LA SELLE D^ARMES
Kig. 202. — Thicrri d'Alsace, comte de Flandre, 11 28.
ous étudierons dans la selle d'armes : Tarçonnière de devant, qui est le pommeau; Tarçonnière de derrière, palette ou trousscquin modernes; les quartiers, la couverture, les sangles, le poitrail, Tétrier. La croupière n'est figurée sur aucun type équestre, tandis que le poitrail, destiné à assurer la selle contre la poussée de la lance, ne manque presque jamais.
De 1069 à 1170, la selle comporte : des arçonnières étroites, recourbées en dehors ; des quartiers coupés le plus souvent carrément et enrichis de broderies quadrillées ou en feston ; deux sangles distantes Tune de l'autre (fig. 204); une bande de cuir formant le poitrail, garnie de franges espacées, terminées chacune par une boule; des étriers arrondis ou surbaissés ifig. 2o5), suspendus par des étrivières tantôt de cuir, tantôt en chaînette, attachées sous la couverture ; une couverture carrée comme le quartier qu'elle
Fig. 2o3.
Eudoii. duc de Bretagne. 1 135.
l-'ig. 204. — D'après le sceau
de Guillaume Clitoii,
comte de Flandre, 1 127.
déborde dans tous les sens, souvent découpée, à son
bord inférieur, en lanières flottant sous le ventre du cheval. Vers 1170, les arçonnières changent de forme ; elles s'élargissent en s'étendant sur les côtés ; celle de derrière se cintre en dossier de fauteuil, de manière à emboîter le cavalier et à augmenter son assiette. Les quartiers ne restent pas toujours carrés, ils s'arrondissent quelquefois des angles ou s'allongent en pointe sur Tépaule du cheval ; on les couvre des broderies de l'époque, de Fougères. consistant en un dessin fretté. Les pendants de la couverture deviennent plus rares ; la couverture elle-même finit par disparaître, soit que s'ajoutant aux
quartiers elle ne fasse plus avec eux qu'un seul et même objet, soit que les quartiers la cachent complètement. Les étriers, plus légers, empruntent la forme du triangle.
Après 1200, les arçonnières restent ce qu'elles étaient à la fin du douzième siècle ; le troussequin fortement cintré est définitivement adopté ; il ne fait que se développer en ce sens et devient bientôt un champ où sont représentées les armoiries héréditaires : ainsi
Fig. 206. — Philippe d'Alsace, comte de Flandre. 1164.