies simplement ajustées , si leurs accessoires décoratifs se distinguent par une exécution des plus délicates, ils sont dépourvus du tact et de l'intelligence des proportions. Or, c'est par des nuances dans les proportions que Ton peut caractériser les différentes races de chevaux.

L'ancien préjugé sur l'infériorité de la femelle régnait dans la chevalerie. Elle n'admettait que le cheval entier, la jument était dédaignée et abandonnée aux travaux domestiques. L'homme d'armes qui montait une jument était déshonoré.

Sur les sceaux les plus anciens et jusqu'à la fin du douzième siècle, l'allure des chevaux la plus habituelle est le pas ou le trot. Passé cette date, ils sont représentés galopant et presque constamment à droite. Les montures des dames, les haquences^ font exception à cet usage ; les graveurs n'ont pas manqué de leur donner l'allure artificielle qu'on appelle l'amble.

On ne peut rien dire de la ferrure, si ce n'est que les artistes n'ont commencé à en reproduire des

i6ri lp: costume d'apres les sceaux

traces que vers 1195, sur le sceau cUAnsel de Garlande '.

I. Nous donnons ici, pour les curieux que l'hippiatrique du moyen âge intéresse, des extraits de comptes indiquant des prix et quelques noms de chevaux :

« Le compte des chevaus d'armes que Mons. (Raoul, comte d'Eu, connétable de France) laissa à Rouen... quant il ala en Lombardie.., contenant le nombre de }2 chevaus départis et distribuez en la manière qui ensuit : premièrement des chevaus dessus diz moururent nu, c'est assavoir : Bayart d'Arragon, Moreï de Hiiy, le Ferrant pommelé et le Grant bay de Behaigne.

Item Mons. en donna ce qui ensieut :

A Mons. Olivier de Clichon, Bayart d'Estouteville.

A Mons. Drieu de Mello, Bayart de Bailleul.

A Mons. Rogier Bacon, la Douce.

A Mons. Jehan Doublai, celui sur qui il sist lors.

A li un autre morel sur quoy sist Caletot.

Et les autres furent vendus, c'est assavoir :

Le Besior, xxiiii '. — Grisel de la Bannière, xxxv '.

Bayart de la Mote, xv •. — Baillet de Belleperche, lx '.

Bayart de Monceaux et V Aveugle du Bois Roart, iiiixx x '.

Grisart d'Espaigne, xl '. — Grisart Maugier, Grisart d'Estouteville et l'autre bay, vi-n^ '. — Bayart de la Forest, xxiiii '. — Un petit bay coursier, XXX 1.

Morel de Bauchain, xv '. — Un autre, xxx '. — Un autre, xxv '. — Deux autres, vixx i. — Un autre, c '. — Un autre, l '.

Et le remanant fut envoyé devers Madame, c'est assavoir :

Morel de Traynel. — Le Blanc sur lequel sist Thomas des Ylles. — Morel de Monceaux. — Le Coursier Gris. — Baillet de Montmorency. — Queue d' A gâche. — Morel de Dynant. — Et le Blanc Coursier.

Methe Cannevas de Milan, marchand de chevaux.

Pour iiii chevaux achetez de li à Laingny en IJ55, ixc xx '.

Pour III chevaux achetez à Compiègne en i))6 quand on y tournoya, vue Lxxv 1.

Pour II coursiers achetez à Paris en 1538, ne i.

Pour I petit coursier acheté lors pour Mons. de Guines, xxx '.

Pour II coursiers achetez lors à Paris donnez à Mess. Gauchierde Noyers, ut'.

Pour I cheval acheté lors à Compiègne pour le sire de Bailleul, iiiixx x '.

Pour I autre cheval... pour le sire de Beuseville, xiixx x '.

Pour II roncins achetez en Flandre, lxx '.

Pour I autre roncin, xxv '.

Pour I poquet acheté de li par Mons. et pour li, xl '.

A Regnaut de Bonneil pour i cheval pris de li pour le barbier de Mons, x '. »

(Ce sont des chevaux de valets.)

UABILLEMKNT CHEVALERESQUE 167

On lit, d'autre part, dans les comptes de l'écurie du roi et dans ceux de l'hôtel du duc d'Orléans, au quinzième siècle :

(i Pour ung petit cheval de poil noir 7' t.

Id. id. 81 t.

Pour une mule de poil fauve 1,000' t.

Pour un roncin brun bay, une estoilc blanche au front. . . 1,200' t.

Pour un coursier brun bay, marqué à la cuisse dextre. . . . 5,600' t.

Pour un coursier gris, marqué en la cuisse sénestre, donné au bâtard d'Orléans 5,.joo' t.

Pour un coursier pommelé, mis en l'escuierie pour le corps de mon dit seigneur 2,000' t.

Pour un coursier clair bay 4,000' t.

Pour un coursier brun bay, marqué en la cuisse dextre. . . . 5,000' i.

Pour cuir et façon d'un harnois, etc., pour le grant cheval appelle Phébus

Pour le cheval Béthune qui fut au maréchal de Bourgogne

Mors à pas d'asne pour la hacquenée nommée Lamiraulde

Pour avoir embourré la selle de la hacquenée appellée De toutes pièces

Un resne pour le cheval appelle le Coureur

Mors de bride de la hacquenée nommée Bretaigne

Pour la hacquenée appellée la Vigoureuse

Pour la bride de l'un des grands chevaux appelle le Genest

Pour faire cinq couvertures pour les deux hacqucnées nommées Tune l'Esternillc, et l'autre, le petit Grisonnct

Une housse de cuir rouge pour la mule appellée la Gasconnetle

Une chevestre pour le cheval appelle Colon

Pour la selle de la hacquenée appellée Courte Oreille

Pour la hacquenée nommée Largenti'erc, et l'autre nommée Flavy

Pour le cheval nommé Bourgoigne et le che\al nommé Beauveau

Pour le cheval Mcnny Peiiy

Pour Beauregard, hacquenée de ma dite dame (la duchesse d'Orléans)

Une selle neuve pour Ostcrnay le Rouen

Pour le cheval nommé la Tour »

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