LE CHEVAL ET SON HARNACHEMENT
certains numismates ont cru discerner dans les chevaux figurés sur les monnaies gauloises des caractères de races différentes. Bien que les sceaux appartiennent à une époque plus rapprochée de nous, à un art moins barbare, nous ne pouvons nous flatter d'une pareille perspicacité. La nationalité
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d'un sceau une fois déterminée, il est permis d'entrevoir, dans le cheval qu'il représente, la conformation anglo-normande, le type élancé et nerveux des contrées méridionales ou la croupe plantureuse propre à l'espèce flamande. Mais pour rendre un jugement à priori, on ne devra jamais perdre de vue que si les artistes du moyen âge possèdent à un très haut degré le sentiment de l'ensemble, le mouvement; s'ils reproduisent avec souplesse des draperies simplement ajustées , si leurs accessoires décoratifs se distinguent par une exécution des plus délicates, ils sont dépourvus du tact et de l'intelligence des proportions. Or, c'est par des nuances dans les proportions que l'on peut caractériser les différentes races de chevaux.
L'ancien préjugé sur l'infériorité de la femelle régnait dans la chevalerie. Elle n'admettait que le cheval entier, la jument était dédaignée et abandonnée aux travaux domestiques. L'homme d'armes qui montait une jument était déshonoré.
Sur les sceaux les plus anciens et jusqu'à la fin du douzième siècle, l'allure des chevaux la plus habituelle est le pas ou le trot. Passé cette date, ils sont représentés galopant et presque constamment à droite. Les montures des dames, les haquenées, font exception à cet usage ; les graveurs n'ont pas manqué de leur donner l'allure artificielle qu'on appelle l'amble.
On ne peut rien dire de la ferrure, si ce n'est que les artistes n'ont commencé à en reproduire des
traces que vers 1195, sur le sceau cTAnsel de Garlande 4.
1. Nous donnons ici, pour les curieux que l'hippiatrique du moyen âge intéresse, des extraits de comptes indiquant des prix et quelques noms de chevaux :
t Le compte des chevaus d'armes que Mons. (Raoul, comte d'Eu, connétable de France) laissa à Rouen... quant il ala en Lombardie... contenant le nombre de 52 chevaus départis et distribuez en la manière qui ensuit : premièrement des chevaus dessus diz moururent mi, c'est assavoir : Bayart d'Arragonf Moreî de Huy, le Ferrant pommelé et le Grant bay de Behaigne.
Item Mons. en donna ce qui ensieut :
A Mons. Olivier de Clichon, Bayart d'Estouteville.
A Mons. Drieu de Mello, Bayart de Bailleul.
A Mons. Rogier Bacon, la Douce.
A Mons. Jehan Double], celui sur qui il sist lors.
A li un autre morel sur quoy sist Caletot.
Et les autres furent vendus, c'est assavoir :
Le Bestor, xxmi i. — Grisel de la Bannière, xxxv •.
Bayart de la Mote, xv •. — Baillet de Bclleperche, lx '.
Bayart de Monceaux et /' Aveugle du Bois Roart, mixx x *.
Grisart d'Espaigne, xl1. — Gris art Maugier, Grisart d'Estouteville et l'autre bay, vi*x i. — Bayart de la Forest, xxmi '. — Un petit bay coursier, xxx 1.
Morel de Bauchain, xv K — Un. autre, xxx '. — Un autre, xxv i. — Deux autres, vixx i. — Un autre, c '. — Un autre, l '.
Et le remanant fut envoyé devers Madame, c'est assavoir :
Morel de Traynel. — Le Blanc sur lequel sist Thomas des Ylles. — Morel de Monceaux. — Le Coursier Gris. — Baillet de Montmorency. — Queue d' A gâche. — Morel de Dynant. — Et le Blanc Coursier.
Methe Cannevas de Milan, marchand de chevaux.
Pour un chevaux achetez de li à Laingny en ij}5, ixc xx K
Pour ni chevaux achetez à Compiègne en ijj6 quand on y tournoya, vue lxxv i.
Pour 11 coursiers achetez à Paris en ijj8, ne i.
Pour 1 petit coursier acheté lors pour Mons. de Gui nés, xxx l.
Pour n coursiers achetez lors à Paris donnez à Mess. Gauchier de Noyers, ne i.
Pour i cheval acheté lors à Compiègne pour le sire de Bailleul, nirxx x ».
Pour 1 autre cheval... pour le sire de Beuseville, xn« x l.
Pour 11 roncins achetez en Flandre, lxx K
Pour 1 autre roncin, xxv '.
Pour 1 poquet acheté de li par Mons. et pour li, xl !.
A Regnaut de Bonneil pour i cheval pris de li pour le barbier de Mons, x ». •
(Ce sont des chevaux de valets.)
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On lit, d'autre part, dans les comptes de l'écurie du roi et dans ceux de Thôtel du duc d'Orléans, au quinzième siècle :
t Pour ung petit cheval de poil noir 71 t.
Id. id. 8» t.
Pour une mule de poil fauve 1,000' t.
Pour un roncin brun bay, une estoile blanche au front. . . 1,200' t.
Pour un coursier brun bny, marqué à la cuisse dextre. . . . },6oo' t.
Pour un coursier gris, marqué en la cuisse sjnestre, donné au bâtard d'Orléans 5,200' t.
Pour un coursier pommelé, mis en l'escuicric pour le corps de mon dit seigneur 2,000* t.
Pour un coursier clair bay 4,000' t.
Pour un coursier brun bay, marqué en la cuisse dextre. . . . },ooo' t.
Pour cuir et façon d'un harnois, etc., pour le grant cheval appelle Phébus
Pour le cheval Béthune qui fut au maréchal de Bourgogne
Mors à pas d'asne pour la hacquenée nommée Lamiraulde
Pour avoir embourré la selle de la hacquenée appellée De toutes pièces
Un resne pour le cheval appelle le Coureur
Mors de bride de la hacquenée nommée Bretaigne
Pour la hacquenée appellée la Vigoureuse
Pour la bride de l'un des grands chevaux appelle le Genest
Pour faire cinq couvertures pour les deux hacquenées nommées Tune VEsternille, et l'autre, le petit Grisonnct
Une housse de cuir rouge pour la mule appellée la Gasconnette
Une chèvestre pour le cheval appelle Colon
Pour la selle de la hacquenée appellée Courte Oreille
Pour la hacquenée nommée Largentière, et l'autre nommée Flavy
Pour le cheval nommé Bourgoigne et le cheval nommé Beauveau
Pour le cheval Menny Peny
Pour Beauregard, hacquenée de ma dite dame (la duchesse d'Orléans)
Une selle neuve pour Osternay le Rouen
Pour le cheval nommé la Tour »