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1286, et de Gui, cardinal du titre de Sainte-Croix à Jérusalem, en iSyp. Des gouttes de sang coulent de ses blessures, dans le type de la Grande-Chartreuse, en 143 I.
Jésus subit le dernier supplice sur la croix dite latine, croix à quatre branches droites, Finférieure plus longue que les trois autres. A la supérieure est le plus souvent fixé Tabrégé du titulus : in ri. Sur le sceau de Munio que nous venons de citer, les deux branches transversales de la croix, au lieu de se continuer en ligne droite, forment entre elles un V très ouvert.
Le bois est brut, ébranché seulement sans être équarri, au sceau du chapitre de Sainte-Croix d'Orléans, en iSiy.
Quelques croix présentent un appui, un suppedaneiim, fixé à la branche inférieure, sur lequel les pieds étaient cloués séparément ou croisés Tun sur l'autre . De là, un clou pour chaque pied comme au sceau du Saint-Sépulcre de Caen (exemple qui porte à quatre le nombre des clous de la Passion), ou un seul clou pour les deux pieds, variante la plus ordinaire.
La plupart des sceaux déjà mentionnés, auxquels nous ajouterons celui de la Chartreuse de Vauvert, en 1291 , offrent la croix plantée sur une éminence figurant le Golgotha.
Nous n'avons envisagé jusqu'à présent que le
Fig. 422.
D'après le sceau
de Munio, maitrc des
frères Prêcheurs,
crucifix seul. Il convient maintenant de parler de ses divers accompagnements : accessoires symboliques , priants, saints patrons, et surtout des témoins les plus intéressants de la Passion , la Vierge et saint Jean.
Le crucifix repose sur un champ de rameaux fleuris dans les types de Pierre, cardinal du titre de Saint-Ange, en 1404, — de Jourdain, cardinal des Ursins, en 141 7, — de Barthélémy Texier, maître de Tordre des frères Prêcheurs, en 1428.
Un pélican, symbole de la Rédemption, somme la branche supérieure de la croix, sur les sceaux de la Grande-Chartreuse, en 143 1, — du maître des frères Prêcheurs, en 1475 et i528.
En outre d'un ou de plusieurs priants agenouillés au pied de la croix, la branche supérieure est accostée du soleil, de la lune ou de deux étoiles; quelquefois même la croix se dresse dans un ciel constellé comme aux sceaux des frères Mineurs de Lyon, en 1293, — du maître de Tordre des Dominicains, en 1428 et i528.
On la rencontre cantonnée des figures symboliques des quatre évangélistes, dans le type de Thierri d'Ubach, général des religieux de Tordre de Sainte- Croix, en 1544.
D'autres fois c'est la branche inférieure de la croix qui est accostée de deux roses, de deux étoiles, d'une étoile et d'un lis ou de deux tiges de lis plantées à son pied, ainsi qu'on le voit sur les sceaux de Pierre
i.i'is TROIS im<:rsonnes divines
de Hendecourt, prieur de Tabbayc de Saint-Bertin, en i3o6, — des maîtres des frères Prêcheurs, en 1475 et en i528.
Dans le type de la Grande-Chartreuse, en 143 1, un petit personnage émergeant d'un sépulcre entouré d'ossements rappelle le prodige des morts sortant de leurs tombeaux.
Sur certains sceaux , tels que celui des frères Mineurs de Lyon, en I2g3 , on lit l'inscription grecque ihc xpc, — ou bien^ comme au sceau des Dominicains de Lille, en 1403, une banderole enlaçant le crucifix porte : fides tua te salvum fecit (saint Luc, XVII, 19, et XVIII, 42).
Parmi les saints patrons figurent, entre autres : saint Honoré en évoque, dans le type du prieuré de Saint-Honoré-lès-Abbeville, en i362 ; les fondateurs d'Ordres, saint François, saint Dominique, dans leur costume professionnel, ceux-ci appartenant par leur date à la Renaissance.
On voit encore aux pieds du crucifix qui sert de type au chapitre de Sainte-Croix d'Orléans, en i3i7, une priante couronnée, surmontée de l'inscription HELENA. C'est sainte Hélène, l'impératrice, mère du grand Constantin, qui retrouva le bois de la croix.
Mais il est deux personnages que l'on rencontre surtout au pied du crucifix : Marie, mère de Jésus, et Jean, le disciple bien-aimé. Bien avant que le Stabat eût inspiré des chefs-d'œuvre, les tailleurs de sceaux
avaient compris la situation dramatique de la mère et
du fils d'adoption.
Ils les ont représentés debout , le visage appuyé
sur la main en signe d'affliction, ou les mains jointes,
le corps tordu par la douleur. Les plus n
anciens crucifix accompagnés de la Vierge
et de saint Jean se remarquent sur les
sceaux des Chartreux de Vauvert, en 1291,
— de Pierre de Hendecourt , prieur de Tabbaye de Saint-Bertin, en i3o6, — du chapitre de Sainte-Croix d'Orléans, en iSiy,
— de Gui, cardinal du titre de la Sainte- Croix à Jérusalem, en 1379, ' — ^^^ ^^ Grande-Chartreuse, en 1390.
Dans le type de Jean du Mans, frère mineur, en 1267, le crucifix est montré et soutenu par deux saints religieux.
Nous ne pouvons nous 1^ empêcher de citer, en ter- ^ minant ce qui regarde les
de la chartreuse
de Vauvert,
Fig. 424.
D'après
le sceau du
frère mineur
Jean
du Mans,
Fig. ^25.
• /^ • 1/1 D'après le sceau
crucifix, une curieuse légende dos carmes-Biiiettes,
gravée sur le sceau des Carmes-Billettes, en 1475. Elle représente un miracle arrivé du temps de Philippe le Bel. Un juif fait bouillir dans une marmite une hostie qu'il a transpercée ; pendant qu'il active les flammes, un crucifix apparaît au-dessus de la chaudière, aux yeux de deux