‹ Le Costume au Moyen âge d'après les sceauxChapitre 47 sur 97 · LA HOUSSE · texte numérisé non relu

LA HOUSSE

^-^f!,^.'^ 'armure était entrée clans la période du erand

^Ijf^ haubert. Sous un habillement défensif, com-

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9^^^^ pacte, a pièces étroitement cousues ensemble,

l'homme d'armes, invulnérable, ne pouvait être pris ou tué que lorsc|u"il était à terre, et pour l'y jeter on cherchait à blesser le cheval. La défense de ce compagnon de guerre, on disait le destrier, ne pouvait donc pas être plus longtemps différée. Dès le commencement du treizième siècle, on le couvrit de mailles ou d'une épaisse draperie.

Les premières housses, d'abord d'une seule pièce, avec une échancrure aux flancs pour le passage de l'éperon, témoin le sceau de Savari de Mauléon (fig. 67), en 1225, furent bientôt remplacées par des housses en deux parties, l'une pour l'avant-main, l'autre pour la croupe.

L'habillement de l'avant-main coiffait le cheval jusqu'à l'angle de la bouche, enveloppait l'encolure et retombait en tablier jusqu'au bas des jambes, qui se trouvaient ainsi obligées de soulever la lourde étoffe à chaque foulée de galop ; de tels avant-main se voient sur les sceaux du seigneur de Chàteauroux, en 121 7, d'Amauri de Craon, sénéchal d'Anjou (fig. 222),

i8o LE COSTUME D'APRES LES SCEAUX

en 1223. Cette coupe incommode ne tarda pas à être modifiée; Ton cchancra d'abord la pièce sur le devant,

Fig. 222. — Amauri de (Lraon. sénéchal d'Anjou, 122H.

puis on la fendit jusqu'au poitrail pour la liberté des jambes. Dans un type de 1224, le cheval de Mathieu

Fig. 22?. — Mathieu de Montmoreucv, 122 |

de Montmorency est revêtu d'une housse échancrée, et sur un sceau du même personnage, en i23o, le cheval porte la housse fendue.

1 1 A B 1 1. 1. 1: M K N T C II i: V A M'. R ESQU E

L"habillement de la croupe descendait aussi bas que celui de l'avant -main. Tous deux se bouclaient à la selle.

La housse de mailles, fort rare sur les sceaux, appartient en général à des types du midi de la P'rance. Dans ces contrées, la pièce de Tavant-main, au lieu de retomber en deux pans carrés, finit ordinairement en pointe de chaque côté de Tépaule.

Fig. 22 (. — Bernard V. comte de Commiiiges. i22(î.

C'est aussi dans le Midi que se rencontrent ces housses mixtes dont le devant est en mailles, tandis que la croupe est couverte d"une étoffe armoriée , bordée de pendants ou de découpures. La plus ancienne housse de mailles figurée sur les sceaux se voit dans le type de Robert de Montant, en 12 14; elle parait être d'une seule pièce.

La housse d'étoffe, qu'on appelait couverture pourpointe par opposition à celle de mailles, nommée couverture de fer^ est la plus répandue. Armoriée dès

son origine, elle portait le blason du chevalier répété à droite et à gauche, sur Tépaule et sur la cuisse, comme dans le type de Gautier de Nemours, maréchal de France. A l'époque où les cimiers envahirent le

Fis.

— Gautier de Nemours, maréclial de France, 1260.

casque, des cimiers analogues se posèrent sur la tète du destrier; aussi, à partir de 1267, trouve-t-on des chevaux cimes d'aigrettes, de bois de cerf, de chimères, d'aigles, etc.

Lorsque, vers i36o, l'armure de l'homme de guerre commença à se transformer, la tète du cheval se garnit d'un chanfrein^ pla- \ que d'acier armée d'une crête ou d'une pointe, qu'on laçait sous la ganache et qu'on accompagnait de quatre à cinq lames articulées, à recouvrement, bardant le haut de l'encolure et maintenues en dessous par de la maille.

Fig. 220.

D'après le sceau

de Louis de Châtillou.

comte de Blois,

i.'-îiii.

Fig. 227.

D'après le sceau

de Pierre de Navarre.

comte de Mortaiu,

HABILLEMENT C H E V A L E R ES Q U E

Un rebord saillant garantissait dordinairc les }eux du cheval. D'autres fois ils étaient abrites derrière un

ofrillaoe. On fermait

complètement les (jcil-

1ères s" il était sujet à

se dérober ; dans ce

cas le chanfrein était

Fig. 22S.

D'après le sceau

de Philippe le Bon,

duc de Bourgogne,

dit areuglc. C'est celui dont les sceaux de Jean I", duc de Lor-

raine, en i3()

de

rig. 22Q.

rj'après le sceau

de Jean-saus-Peur,

duc de Bourgogne,

Jean-sans-Peur, en 141 2, — de Charles d'Orléans, en 1444, fournissent des exemples.

Un sceau de Louis, troisième hls de Charles VI et dauphin de ^'iennois, en 1409, nous ofTre un chan-

Fig. 23o. — D'apréi le sceau do Louis, dauphin do Viennois, 140g.

frein dans lequel le museau du cheval est protégé par une grille.

Tout en défendant utilement le cheval, le chanfrein devint pour les seigneurs une occasion d étaler le plus grand luxe. Ils le garnissaient d"or, le couvraient de

pierreries, le cimaient de plumes crautruche, parure des plus recherchées. Le cheval d'armes du comte de Saint-Pol portait au siège de Harfleur, en 1449, un chanfrein estimé 3o,ooo écus.

Dans les représentations d'apparat, sous les der-

l'ig. 23l. — Jcall-^;lat,-!'c il', duc Je Buingoyiic. 1405.

niers ducs de Bourgogne, TctofFe de la housse devient souple, légère, flottant au vent en longs plis soyeux; mais le tissu léger recouvre une seconde housse de fines mailles, enveloppant entièrement le cheval. On pourra comparer ces derniers types à celui de Philippe, comte de N'alois (fig. 232), en 1327.

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Au commencement du seizième siècle, les housses disparaissent. L'homme de guerre a depuis longtemps adopté Tarmure en fer plat, il l'applique à la défense du cheval. Déjà la tète est garnie du chanfrein, la barde de crinière couvre l'encolure. En étendant le système au poitrail, à la croupe et aux flancs, l'on aura le cheval bardé dont les derniers sceaux fournissent quelques rares spécimens, mais que l'on trouvera fréquemment figuré dans les tapisseries, dans les sculptures, et qu'on pourra étudier dans les musées spéciaux.

Fig. 232. — Philippe, comte Je \'alois, 1327.

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Orucmem tire du mamifcrit français ii" 30, à l.i Bibliothèque n.ttion.ile, xiV siècle.

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