‹ Le Costume au Moyen âge d'après les sceauxChapitre 76 sur 97 · I.KS TROIS PERSONNES DIVINES · texte numérisé non relu

I.KS TROIS PERSONNES DIVINES

femmes étonnées du prodige. Pour expliquer plus clairement le sujet, l'artiste a figuré Tliostie sur la paroi extérieure du vase.

Vers la fin du moyen âge et pendant les premières années de la Renaissance, rimageric religieuse s'est complu dans la reproduction d'une scène des plus touchantes et des plus poétiques : le Christ descendu de la croix, reposant sur les genoux de sa mère. On rencontre cette composition dans les types de Michel de Monchy, prieur de Sainte-Croix de Tournay, en 1248, — du cardinal Georges d'Amboise, en i5o5, — de Jean du Chemin, prieur de Saint-Saulve de Valenciennes, en i565. — Sur le sceau du prieur de Sainte- Croix de Tournay, se dresse derrière le groupe une croix accostée, en haut, du soleil et de la lune que deux anges semblent tenir.

Sur le sceau de Georges d'Amboise , saint Jean contemple le Christ et pose en même temps la main sur le cardinal prosterné.

Nous ne saunons omettre de placer en regard de ces pictà certains Eccc liomo symboliques de la Passion que Ton rencontre quelquefois sur les sceaux.

Le Christ à mi-corps, nimbé, nu jusqu'à la ceinture où nuit un morceau de draperie, les mains attachées devant la poitrine, paraît sortir d'un tombeau.

Tantôt deux an^es airenouillés le soutiennent, comme dans le type de Jean Philippe, provincial de Tordre des frères Mineurs en France, en 1579; tantôt

le Sauveur est accosté de saint Paul et de saint Pierre, comme dans le type de Pierre IV, évèque de Cambrai, en i35i.

Des représentations plus modernes, telles que le sceau de François Wisson , commissaire de Grégoire XIII, en iSyS, montrent un Ecce homo tenant le fouet et les verges, devant une croix, sur un ciel constellé d'étoiles.

Le Christ dans son tombeau, tel est le sujet que

les grands maîtres des Hospitaliers avaient fait tailler

sur leurs contre-sceaux, dès iiqS. Sous

^^:^^^-^ '•ine toiture à coupoles ou à clochetons,

■fi Ji^^T^ Jésus est étendu, enveloppé dans son

^^^^^^^M lif'^ceul, les mains croisées sur la poi-

^^^^^^ trine ou les bras placés le long du

D-après'ÏVonLsccau ^orps. Unc lampc suspendue à la voûte,

des grands maures j j^ j^ résurrcctiou plantée à la

des Hospitalieis, 1

'^" "'•'■^' tète du sépulcre, un encensoir qui se

balance vis-à-vis les pieds, complètent le funèbre tableau. Le nimbe crucifère n'entoure pas toujours la tête du Sauveur.

Parmi les sceaux des Hospitahers, on doit mentionner plus spécialement les types des grands maîtres GeofFroi du Donjon, en 1198, — Foulques de Villaret, de i3o7 à i3i4', — les types de THôpital même, de i356 à 1534.

Deux sceaux , appartenant Fun au provincial de Tordre de la Pénitence de Jésus-Christ en France, en

Li:S TROIS PERSONNES DIVINES

Fig. 427-

du provincial

de l'ordre

de lu Pénitence,

en France, i258.

1258, l'autre à Adenet Houssel, simple clerc de la cuisine de la comtesse d'Artois, en iSyi, représentent la descente aux limbes.

Sous un ciel étoile, le Rédempteur debout et nimbé, tenant la croix triomphale et foulant aux pieds le dragon, saisit le bras d'Adam accompagné d'Eve et les retire tous deux d'une immense gueule ouverte, une gueule de crocodile.

De tous les sujets traités par les graveurs du moyen âge, la Résurrection est sans contredit celui où ces modestes artistes ont développé les plus belles qualités.

Harmonie de l'ensemble, noblesse de la pose, finesse d'exécution, tout nous révèle des hommes véritablement doués. C'est avec une grande élévation de sentiment qu'ils ont représenté, sous le costume traditionnel, le Christ debout, nimbé, imberbe, c'est-àdire renaissant dans la jeunesse éternelle, une jambe déjà hors du tombeau, tenant la croix de l'Eglise triomphante et bénissant le monde. Tantôt ils l'accompagnent du soleil et de la lune , attributs de la royauté céleste ; tantôt ils le font

Fig. 42i>.

D'après le sceau de l'ahbaye

du Saint-Scpulcre de Cambrai,

ll^20.

encenser par deux anges. On reconnaîtra des qualités faites pour nous étonner dans les types des frères Mineurs, de Chàlons-sur-Marne, en 1254, — de Jean le Doux, abbé du Saint -Sépulcre de Cambrai, en 1268, - — de cette abbaye même, en i320 (fig. 428). Ce dernier type nous offre de plus le groupe des trois soldats endorniTs.

Il ne peut être question en ce moment que des résurrections où figure le Christ; nous réservons pour un autre travail celles qui ne donnent plus que le tombeau vide de T Homme-Dieu ressuscité.

L'Apparition à la Madeleine figure sur les sceaux de Sainte-Marie-Madeleine d'Aigueperse, en i3o7, — du prieur de la Madeleine de Salins, en i3i7, — de Nicolas, prieur de FHôtel-Dieu de Rouen, en i366, — des abbesses d'Étrun, en i365, i382, 1397, — de Tabbaye de Vézelay, en

Le Rédempteur debout , nimbé , imberbe , en costume philosophique , tient la croix de résurrection et semble par son geste écarter Marie-Madeleine.

Celle-ci, agenouillée, étend les mains vers Jésus. Un arbre les sépare. Dans le chamjD de la Madeleine d'Aigueperse sont écrites les paroles prononcées par le Christ, noli me tangere (saint Jean, xx, 17). Sur le sceau de Fabbayc de Vézelay, on lit Tappel fait

Fig. 42y.

D'après le sceau du

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